La NASA bénéficie chaque année d'un budget conséquent, de quelques dizaines de milliards de dollars, parfois questionné ou remis en cause. Avec le site Home & City, l'agence spatiale américaine a eu l'idée de montrer quelles ont été les retombées technologiques de ses recherches.

Avec 20,7 milliards de dollars pour 2018, la Nasa a — et de très loin — le budget le plus confortable de toutes les agences spatiales. À titre de comparaison, son homologue européenne dispose de 5,6 milliards d’euros pour cette année. Quant au Centre national d’études spatiales, qui pilote les activités françaises dans le domaine spatial, il a droit à un peu plus de à 2,4 milliards d’euros.

Tout ceci constitue évidemment des quantités d’argent très importantes. Sauf qu’à l’heure où l’on entend des voix qui appellent à limiter les dépenses publiques en période de disette budgétaire, ces investissements pourraient être remis en cause : en effet, est-il bien raisonnable de dépenser des milliards chaque année pour des activités sans lien avec le quotidien, alors qu’il y a d’innombrables sujets urgents sur Terre ?

aérogel
Un cube d’aérogel conçu par la Nasa. // Source : NASA/JPL-Caltech

Retombées technologiques

C’est oublier justement que les recherches dans le spatial ont aussi des incidences, tôt ou tard, sur les progrès auxquels nous avons accès. L’aérogel, les matériaux à changement de phase, la mousse à mémoire de forme, les lampes à diode électroluminescente (LED), les purificateurs d’air, les traitements de l’ostéoporose, les finitions en laiton poli, appareils électriques de coiffure…

Ces différentes technologies ont à un moment ou à un autre bénéficié des recherches de l’agence spatiale américaine. Difficile à croire ? Pourtant, « une importante société de produits de beauté a incorporé plusieurs technologies de la Nasa dans ses produits », écrit l’agence, au sujet d’un lisseur de cheveux. Et en plus, elle « utilise des dispositifs à LED mis au point par la Nasa pour stimuler la cicatrisation du cuir chevelu et la croissance des follicules pileux dormants ».

Elle ajoute : « les nanoparticules céramo-métalliques développées par la Nasa sont utilisées dans les fers à lisser, les brosses et les sèche-cheveux pour libérer des ions négatifs qui rendent les cheveux plus faciles à coiffer. Les particules de nanoparticules d’argent expérimentées par la Nasa comme agents stérilisants passifs ont aidé l’entreprise à créer des outils avec des surfaces auto-désinfectantes ».

Nasa Home City
Accueil du site Home & City de la NASA. // Source : NASA

Home & City

C’est pour montrer qu’il existe des conséquences pratiques à la recherche spatiale, qui peut sembler lointaine et déconnectée des besoins, que la Nasa propose, avec le site Home & City, de lister les apports de l’innovation de pointe dans des objets désormais bien ancrés dans le quotidien. Deux visites sont possibles : les répercussions de la recherche sur la ville et ses conséquences dans le foyer.

Le site, interactif et qui met en scène un environnement virtuel, vous permet de visiter différents lieux et de voir les apports de la Nasa. Chaque zone (le salon, la salle de bain, la cuisine, la chambre à coucher, le jardin, pour le domicile) propose plusieurs technologies à découvrir. Concernant la ville, les secteurs vont de l’épicerie à la fabrication, en passant par l’automobile, la santé, la sécurité publique, les transports aériens ou encore les sports

Mousse à mémoire de forme temporaire
L’exemple de la mousse à mémoire de forme temporaire // Source : NASA

Défense du budget

Reste une question : pourquoi un tel site ? Il s’agit, détaille Jim Bridenstine, l’administrateur de la Nasa, de montrer l’importance des « retombées technologiques » grâce aux travaux de l’agence spatiale. « Ces technologies sont responsables de milliards de dollars de revenus et de coûts économisés, de dizaines de milliers d’emplois créés et d’une meilleure qualité de vie aux États-Unis et dans le monde », défend-t-il.

En filigrane, c’est aussi une façon pour la Nasa de défendre son rôle et le poids de son budget, dans un contexte économique contraint. Elle ne s’en cache d’ailleurs pas, car elle parle — et les mots sont soigneusement choisis — « des avantages plus larges des investissements des États-Unis dans leur programme spatial ». Des investissements, donc, et non pas des dépenses.

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