Assassin’s Creed Unity aurait dû être une fête. Premier opus se déroulant dans la capitale française, en pleine Révolution : il avait tout pour être la quintessence d’une saga très appréciée. Et patatras… Le titre d’Ubisoft a accusé une dette technique effarante, avec un nombre de bugs incalculable. À sa sortie en 2014, Assassin’s Creed Unity a essuyé de vives critiques, matérialisées par un score très faible sur Metacritic — 72 sur 100, quand Assassin’s Creed IV: Black Flag, son prédécesseur, avait atteint les 88.
Assassin’s Creed Unity a été le premier marqueur de lassitude, confirmé l’année suivante par le piètre Assassin’s Creed Syndicate. Ces deux désillusions ont poussé Ubisoft à repenser sa stratégie autour de sa licence forte, en mettant fin à l’annualisation et en repensant totalement les fondations. Ainsi est né Assassin’s Creed Origins, plus orienté RPG. Réalisateur de plusieurs épisodes, Jean Guesdon, désormais directeur du contenu, est revenu sur Assassin’s Creed Unity et a tenu à le défendre. « Assassin’s Creed Unity est l’un des jeux les plus sous-estimés de la saga », raconte-t-il à Retro Gamer (via GamesRadar+ le 11 juillet).

Assassin’s Creed Unity était un immense défi technique, d’où les bugs à foison
Si vous suiviez assidûment les jeux vidéo à l’époque, alors vous êtes forcément tombé sur des images risibles d’Assassin’s Creed Unity. La plus célèbre d’entre elles montre un personnage avec sa tête effacée, n’ayant plus que ses globes oculaires et ses dents qui flottent devant sa chevelure. Jean Guesdon ne cache pas la réalité : Assassin’s Creed Unity était très ambitieux, peut-être trop ambitieux d’ailleurs.
Il explique : « Malheureusement, le lancement de Unity a été un défi colossal pour plusieurs raisons. Tout comme pour Assassin’s Creed 3 avec le moteur AnvilNext, le développement de Unity a été impacté par de nouvelles technologies incroyables permettant une échelle à taille réelle (1:1), des intérieurs jouables, des foules immenses, un tout nouveau système de parkour et une composante multijoueur intégrée. » Cela faisait effectivement beaucoup pour un seul jeu, sachant qu’Assassin’s Creed Unity était le premier à faire l’impasse sur la PS3 et la Xbox 360, misant tout sur l’exploitation des capacités de la PS4 et de la Xbox One.
« Pousser en même temps les limites du contenu et de la technologie est toujours très exigeant, et cet opus a peut-être voulu trop en faire à la fois », admet finalement Jean Guesdon. Aujourd’hui, Assassin’s Creed Unity a tout de même une certaine postérité en raison de l’accomplissement technique qu’il représentait à l’époque et, aussi, de cette idée de parcourir les rues et les toits de Paris avec un romantisme certain. À terme, Ubisoft pourrait lui offrir un remake à la manière d’Assassin’s Creed Black Flag Resynced.
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