Les forces de l'ordre européennes annoncent le démantèlement d'un vaste réseau illégal d'IPTV, Xtream Codes. Des centaines de serveurs et des dizaines de comptes PayPal ont été neutralisés.

22 interpellations, 150 comptes PayPal bloqués et 200 serveurs mis hors ligne dans trois pays européens. Tel est le bilan présenté le mercredi 18 septembre par Eurojust, l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne, à la suite d’une opération visant à abattre une « vaste fraude transeuropéenne » à la télévision payante par Internet (IPTV). La cible : Xstream Codes.

Eurojust indique que Xstream Codes a commencé ses activités en 2015. Il rediffusait et vendait « illégalement des produits et services de TV à la carte […] dans divers États membres et pays tiers ». Parmi les victimes mentionnées figurent Netflix, Mediaset, Sky, DAZN et Infinity. Xstream Codes connaissait un vif succès : plusieurs millions de personnes passaient par cette plateforme.

Eurojust IPTV Xstream Codes
La synthèse de l’opération menée par les polices européennes. // Source : Eurojust

Lors d’une conférence de presse, les autorités ont expliqué que ce site donnait accès, via un abonnement unique de 12 euros par mois, aux contenus de plusieurs bouquets de TV. Ce faisant, Xtream Codes aurait causé une perte d’environ 6,5 millions d’euros au marché légal, puisque de nombreux internautes — estimés à des millions — ont préféré opter pour cette solution plutôt que l’offre licite.

Eurojust pour sa part insiste sur la sophistication et l’efficacité de ces suspects, qualifiés de « chevronnés » pour que leur projet fonctionne. L’agence note ainsi que « plusieurs stations de retransmission ont été mises en place grâce à des serveurs spéciaux qui désactivaient le cryptage des programmes originaux et généraient un signal IPTV illégal », enfreignant dès lors la propriété intellectuelle des ayants droit.

Outre la saisie des serveurs, qui s’est déroulée en Allemagne en France et aux Pays-Bas, il est aussi question de la mise sous séquestre de la plateforme principale et de 800 autres sites web qui gravitaient autour de Xtream Codes. Outre les trois pays déjà mentionnés, les autorités bulgare, grecques et italiennes étaient aussi mobilisées pour neutraliser ces flux retransmis sans autorisation.

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