L'éditeur de League of Legends devait informer ses employés qu'ils pouvaient contacter les autorités s'ils étaient au courant d'activités illégales dans l'entreprise. Une agence gouvernementale estime que Riot Game ne l'a pas fait.

Le Department of Fair Employment and Housing (DFEH), l’agence chargée de l’emploi et de l’habitat de Californie, a publiquement rappelé à l’ordre Riot Games, qui aurait selon elle manqué à ses obligations. Riot Games avait reçu du tribunal, le 4 juin 2021, l’ordre de prévenir ses employés qu’ils pouvaient librement parler aux autorités pour dénoncer des actes de discriminations au sein de l’entreprise. Le DFEH accuse l’entreprise de ne pas avoir respecté l’ordre et de ne pas avoir correctement informé ses employés.

L’agence californienne, qui est également à l’origine de la plainte contre Activision Blizzard, vient de publier un communiqué de presse demandant au tribunal de faire respecter cette obligation et d’imposer l’envoi, à tous les employés, d’une note leur expliquant leurs droits.

Riot Games édite League of Legends // Source : League of Legends

Sexisme et discrimination

Les commentaires de la DFEH visent tout particulièrement les accords de non-divulgation, qui peuvent être signés entre différents partis. En échange d’une somme d’argent, les plaignants acceptent de ne plus parler de l’affaire. Or, même si des employés de Riot Games ont signé des accords de non-divulgation, ils ont toujours le droit d’informer les autorités d’activités illégales. « Les accords qui tentent d’empêcher les individus de déposer plainte ou d’assister la DFEH contreviennent aux clauses anti-représailles et anti-interférence prévues par la loi », a rappelé Kevin Kish, le directeur de la DFEH, dans le communiqué de presse.

Riot Games est dans le viseur des autorités californiennes depuis 2018. Kotaku avait publié à ce moment-là une longue enquête, dans laquelle le média détaillait une entreprise sexiste et discriminante envers les femmes. Peu après la parution de l’article, des employés s’étaient regroupés pour attaquer Riot en justice pour discrimination. La procédure judiciaire n’avait au final pas abouti, Riot acceptant de verser de l’argent à une centaine d’employées et anciennes employées ayant travaillé entre 2014 et 2019 dans l’entreprise.

Mais la DFEH a pu commencer à enquêter à ce moment-là, et s’était rendu compte en examinant certains documents que les employés de Riot ne pouvaient pas librement parler aux autorités. Le département a demandé au tribunal d’obliger Riot à prévenir ses employés qu’ils pouvaient toujours contacter les autorités, ce que l’entreprise n’avait toujours pas fait, selon la DFEH.

Un porte-parole de Riot dément. Contacté par The Verge, ce dernier a expliqué que Riot avait contacté de nombreux anciens employés pour les prévenir. « Des notes d’informations sont envoyées pour confirmer que les accords de licenciement n’empêchent pas les employés de parler aux agences du gouvernement », a-t-il indiqué.

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