Le jeu était censé sortir sur Steam le 8 juin prochain, mais Valve a décidé de le retirer de Steam. Une pétition avait été lancée pour empêcher la sortie de ce nouveau jeu vidéo dans lequel le joueur pouvait incarner un tireur dans une école.

Mise à jour du 30 mai 2018 : Valve a décidé de retirer le jeu Active Shooter de la plateforme Steam, a rapporté Motherboard, expliquant que le créateur du jeu était un « troll », qui « a pour habitude d’abuser des clients et manipuler les notations ». Il serait aussi connu pour enfreindre la notion de droit d’auteur. Certains de ses jeux, comme un dérivé de Rick and Morty complètement nul, avaient été retirés de Steam car le développeur n’avait fait qu’acheter des packs tout fait sur Unity et y avait balancé quelques modélisations d’une copie de Pickle Rick .

Voici l’histoire du jeu Active Shooter, qui ne verra finalement jamais le jour, comme nous vous la racontions il y a quelques jours.

« Vous avez le choix ! Il n’y a que dans Active Shooter que vous pouvez décider d’être un officier de l’unité d’élite S.W.A.T. ou un vrai tireur. » Voici comment les studios Revived Games et ACID présentent leur nouveau jeu sur la plateforme Steam, titre censé sortir le 6 juin prochain. Il s’agit d’un jeu de tir à la première personne (FPS) dans lequel le joueur peut incarner un tireur dont l’objectif est d’abattre le maximum d’écoliers sans être attrapé par les autorités.

En anglais, un Active Shooter désigne une personne autrice d’une tuerie de masse par arme à feu, exécutée rapidement et souvent de manière aléatoire. Aux États-Unis, où les armes à feu sont en vente libre dans certains États, on recense des centaines de tueries de masse par an. Entre le 1er janvier et le 18 mai 2018, le pays a connu 101 fusillades de masse — qui comprend les cas où plus de quatre personnes sont mortes, sans compter le tueur.

Une pétition contre Steam

La première moitié de la bande-annonce d’Active Shooter montre le point de vue du joueur dans l’équipe S.W.A.T., tandis que le reste du trailer dévoile le rôle du tueur, qui élimine les policiers (des hommes) et les écolières (des femmes). Revived Game aurait également prévu de lancer un mode « survie » où le joueur incarne une des civils qui doit échapper au tueur.

Aux États-Unis, le jeu vidéo n’a pas tardé à soulever de vives critiques : une pétition a été lancée sur Change.org par une parent d’élève, Stéphanie Robinett, pour empêcher la mise en ligne du jeu. Trois jours plus tard, elle a récolté quelque 17 000 signatures. « Comment pouvons-nous dormir tranquillement la nuit en sachant que certains essaient de faire du profit en détournant les tueries meurtrières à l’école en divertissement ? »

La pétition est destinée aux studios qui ont développé le jeu, mais aussi à la plateforme Steam et le développeur Valve, accusés de permettre la mise en ligne et l’utilisation d’Active Shooter. N’importe qui peut poster un jeu sur Steam en s’acquittant de 100 dollars, tant que le jeu respecte les règles et recommandations de la plateforme. Parmi elles, Steam affirme que l’on ne peut pas publier du « Contenu ouvertement offensant ou publié dans l’intention de choquer ou de répugner les spectateurs ».

Capture d’écran Active Shooter. YouTube

ACID se justifie en citant d’autres jeux controversés

Pour répondre à cette levée de boucliers, ACID a publié un communiqué le 24 mai, précisant que ce jeu serait censé être « principalement un simulateur de S.W.A.T. » auquel il n’aurait fait qu’ajouter « d’autres rôles ». « Bien que je comprenne l’énervement des gens et pourquoi cela pourrait être une mauvaise idée, je trouve tout de même que l’on devrait laisser ce sujet tranquille. » Le studio affirme attendre les retours du studio Valve pour prendre une décision : « Après avoir reçu tant de critiques et de haine, je vais sûrement retirer le rôle du tireur dans le jeu, sauf s’il peut être gardé comme il l’est en ce moment. »

ACID se justifie également en faisant mention d’autres jeux de fusillade de masse, comme Carmageddon ou Hatred, lancé en 2015 par un studio polonais soutenu par des partisans du mouvement réactionnaire GamerGate, et interdit de sortie sur console aux États-Unis. Le jeu, qui met en scène un tireur sadique qui abat tout ce qui bouge, a d’abord été retiré par Steam avant d’être remis en ligne par Gabe Newell, PDG de Valve.

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