Un étudiant en informatique vient de créer l'extension « Ecriture Inclusive Facile ». Sur navigateur, elle facilite l'usage de l'écriture inclusive en modifiant les points « . » en points médians « · » lors de la saisie.

Lorsque l’on souhaite utiliser l’écriture inclusive avec les points médians, la saisie depuis un clavier n’est pas forcément intuitive : que l’on soit sur macOS, Windows ou Linux, des combinaisons existent pour obtenir ce signe typographique, mais sont peu connues. Afin de faciliter son usage, une nouvelle extension web gratuite vient de voir le jour : « Ecriture·Inclusive·Facile – e·i·f ». Elle peut être téléchargée pour Chrome ou Firefox.

À l’origine de ce projet, il y a Youssef, étudiant en DUT informatique à Caen. Le 27 janvier 2021, il a présenté son projet dans un thread sur Twitter. « J’utilise un peu l’écriture inclusive avec des points médians depuis longtemps, mais il y a peu j’ai rejoint un Discord où beaucoup l’utilisent et j’ai mieux compris ses enjeux : elle permet d’inclure les femmes, certes, mais aussi d’inclure les personnes qui se genrent au neutre », explique l’étudiant à Numerama.

Néanmoins, Youssef fait le constat qu’il reste compliqué de trouver comment écrire les points médians depuis un clavier. Et qu’en même temps, l’usage d’autres caractères se démocratise pour signifier que l’on s’exprime en écriture inclusive, comme les tirets ou les points (ceux que l’on met en fin de phrase).

L’extension pour faciliter l’écriture inclusive sur navigateur. // Source : Via Chrome/Ecriture·Inclusive·Facile

« J’ai donc passé ce dernier mois à créer cette extension qui avait tout d’abord seulement un but graphique. C’est plus tard que j’ai compris que l’uniformisation était importante pour les dyslexiques, et surtout que j’ai découvert le point d’hyphénation, qui permet de rendre les textes en écriture inclusive lisibles par les logiciels de synthèse vocale pour les mal/non voyant·e·s », nous détaille Youssef. L’extension utilise ce point d’hyphénation « · » en guise de point médian.

Comment fonctionne l’extension ?

Le fonctionnement de l’extension n’est pas compliqué : une fois qu’elle est installée, il suffit d’écrire comme d’habitude en écriture inclusive, en intégrant les points « . ». L’extension les modifie au fur et à mesure de la saisie, pour en faire des points médians. Il n’y a par contre pas d’incidence sur les points en fin de phrase, sur les adresses mail et les URL.

Il a fallu plusieurs semaines à Youssef pour mettre au point l’extension : « Certains sites ont des manières de fonctionner très spécifiques qu’il faut évidemment prendre en compte », précise-t-il, comme les boites mail qui ont pu présenter plus de difficulté, par exemple.

La plupart des sites se conforment à un même fonctionnement pour les formats texte, mais Youssef explique devoir réaliser des modifications dans des cas très précis. C’est le cas sur Twitter : le site « empêche l’extension de marcher sur les formes finissant en ‘.es’ car Twitter empêche la modification sur ses liens et il s’agit du domaine national espagnol. Sur Twitter au moins, la forme à utiliser est donc ‘·e·s’, par exemple écrire ami·e·s et pas ami•es ».

Youssef prévoit également de créer une extension spéciale pour Google Docs, où l’outil n’est pas fonctionnel, car le site n’accepte pas de modification extérieure. Pour l’instant, l’extension existe uniquement sur ordinateur. « Sur mobile, je songe à créer une extension qui ajouterait le point d’hyphénation sur le clavier, plutôt que de modifier le point de base », fait remarquer l’étudiant. Youssef dit rester à l’affût d’éventuels dysfonctionnements qu’il n’aurait pas encore anticipés, pour prévoir de prochaines améliorations à apporter à l’extension.

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