Nouvelle chronique sur Numerama dans laquelle vous retrouverez des critiques sur les dernières productions en matière d'animation japonaise. Le meilleur, le moins bon et le pire -- le tout, disponible sur les plateformes de SVoD françaises.

Le premier épisode de Jûni Taisen  : Zodiac War est sans nul doute une des surprises de la dernière saison automnale. Sa violence et son esthétisme évoquent les OAV des années 80-90. On y découvre une femme, armée de deux fusils d’assaut, errant dans une ville déserte. C’est un soldat prénommé le Sanglier qui a été formé depuis son plus jeune âge aux arts de la guerre. Elle se rend au dernier étage d’une tour pour retrouver les onze autres combattants de la 12e guerre du zodiaque. Douze années auparavant, son père — précédent vainqueur de l’édition – avait choisi sa jeune sœur Kiyoko comme successeur. N’acceptant pas ce verdict, elle manipula Kiyoko durant toutes ces années. Elle alla même jusqu’à la pousser au suicide pour prendre sa place.

Après une rapide présentation des règles de cette Battle Royale, les hostilités débutent. Le Sanglier se retrouve face à son premier adversaire, le Lapin. Ce dernier a déjà une victime à son tableau de chasse : le Serpent, qu’il a décapité avant même le début officiel de la guerre. Sûre d’elle, le Sanglier établit un plan infaillible. À distance, elle est avantagée et son ennemi ne pourra jamais l’atteindre vivant…Sauf qu’elle n’avait pas anticipé que le cadavre du Serpent allait se relever pour l’immobiliser. L’épée de son adversaire finit dans sa poitrine et elle se noie dans son propre sang. Il ne reste plus que dix guerriers.

Battle Royale repensé

Le postulat de base est somme toute classique : douze guerriers s’affrontent dans un tournoi mortel. Rien de nouveau sous le soleil de prime abord. On dirait sur le papier un fanfic fantasmé de Saint Seiya. Mais il s’agit en fait ici du zodiaque chinois (rat, lapin, bœuf, singe, etc.) et les combattants n’ont pas d’armure d’or. Jûni Taisen est adapté d’un light novel de NisiOisiN et Hikaru Nakamura. Le premier est l’auteur des romans Bakemonogatari et Katanagatari, tandis que le second est le créateur du manga Arakawa Under the Bridge. Pour cette adaptation TV, c’est Sadayuki Murai, ancien scénariste de Katsuhiro Otomo (Steamboy) et Satoshi Kon (Millennium Actress, Perfect Blue) qui s’en charge avec Naoto Hosoda (Mirai Nikki) en tant que réalisateur.

Le studio responsable de l’animation est Graphinica. Si ce nom ne vous dit rien, vous avez sûrement vu nombre de séries sur lesquelles ils ont travaillé. Né de la vente des départements du mythique studio Gonzo, Graphinica s’est d’abord spécialisé dans les CGI. En effet, le studio est derrière L’Attaque des titans, The Seven Deadly Sins, Rage of Bahamut : Genesis, SAO The Movie : Ordinal Scale, ou encore Fate/Apocrypha. Graphinica avait auparavant produit le film Expelled from Paradise de Seiji Mizushima et Gen Urobuchi. Avec Jûni Taisen : Zodiac War, c’est l’occasion pour eux de rentrer dans la cour des grands des animes TV.

Passé le choc du premier épisode, une routine s’installe malheureusement. L’effet de surprise de la mort violente ne fonctionne plus au bout du troisième épisode construit de la même manière. En effet, la plupart des affrontements tournent court puisque les guerriers surestiment systématiquement leur adversaire direct. L’expression « mourir comme une merde  » prend alors tout son sens ici. Il faut avouer que les 2/3 des personnages ne sont que de la chair à canon et ce, malgré les tentatives de les développer via de courts flashbacks. On peut alors aisément deviner quels participants iront jusqu’au climax, voire qui gagnera…

Toutefois, Jûni Taisen possède un des bad guy les plus fascinants de l’année : le Lapin (Usagi en VO). Affublé d’un look de bunny boy (avec un énorme pompon de lapin et des talons aiguilles) et armé de deux lames, Usagi est un psychopathe fascinant. Son but est juste de se faire des amis. Mais pour cela, il les tue et les transforme en marionnette zombifiée. Au fil de l’histoire, Usagi se fait des alliés ce qui lui donne un avantage certain. Le Serpent, pourtant occis d’entrée, va alors servir une bonne partie de l’histoire, notamment durant l’excellent affrontement contre le Bœuf et le Tigre. Justement, le duo formé par les deux guerriers précités fait aussi partie des réussites de la série. On s’attache très facilement à eux et leur association relance l’intérêt dans la seconde partie.

Réalisation inégale

Jûni Taisen pêche par une réalisation inégale. Le chara design est excellent, l’ambiance nocturne de cité tentaculaire est saisissante et la série offre d’excellents moments d’animation dans sa première moitié. Néanmoins cela se gâte sérieusement après, notamment avec les épisodes catastrophiques 7 et 8 dont leur budget respectif a été alloué au combat de l’épisode 9. Si on ajoute à cela des incrustations 3D quelques peu trop voyantes, on se dit que le studio Graphinica doit encore gagner en expérience avant de pouvoir concurrencer les studios majeurs actuels.

Pour résumer, il est difficile de ne pas être déçu devant Jûni Taisen. Le premier épisode avait placé la barre trop haute. De plus, la frustration devant le manque flagrant d’action au profit de séquences bien trop bavardes (et moins coûteuses assurément) joue clairement en défaveur de la série. Mais celle-ci délivre toutefois de beaux portraits de guerriers et n’est pas avare en surprises. Le dernier épisode est d’ailleurs assez déconcertant. Difficile de savoir si c’est du pur génie ou du mépris total envers le spectateur.

Les 12 épisodes de Jûni Taisen : Zodiac War sont disponibles sur Crunchyroll.

Partager sur les réseaux sociaux