Adapter la saga de jeux vidéo Far Cry à l’écran avait, sur le papier, tout de la fausse bonne idée. Si la franchise d’Ubisoft cartonne auprès des joueurs grâce à sa formule axée sur le chaos, les dictateurs mégalos et les explosions en monde ouvert, les portages de blockbusters vidéoludiques oscillent trop souvent entre le passable et le franchement dispensable. Pourtant, la série en préparation du côté de la chaîne de prestige FX vient de couper l’herbe sous le pied des sceptiques.
La production vient d’officialiser ce 15 juillet 2026 l’arrivée à son casting d’une légende absolue du cinéma indépendant et grand public : Steve Buscemi. L’acteur de Fargo et de Reservoir Dogs rejoint cette adaptation chapeautée par Noah Hawley (le showrunner acclamé de la série Fargo) et le cocréateur Rob Mac. Une annonce coup de poing qui change radicalement la perception de cette production, initialement accueillie avec une prudente indifférence.
Quand le chaos de Far Cry d’Ubisoft rencontre la formule prestige de FX
La présence de Steve Buscemi confirme que FX ne cherche pas à livrer une bête transposition littérale des jeux de tir d’Ubisoft. Pour donner du relief à la formule, la production a opté pour un format anthologique. À l’instar des jeux de la franchise, chaque saison de la série suivra une histoire totalement indépendante, un nouveau cadre géographique et une distribution renouvelée. Une structure souple qui permet de se concentrer sur l’essence de la saga, la survie d’individus ordinaires plongés dans la folie de zones de non-droit.
En confiant les rênes à Noah Hawley, grand spécialiste des ambiances tragi-comiques et absurdes, la série s’éloigne du simple divertissement pyrotechnique. Le showrunner, qui s’est déjà réapproprié avec brio le chef-d’œuvre des frères Coen pour en faire l’une des meilleures séries de la décennie, semble appliquer ici la même recette. L’arrivée de Buscemi (qui jouait d’ailleurs dans le film Fargo d’origine en 1996) boucle la boucle et pose les bases d’un thriller psychologique poisseux et cynique.

Steve Buscemi, l’atout crédibilité d’un projet casse-gueule
Le recrutement de Steve Buscemi est un coup de maître. Connu pour sa gueule de cinéma inimitable et son talent pour incarner des marginaux instables, des cyniques magnifiques ou des mafieux impitoyables, l’acteur apporte une gravité et une excentricité qui colleront parfaitement à l’ADN de Far Cry. Qu’il campe un antagoniste machiavélique à la hauteur des tyrans habituels de la licence ou un survivant désabusé, sa seule présence suffit à élever le niveau d’exigence de la série.
Des sommets du cinéma indépendant des années 90 (The Big Lebowski) à sa performance magistrale dans la série de prestige Boardwalk Empire, en passant par ses récents détours dans la série Netflix Mercredi, Buscemi a cette capacité rare de magnifier le moindre projet. En l’associant à des talents confirmés comme Lizzy Caplan, FX transforme un projet d’adaptation a priori générique en un rendez-vous hautement cinéphile. On demande désormais à voir, avec une curiosité qu’on n’aurait jamais cru accorder à une licence Ubisoft.
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