Excédé par le blocage politique de la Californie qui menace de faire capoter sa fusion à 110 milliards de dollars avec Warner Bros. Discovery, le patron de Paramount, David Ellison, s’apprête à hausser le ton. Ses conseillers le poussent ouvertement à délocaliser le siège social et à couper le robinet des investissements dans l’État : 30 milliards de dollars sont sur la table. Un coup de bluff ?

Le feuilleton réglementaire autour du mariage entre Paramount et Warner Bros. Discovery prend des allures de guerre de tranchées. Alors que les gendarmes de la concurrence du monde entier, de Washington à Pékin, ont tamponné le dossier sans broncher, le procureur général de Californie, Rob Bonta, s’est mis en tête de faire barrage en agitant des « drapeaux rouges ».

Sauf que l’état-major de Paramount commence sérieusement à perdre patience en ce milieu du mois de juillet, face à ce qu’il qualifie en coulisses d’environnement purement « inhospitalier ». Plutôt que de se laisser asphyxier par la politique locale, le studio prépare sa riposte : l’exode économique.

Le plan de rupture : 30 milliards de dollars de représailles pour Paramount

La frustration a atteint son point de non-retour chez Paramount. Face au refus de Rob Bonta d’engager un dialogue constructif, les cercles proches de David Ellison ne prennent plus de gants. Si la Californie attaque en justice pour bloquer la fusion, le studio plie bagage.

Le chantage est d’une violence comptable absolue pour l’économie locale. Paramount menace de :

  • Délocaliser son siège social historique hors des frontières de l’État.
  • Détourner la majeure partie des 30 milliards de dollars d’investissements annuels prévus en Californie vers des cieux plus cléments.
  • Activer sa base arrière dans le New Jersey, où le groupe a déjà signé un bail massif pour près de 30 000 mètres carrés de studios à Bayonne, prêts à récupérer la charge de production.

Bien qu’Ellison, Californien de cœur, traîne des pieds à l’idée d’abandonner ses racines, l’hostilité des régulateurs pourrait bien le pousser à bout.

Warner devrait repartir dans les bras de Paramount // Source : Numerama
Warner devrait repartir dans les bras de Paramount // Source : Numerama

Les Big Tech en embuscade, le régulateur dans le déni

Ce coup de sang intervient après que Paramount a pourtant mis sur la table des gages d’une docilité rare pour tenter de débloquer la situation. Le studio avait proposé un deal blindé par décret de consentement :

  • Un quota minimal de 30 films produits par an.
  • La protection des cinémas avec une exclusivité en salle de 45 jours avant le streaming.
  • Le maintien en activité des studios et plateaux historiques de Paramount et Warner à Los Angeles.

L’argument de survie brandi par Ellison est pourtant frappé au coin du bon sens : isolés, Warner Bros. et Paramount n’ont aucune chance de résister à la force de frappe financière d’Amazon ou de Netflix. Bloquer ce mariage, c’est condamner à terme les deux structures traditionnelles et menacer directement plus de 50 000 emplois dans un secteur qui subit déjà une fuite dramatique des tournages vers d’autres États ou le Canada.

Comparatif svod // Source : Montage Numerama

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