Le dépôt mondial de semences, installé sur une île entre la Norvège et le pôle Nord, nécessite des travaux d'aménagements.

La Norvège va dépenser 100 millions de couronnes norvégiennes, soit environ 10 millions d’euros, pour mettre à jour la Réserve mondiale de semence du Svalbard (en anglais Svalbard Global Seed Vault), construite dans une ancienne mine de charbon de l’île norvégienne du Spitzberg.

Conserver les semences mondiales en sécurité

Celle-ci est située dans l’archipel arctique du Svalbard, à environ 1 120 km du pôle Nord, choisi pour ses conditions géologiques et climatiques propices à la conservation. La réserve est en effet destinée à conserver en sécurité les graines de toutes les cultures vivrières de la Terre, pour les protéger des catastrophes humaines et naturelles.

Le projet de travaux de la Norvège comprend notamment la construction d’un nouveau tunnel d’accès, en béton, à la réserve, et d’un bâtiment de services. Celui-ci hébergera notamment « des batteries d’urgence et des unités de réfrigération, et d’autres équipements électriques qui émettent de la chaleur par le tunnel », selon un communiqué du gouvernement norvégien.  « Sauvegarder les matériaux génétiques qui sont cruciaux pour la sécurité générale de la nourriture est une grande et importante tâche », a affirmé le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation norvégien, Jon Georg Dale.

Une main tient des tubes avec des gaines à l'intérieur.
Riccardo Gangale

La mission de la réserve du Svalbard est double. En cas de guerre nucléaire, ou de catastrophe climatique provoquant la destruction des cultures d’un pays, les gouvernements concernés peuvent demander des semences à la chambre forte, pour relancer leur agriculture. Mais elle est pour l’instant surtout sollicitée lors d’une perte dans une banque génétique locale, due à un accident, un problème de gestion, une catastrophe, ou des raisons financières.

Ainsi, la réserve a été utilisée en 2015 pour créer de nouvelles banques génétiques au Maroc et au Liban, après que la réserve de graines d’Alep, en Syrie a subi les ravages de la guerre civile. Ces graines ont été cultivées, et les graines issues de ces cultures ont été rapportées à la Réserve du Svalbard.

Renouvellement du stock régulier

Car, si la chambre forte doit permettre de conserver ces graines pendant au moins plusieurs centaines d’années, les semences n’y sont pas laissées indéfiniment. En effet, les stocks du dépôt génétique du Svalbard sont régulièrement renouvelés, grâce aux contributions des banques génétiques locales. Lorsque le stock de l’un de ces dépôts « standard » est trop bas, les semences sont replantées, et une partie des graines obtenues à partir de ces nouvelles cultures est envoyée au Svalbard.

La réserve peut contenir 4,5 millions de variétés de cultures. Fin 2016, on trouvait 880 837 échantillons dans le dépôt, récoltés dans presque tous les pays du monde, et notamment des aliments de base comme le maïs, le riz, le blé, le niébé, le soja ou l’orge.

Lieu de stockage des graines, dans des cartons sur des étagères
Riccardo Gangale

À noter, sur l’île de Spitzberg se trouve aussi, depuis le 27 mars 2017, les Arctic World Archive, un lieu destiné à protéger les données mondiales des catastrophes naturelles ou des conflits. Ces données sont stockées sur une pellicule spéciale développée par Piql, une entreprise norvégienne qui a créé ce centre de données avec l’entreprise minière d’état norvégienne SNSK. En effet, contrairement à la réserve de graines, financée par des fondations et des états, les Arctic World Archive sont entièrement privées et à but lucratif.

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