Dans l’espace, personne ne vous entendra crier. En revanche, il sera possible de suivre vos moindres faits et gestes. La preuve : dans un point de situation partagé le 22 juin 2026, LeoLabs, une société américaine spécialisée dans le suivi des débris spatiaux en orbite terrestre basse, a détecté du changement du côté du véhicule spatial chinois Shenlong.
Ce mystérieux vaisseau, qui s’est envolé en février 2026 pour sa quatrième mission orbitale depuis le désert de Gobi (nord de la Chine), n’est désormais plus seul. En effet, sur le réseau social X (ex-Twitter), LeoLabs rapporte avoir repéré « un objet inconnu à proximité de l’avion spatial réutilisable chinois Shenlong », le 22 juin.
Le véhicule a-t-il connu un problème structurel, causant une désagrégation partielle ? Ce n’est pas ce qui ressort des analyses de l’entreprise. L’objet, qui a d’abord été pisté par un radar basé en Nouvelle-Zélande, a de toute évidence été largué volontairement par l’avion spatial chinois. Un scénario que LeoLabs juge hautement crédible.


Un scénario écrit à l’avance
Si cette éjection en plein vol de cette « charge utile » a de quoi intriguer, car on ne connaît pas avec certitude les objectifs ni de Shenlong ni du second objet, elle n’est cependant pas vraiment surprenante pour qui s’intéresse à la surveillance spatiale. En effet, dès le lancement de Shenlong, LeoLabs avait publié une note sur LinkedIn pour anticiper cette manœuvre.
En se basant sur les trois précédentes missions du « Dragon céleste » (la traduction du nom de la navette) en 2020, 2023 et 2024, LeoLabs prédisait que l’histoire allait se répéter : « Tout au long de ces missions, nous avons observé […] des déploiements répétés d’un sous-satellite, du vol en formation et des opérations de capture/amarrage. »

Un pronostic maintenant confirmé avec les observations du 22 juin : « Cette activité est cohérente avec les déploiements de sous-satellites effectués par l’avion spatial lors de missions précédentes », a commenté le groupe sur son compte X.
Les facultés de ce petit objet restent à déterminer, mais on peut supposer qu’il est loin d’être un débris inerte. Sur LinkedIn, LeoLabs précisait d’ailleurs en février 2026 avoir « déterminé que le vaisseau spatial et ses sous-satellites ont des capacités de propulsion ». Il n’y a aucune raison pour que le binôme de Shenlong en soit dépourvu cette fois-ci.
Une technologie à double tranchant
À quoi peut bien servir ce sous-satellite ? C’est sans doute un bon moyen de s’exercer à diverses manœuvres complexes en orbite : rehausser ou réduire l’altitude de vol, effectuer un vol en formation ou procéder à des opérations de rendez-vous spatial, de capture ou d’amarrage. Autant de techniques qui ont un intérêt aussi bien civil que militaire.
Ces opérations ont typiquement une portée à double usage : on peut très bien les imaginer pour ravitailler ou réparer un satellite ami en orbite. Mais on peut tout aussi bien les inscrire dans des activités plus offensives, pour inspecter ou photographier un satellite d’une puissance adverse et, pourquoi pas, s’en saisir pour le précipiter dans l’atmosphère.
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