Deux ans après sa diffusion sur Wakanim et J-One, Drifters sort la semaine prochaine en coffret DVD et Blu-ray sous la bannière d’Universal Pictures Video. Après la chasse aux vampires, l’auteur de Hellsing s’essaie à l’Isekai...

Nous connaissons Kôta Hirano principalement pour son œuvre phare, adaptée deux fois en série animée : Hellsing. La première en 2001 par le studio Gonzo alors que le manga était encore en cours de publication. Ainsi, seulement la moitié de cette série culte suit le support d’origine. La seconde série (des OAV cette fois), produite entre 2006 et 2012 est plus fidèle et surtout bien plus aboutie. Hellsing Ultimate offre un spectacle débridé unique en son genre, qui en avait fait un classique instantané. Quand on a appris que Drifters, le nouveau manga d’Hirano, allait lui aussi connaître sa série TV, nous avons accueilli la nouvelle comme un évènement.

Drifters compte à ce jour six volumes. Le dernier vient tout juste de sortir au Japon. En France, les cinq premiers tomes sont disponibles chez Tonkam. L’adaptation a été réalisée par le studio Hoods Entertainment, une structure peu connue, née de la faillite de Gonzo par l’un de ses anciens producteurs. On leur doit notamment des titres moyens comme The Qwaser of Stigmata ou Märchen Mädchen. Annoncé comme cela, tout laissait craindre le pire. Mais heureusement une partie de l’équipe de Hellsing Ultimate rempila avec, à sa tête, le réalisateur de Jojo’s Bizarre Adventure : Kenichi Suzuki (jusqu’à Stardust Crusaders). Parmi le staff de Hellsing Ultimate, nous retrouvons entre autres les scénaristes Hideyuki Kurata (Made in Abyss) et Yôsuke Kuroda (My Hero Academia). De quoi rassurer un minimum.

Hoods Entertainment/via Wakanim

Sword of the Stranger

Durant la bataille de Sekigahara, le jeune samouraï Toyohisa Shimazu reste à l’arrière pour protéger la fuite de son oncle avec le reste de l’armée. Gravement blessé, il se retrouve soudainement propulsé dans un autre monde. Il est alors recueilli par des elfes qui le soignent. Une fois sur pieds, il découvre qu’il n’est pas le seul japonais à avoir été transporté ici. En effet, il rencontre Oda Nobunaga, pourtant décédé il y a 18 ans, et Nasu Yoichi, mort lui aussi depuis près de 4 siècles. Ensemble, ils vont découvrir qu’ils sont des « Drifters » et qu’ils ont été conduits ici dans le but d’affronter les « Ends », un groupe d’ennemi prônant la destruction du monde.

Drifters reprend le principe des séries Fate en faisant s’affronter des personnalités historiques venues de siècles différents. Le fait qu’ils se retrouvent tous dans un univers de dark fantasy n’est finalement qu’un prétexte pour les faire participer à une guerre fantasmée. Ainsi, outre le trio Toyohisa/Nobunaga/Yoichi qui l’on va suivre principalement, le camp des Vagabonds (Drifters) est composé entre autres de : Hannibal Barca (en papy gâteux), Butch Cassidy (et forcément le Kid aussi), Naoshi Kanno (un pilote de la seconde guerre mondiale qui s’exprime comme un yakuza) ou encore le Comte Saint-Germain grimé en drag-queen. Concernant les Parias (Ends) menés par le Roi Noir dont l’identité reste un mystère, nous retrouvons Jeanne D’Arc (en pyromane), Gilles de Rais (le Berserker du groupe), Anastasia ou encore Raspoutine.

Hoods Entertainment/via Wakanim

Trash et déjanté

Toutefois, l’œuvre de Kôta Hirano est très différente des multiples avatars tirés de la franchise de Type-Moon. L’histoire ne se prend pas au sérieux ici et à l’instar de Hellsing, c’est vers le cinéma d’exploitation que l’auteur cherche ses inspirations. C’est gore, drôle, trash et souvent déjanté. Toyohisa est une tête brûlée qui ne pense qu’à décapiter ses adversaires, tandis que Nobunaga prend un malin plaisir à manipuler son monde ou à établir des stratégies de guerre perverses. Les gags fusent, parfois de trop, mais certains font mouche comme lorsque Toyohisa n’arrive pas à différencier les jeunes des vieux nains ou la rencontre improbable entre le Scipion, le général romain et Kanno, l’aviateur kamikaze.

Même s’il manque une figure charismatique de la trempe d’Alucard ou Alexander Anderson, les personnages de Drifters ne manquent pas d’attrait. D’autant plus que les comédiens de doublage s’en donnent à cœur joie régulièrement, à l’image de Naoya Uchida (Nobunaga), capable de prendre un ton sérieux et inquiétant pour se lâcher complètement à la scène suivante. Déjà à l’œuvre sur Hellsing Ultimate, le chara design de Ryoji Nakamori retranscrit à merveille le trait si particulier de Kôta Hirano. Le tout est souvent mis en scène avec panache, malgré  peu d’action à signaler au final. La série se termine déjà et laisse cette fameuse guerre à l’état de prologue.

Hoods Entertainment/via Wakanim

Bien qu’annoncée à la fin de la série, nous ne sommes pas près de voir une deuxième saison. La parution du manga étant très lente, le studio a changé son fusil d’épaule en proposant de nouveaux épisodes au compte-gouttes. Ainsi, un an après la fin de la diffusion de la série, les épisodes 13 et 14 sont sortis au Japon sous forme d’OAV. De même, l’épisode 15 est désormais disponible avec le sixième tome du manga. Cette suite provisoire adapte des chapitres du cinquième tome. Avec ce rythme, on devrait avoir la saison complète d’ici une dizaine d’années…

En attendant, vous pourrez vous délecter des 12 épisodes sur Wakanim (en VOSTF mais aussi VF) et en coffret Blu-ray ou DVD sur Amazon. Si Universal propose comme à l’accoutumé (mais pour la dernière fois ?) un coffret de qualité avec de nombreux goodies (livret, poster, aimants et cartes), on pourra regretter l’absence des épisodes 13 et 14, qui auraient fait office de bonus appréciable.

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