Après un crowdfunding remarqué, le site Pussypedia a enfin été mis en ligne. Comme ses créatrices l'avaient annoncé, cette « encyclopédie de la chatte » contient une représentation interactive des organes génitaux ainsi que des articles pour s'informer.

Pussypedia, «  l’encyclopédie de la chatte » est en ligne depuis le 1er juillet 2019. Le projet, financé par un crowdfunding réussi il y a plus d’un an, se concrétise aujourd’hui avec le lancement de Pussypedia, une plateforme gratuite et bilingue (anglais et espagnol) d’informations sur le sexe féminin. Le site ressemble à un croisement entre une encyclopédie participative, un média qui publie des articles et une base de données qui renvoie vers des liens externes.

L’objectif du site est de « remédier au manque d’information accessible et de qualité sur nos corps en ligne », expliquent la journaliste Zoe Mendelson et l’artiste Maria Conejo, les créatrices de Pussypedia. Elles revendiquent l’utilisation du terme « pussy » (« chatte »), qu’elles estiment inclusif pour parler à la fois du genre et de l’anatomie. Il peut désigner « une combinaison du vagin, de la vulve, du clitoris, de l’utérus, de la vessie, du rectum, de l’anus et qui sait, peut-être des testicules, écrivent les créatrices. […] De nombreuses personnes avec une chatte ne sont pas des femmes et de nombreuses femmes n’ont pas de chatte. »

La plateforme Pussypedia. // Source : Pussypedia

Une carte interactive à 360°

La plateforme est organisée en 3 espaces différents. Le premier est une carte interactive des organes génitaux, sur laquelle vous pouvez cliquer et zoomer pour observer les organes à 360°. Elle permet aussi de se faire une idée de leur position dans le corps humain, puisque les organes sont dessinés à l’intérieur d’une silhouette transparente. La représentation des organes génitaux est moins désincarnée qu’elle peut parfois l’être dans certains manuels scolaires, par exemple.

Pussypedia propose également des articles, regroupés en thématiques comme la contraception et l’avortement, les règles, la ménopause, les handicaps ou encore la masturbation et la sexualité. Un système d’étiquettes (« consentement », « hormones », « sexe lesbien », par exemple) permet de aussi de faire des recherches parmi les ressources disponibles, y compris des liens externes.

Des articles sur Pussypedia. // Source : Pussypedia

Une plateforme contributive

Au total plus de 200 contributeurs et contributrices ont travaillé pour rédiger les articles de la plateforme, sur la base du volontariat. Pussypedia indique que vous pouvez également demander à contribuer via ce lien (qui ne semble pas encore actif à l’heure où cet article est écrit). Seuls les articles concernant les personnes transgenres, non binaires, intersexes ou handicapées ne sont pas rédigés par des volontaires : lors du lancement de la campagne de financement participatif, les créatrices avaient déjà indiqué qu’elles solliciteraient des personnes concernées pour aborder ces sujets. Les créatrices de la plateforme rappellent que son contenu ne prétend pas remplacer l’expertise médicale et qu’il ne sert qu’à des fins éducatives.

« Comment pouvons-nous expliquer le fait que nous avons réussi à atterrir sur la Lune mais que nous avons encore à décrire entièrement l’organe responsable des orgasmes de la moitié de la planète (ou que la plupart des gens qui en possèdent un ne sache pas le dessiner ? », s’interrogent les créatrices de Pussypedia. Leur plateforme tente désormais de lever le tabou sur le sexe féminin, comme le font également plusieurs comptes Instagram.

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