Instagram aurait supprimé des centaines de comptes d'acteurs et actrices pornographiques ces derniers mois. Des images ont aussi été bannies, alors qu'elles ne contenaient pas de nudité.

Les acteurs et actrices porno ne seraient plus les bienvenus sur Instagram. Plusieurs centaines d’entre elles et eux ont indiqué que leur compte avait été supprimé ces derniers mois du réseau social, alors qu’ils n’y publiaient parfois aucune photo de nu, a rapporté la BBC ce dimanche 24 novembre.

Des photos sans nudité supprimées

Plus de 1 300 personnes ont assuré à une guilde de professionnels APAG (the Adult Performers Actors Guild) que leur compte Instagram avait été supprimé au cours des 12 derniers mois. Selon la dirigeante de cette organisation, l’actrice Alana Evans, les modérateurs discrimineraient les acteurs et actrices pornographiques «  parce qu’ils n’aiment pas la manière dont ils gagnent [leur] vie. »

Un compte Twitter qui a alerté sur les suspensions de comptes. // Source : Numerama

Elle raconte que des photos tout à fait banales, qui ne contenaient pas de nudité, ont été signalées et retirées d’Instagram. Elles respectaient pourtant bien les règles de la plateforme. La modèle Sabrina Nichole s’est ainsi vu supprimer cette image où elle tient une citrouille à la forme suggestive, malgré le fait qu’aucun contenu purement sexuel n’y figure :

« C’est dingue, elle n’est même pas restée en ligne une minute », témoigne-t-elle sur Twitter. Steph, modèle et cosplayeuse, s’est, elle, fait supprimer son compte à cause d’une photo en uniforme scolaire.

En septembre, Instagram a également supprimé le compte de l’actrice Jessica Jaymes, récemment décédée. Alana Evans indique avoir particulièrement mal pris cet événement : elle estime qu’il s’agit d’un manque de respect pour le travail de l’ex-professionnelle. Le compte, suivi par plus de 900 000 personnes, a depuis été réactivé.

Une modération à deux vitesses ?

Dans ses conditions d’utilisation, Instagram précise qu’il «  n’autorise pas la nudité ». «  Cela concerne les photos, les vidéos et les autres contenus numériques présentant des rapports sexuels, des organes génitaux, des plans rapprochés de fesses entièrement exposées (…) [et] certaines photos de mamelons féminins  », est-il précisé.

L’APAG avait mené une campagne pour protester contre la modération jugée discriminatoire d’Instagram. Elle a fini par obtenir un rendez-vous avec des représentants du réseau social, en juin. Durant cette rencontre, Instagram avait annoncé la mise en place d’un nouveau système d’appel pour les acteurs et actrices dont le compte était supprimé. Ces derniers regrettent en revanche que les suppressions de comptes n’aient pas cessé depuis. Ils estiment ne pas être traités comme d’autres modèles ou célébrités, qui publient des contenus dénudés sans être pénalisées.

La blogueuse et danseuse Blogger On Pole précise que des performances de pole dance sont aussi visées par Instagram, qui bannit des publications. L’artiste Dita Von Teese, qui compte 2,4 millions d’abonnés, s’est jointe à leur combat.

L’APAG estime que des organisations anti-pornographie pousseraient Instagram à sévir. Cela semble en tout cas être un mouvement plus global de la part de la plateforme. Le 25, le Telegraph a annoncé que tous les contenus pour adultes seraient bientôt inaccessibles aux moins de 18 ans sur Facebook et Instagram. Ces informations n’ont pour le moment pas été confirmées par les plateformes, que nous avons contactées afin d’en savoir plus.

Ces derniers mois, plusieurs plateformes ont sévi au sujet de la nudité et de la pornographie. C’est notamment lié à l’évolution de la législation américaine : des lois supposées au départ aider à lutter contre le trafic humain poussent des réseaux sociaux à bannir les contenus pornographiques.

Après Tumblr et Twitter, c’est Instagram qui est aujourd’hui pointé du doigt. Pour les professionnels et professionnelles du milieu, l’enjeu est important. Ces plateformes sont devenues un moyen de se faire connaître, de se démarquer. Leurs revenus en dépendent parfois.

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