Non seulement les moustiques nous piquent, mais ils risquent en plus d'exposer d'autres animaux à une pollution. Des biologistes ont observé que ces insectes, à l'état de larve, peuvent ingérer des microparticules de plastique qui restent dans leur organisme.

Les moustiques ne se contentent pas d’être vecteurs de maladies transmissibles aux humains. Ils peuvent aussi nuire aux autres animaux, lorsqu’ils ont été exposés à du plastique au moment où ils n’étaient que des larves. Tel est le constat d’une étude menée par trois biologistes de l’Université de Reading (Angleterre), publiée dans Biology Letters le 19 septembre 2018.

Rana Al-Jaibachi, Ross N. Cuthbert et Amanda Callaghan, tous les trois chercheurs dans les domaines de l’écologie et de la biologie évolutive, ont constaté que des microplastiques (des particules n’excédant pas une taille de 5 millimètres) disséminées dans l’environnement peuvent être ingérés par des larves de moustiques. Ces particules restent ensuite présentes dans leur organisme durant toute leur vie.

Les moustiques peuvent transmettre des microparticules ingérées au stade de larves. // Source : Pixabay/CC0 (photo recadrée)

« Avec autant de microplastiques dans les systèmes aquatiques, il est inévitable qu’ils soient ingérés par des organismes aquatiques et transférés dans la chaîne alimentaire », expliquent les chercheurs. Lorsque les moustiques sont sous forme de larves et qu’ils ingèrent ces matières, elles restent alors dans leur organisme jusqu’à leur « stade de vie adulte ».

Un risque pour les oiseaux, poissons et libellules

Les microparticules de plastiques logées dans l’abdomen des moustiques. // Source : Rana Al-Jaibachi, Ross N. Cuthbert, Amanda Callaghan (Biology Letters)

Comme le notent les chercheurs, ces microparticules semblent s’accumuler dans les tubes de Malpighi des moustiques, un organe équivalent des reins humains, par lequel les insectes éliminent leurs déchets. En expulsant les matières plastiques dans différents lieux, les moustiques risquent de contaminer de nouveaux environnements, notamment la faune prédatrice de moustiques (oiseaux, poissons, lézards ou libellules), note Motherboard.

« Nos résultats ont des conséquences importantes car n’importe quel organisme aquatique capable de consommer des microparticules à une période de sa vie et de les transférer à une fois à son stade de vie terrestre est un vecteur potentiel de la présence de microparticules sur de nouveaux habitats aériens et terrestres », écrivent les biologistes en concluant leurs travaux.

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont mené une expérience sur des moustiques communs (dits aussi Culex pipiens). Dans des gobelets contenant ces moustiques à l’état de larve, ils ont posé de minuscules billes de polystyrène de couleur verte fluorescente. Exposés à deux tailles de billes (deux et 15 micromètres), les moustiques ont ensuite été congelées par les scientifiques à différents stades de leur vie.

À l’aide d’un microscope, les biologistes ont observé combien de billes fluorescentes se retrouvaient dans l’organisme des moustiques. Les larves en développement en avaient accumulé un plus grand nombre. Les moustiques exposés aux deux tailles de billes en avaient accumulé dans leur enveloppe, alors que les spécimens uniquement exposés aux plus grosses billes n’ont pas semblé affectés par l’expérience.

L’accumulation des matières plastiques, en milieu terrestre et aquatique, n’est pas de nature à rassurer les chercheurs. Accumulées par les moustiques, les microparticules menaceraient de nombreux animaux situés au-dessus de ces insectes dans la chaine alimentaire.

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