Pour peu que vous suiviez l’actualité de l’animation japonaise, vous lirez partout que la série qui a marquée l’année 2017 n’est pas la suite de L’Attaque des Titans ou celle de My Hero Academia, mais ce Made in Abyss dont je vais vous parler.

Adapté du manga éponyme de Akihito Tsukushi (débuté en 2012 et toujours en cours de parution), Made in Abyss fut la surprise de l’an passé. Personne ne pouvait imaginer que la série de Kinema Citrus (Black Bullet) allait devenir un tel phénomène. D’ailleurs, depuis la diffusion de la série animée, les ventes du manga se sont envolées. Cette réussite est due au fruit de la collaboration entre le réalisateur Masayuki Kojima (Monster), le scénariste Hideyuki Kurata (Samurai Flamenco et créateur de R.O.D), le chara designer Kazuchika Kise (aussi réalisateur de GITS : Arise), le directeur artistique Osamu Masuyama (un ancien de Ghibli) et le jeune compositeur australien Kevin Penkin.

L’histoire de Made in Abyss commence dans la cité d’Orse construite autour d’un gigantesque gouffre nommé « l’Abysse ». Ce dernier est le terrain de jeu des « caverniers ». Il s’agit d’explorateurs à la recherche de reliques et de vestiges d’une ancienne civilisation. Rico, une jeune orpheline, est obsédée par l’Abysse. Elle tient cela de sa mère, une célèbre aventurière qui disparut au cours d’une expédition. Un jour, en prospectant, Rico découvre le corps inanimé d’un jeune garçon amnésique et doté de bras mécaniques. Se liant rapidement d’amitié, ils décident ensemble d’aller explorer l’Abysse à la recherche de la mère de Rico…

Voyage au centre de la Terre

Préparez-vous car le périple de Rico et Legu n’a rien d’une promenade de santé. L’Abysse est construit selon plusieurs paliers et chacun est plus dangereux que le précédent. Seuls les caverniers les plus expérimentés (les fameux « Sifflet Blanc » auxquels appartenaient la mère de Rico) peuvent espérer survivre dans les niveaux les plus profonds. Cette construction évoquant un jeu vidéo n’est pas anodine. Son créateur Akihito Tsukushi a débuté dans le domaine avant de se lancer dans son premier manga. Ainsi, il a pu mettre à profit son expérience passée pour créer un univers riche.

Ainsi, vous trouverez un bestiaire différent à chaque « monde », toujours plus dangereux. Les héros font des rencontres importantes, qui leur permettent de glaner de nouvelles informations, des compétences ou un équipement supplémentaire. Les impressionnants paysages de l’Abysse donnent la sensation d’être dans un monde ouvert au level design ahurissant. C’est d’autant plus remarquable que Made in Abyss réussit là où la plupart des animés se déroulant dans des MMORPG échouent (Sword Art Online et consorts). Bref, vous l’aurez compris, Made in Abyss pourrait faire un formidable J-RPG chez Square Enix ou Nintendo.

Fullmetal Cave Raider

Le design « mignon » des principaux protagonistes peut rebuter de prime abord. Pourtant, la série n’est absolument pas destinée à des enfants. Made in Abyss surprend à de nombreuses reprises par la dureté, voir la cruauté étalée à l’écran. Que ce soit par les mots (les enseignements d’Ozen) ou par les actes (la tentative d’amputation), la série ne caresse jamais le spectateur dans le sens du poil. Le point culminant restant l’histoire de Nanachi et Meethi, deux personnages que nos héros rencontrent au quatrième niveau. Le flash-back du dernier épisode est l’un des moments les plus bouleversants vus dans un anime depuis belle lurette. Le récit d’aventures se transforme alors en conte horrifique que n’aurait pas renié David Cronenberg.

D’une certaine manière, Made in Abyss rappelle beaucoup Fullmetal Alchemist. Les héros sont aussi des enfants qui vont perdre leur innocence au cours de leur quête. Rico et Legu ont même droit à un entraînement de survie par leur « Sensei » Ozen. On retrouve cette alternance entre passages légers et passages plus graves. Le sort réservé à Meethi n’est pas sans rappeler celui de la petite Nina Tucker (du moins en matière de traumatisme pour le spectateur). Seule ombre au tableau : le couple principal n’est pour le moment pas aussi marquant que les frères Elric. La faute revient principalement à Rico, que Legu passe son temps à sauver. Gageons que son personnage s’étoffe par la suite.

Annoncée rapidement après la fin de la diffusion, la deuxième saison aura la lourde tâche de répondre à de nombreuses questions laissées en suspens : qu’est-il arrivé à la mère de Rico ? Qui est ce mystérieux Bondold ? Et surtout, que trouveront Rico et Legu au fond de l’Abysse ? Cette première saison n’a couvert que trois tomes sur les six parus au Japon jusqu’à maintenant. En attendant, vous pourrez patienter avec la parution en mai prochain du manga chez Ototo.

Les 13 épisodes sont disponibles sur Wakanim.

Partager sur les réseaux sociaux