Des travaux suggèrent un lien entre des symptômes d’un mauvais sommeil et des croyances liées au paranormal. Cette étude ne suffit toutefois pas à établir le lien, mais elle amène de nouveaux éléments.

Il y a des fantômes chez vous ? Peut-être êtes-vous simplement… fatigué. C’est la conclusion de travaux publiés le 11 janvier 2023. Les auteurs ont pu déterminer un lien entre les croyances liées au paranormal et les variables du sommeil. Plus de 8 000 personnes ont été sondées en ligne à l’échelle internationale, via la BBC.

Ce n’est pas la première fois que ce lien est suggéré dans une étude. Mais, en général, c’est la paralysie du sommeil qui est évoquée. Dans cette publication, le nombre de variables est étendu. Le résultat est intrigant, bien qu’il ne soit pas totalement conclusif.

Une « plus grande adhésion » à certaines croyances surnaturelles

Plusieurs symptômes d’une mauvaise qualité du sommeil — nuit peu reposante, temps d’endormissement long, durée courte du sommeil, symptômes d’insomnie fréquents… — sont reliés, selon les auteurs, à « une plus grande adhésion » à plusieurs « croyances ». Parmi ces dernières, il y a l’existence de fantômes et de démons, la capacité à communiquer avec les morts ou encore la visite d’extraterrestres sur Terre, et même la vie après la mort.

La visite des aliens semblerait plus spécifiquement reliée à la paralysie du sommeil (rester bloqué dans son corps, conscient, sans pouvoir bouger) ou encore au syndrome de la tête qui explose (sensation d’un bruit sourd à l’intérieur du crâne).

D'après cette étude, les croyances à des vécus paranormaux vient de problèmes de sommeil. // Source : Canva
D’après cette étude, les croyances à des vécus paranormaux vient de problèmes de sommeil. // Source : Canva

Les auteurs suggèrent que le lien n’est pas forcément linéaire : le manque de sommeil n’est pas obligatoirement la cause de la croyance en quelque chose de surnaturel. Cela pourrait aussi être l’inverse : « L’association plus générale entre le sommeil et les croyances paranormales pourrait s’expliquer par le fait que l’anxiété liée à certaines croyances paranormales (par exemple l’existence de fantômes et de démons/diables) interfère avec le sommeil. »

Un cercle vicieux est aussi envisageable — « (…) Ceux qui ont déclaré des croyances très fortes ont signalé moins de symptômes d’insomnie que ceux qui avaient une certaine incertitude ». Selon les auteurs, ces éléments « pourraient s’expliquer par le fait que l’incertitude et l’indécision (dans ce cas, des croyances incertaines) peuvent conduire à l’anxiété, qui à son tour peut interférer avec le sommeil ».

Ces travaux reposant sur un sondage, ils ne sont pas conçus pour explorer plus en détail les réponses : l’étude n’explique pas plus que cela la raison du lien entre sommeil et paranormal. Elle n’incorpore pas non plus la recherche de psychopathologies (dépression, stress post-traumatique…) et ne se penche pas sur l’éducation, les différences de personnalité ni sur… les croyances religieuses. La forte présence de personnes présentant certains troubles du sommeil (paralysie) suggère aussi que celles-ci étaient peut-être plus enclines à vouloir répondre au sondage. Cela signifie qu’il faut davantage de recherches.

L’étude reste donc modérée en force de preuves. L’intérêt de ces travaux reste cependant important dans le domaine clinique, en cela que leur démonstration initiale va sûrement mener à un approfondissement. L’existence d’un lien possible entre des croyances et le sommeil peut relever d’une aide au diagnostic de certaines pathologies.


Abonnez-vous à Numerama sur Google News pour ne manquer aucune info !