William Moldt avait disparu à la fin des années 1990. Il a été retrouvé par un internaute grâce aux images satellite de Google.

Sur Google Maps, on trouve parfois des scènes plutôt cocasses comme ce chien qui avait suivi le photographe sur son trajet. Il arrive aussi que le service permette de résoudre des mystères d’une toute autre gravité. Un internaute a ainsi retrouvé un homme, 22 ans après sa disparition aux États-Unis, a rapporté la BBC ce 12 septembre.

Disparu en 1997 après une sortie au bar

William Moldt avait disparu le 7 novembre 1997 à Lantana, en Floride. Alors âgé de 40 ans, il était sorti dans un bar. Il avait bu quelques verres puis appelé sa petite amie vers 21h30, pour lui dire qu’il ne tarderait pas à rentrer.

Il était finalement parti vers 23 heures seul en voiture, malgré son taux d’alcoolémie. Il n’était jamais rentré chez lui. La police avait enquêté sur sa disparition, mais sans succès, et l’affaire avait fini par être classée. Aucun autre élément n’avait été apporté depuis la fin des années 1990.

Les forces de l’ordre ont rouvert le dossier après un appel passé fin août. Un anonyme y expliquait qu’il avait vu sur Google Maps une voiture dans un lac, dans la ville de Wellington. Le quartier a pour particularité de compter de nombreux lacs. Des maisons sont situées tout autour.

Le quartier est plein de petits lacs. // Source : Capture d’écran Google Maps

On peut voir ci-dessous la voiture sur une capture d’écran. Elle est de couleur claire et se situe non loin d’une habitation.

La voiture est située au bord du lac // Source : Google Maps / Capture d’écran Numerama

La police est allée sur place et a tiré hors de l’eau le véhicule. Des restes de squelette humain étaient à l’intérieur. Ils ont effectué des tests et une semaine plus tard, ils ont déterminé qu’il s’agissait de William Moldt.

La voiture était visible depuis 2007

L’anonyme qui a appelé la police était un ancien résident du quartier, probablement curieux de voir à quoi ressemblait désormais Wellington. Avant d’appeler la police, il raconte avoir contacté un ancien voisin qui vivait toujours sur place. Celui-ci a fait voler son drone au dessus du lac et a pu confirmer que la tâche blanchâtre aperçue sur Google Maps était bien une voiture.

Le site Charley Project, une base de données spécialisée dans la résolution des affaires classées aux États-Unis, a indiqué que la photo prise par satellite était disponible sur Google Maps depuis 2007. Personne n’y avait prêté suffisamment attention pour remarquer la voiture avant 2019.

La police locale a expliqué à la BBC que la piste de l’accident était privilégiée. William Moldt aurait simplement perdu le contrôle de son véhicule et plongé malgré lui dans le lac, avant de se noyer. Cette piste n’avait jamais été envisagée avant. «  On ne peut pas savoir précisément ce qui est arrivé il y a des années, a regretté la porte-parole Therese Barbera. Tout ce que nous savons c’est qu’il avait disparu de la surface de la terre et qu’il a maintenant été retrouvé. » La famille du défunt a été mise au courant du dénouement de l’affaire.

Il n’a pour le moment pas été précisé si les images satellite seraient renouvelées afin que la voiture n’y apparaisse plus. Google Maps n’a pas pour habitude de le faire. Elle a toutefois déjà accepté de modifier ses images à cause de circonstances exceptionnelles. En 2016, un couple avait fait plier le géant après des mois de combat acharné car l’on apercevait sur des images le corps de leur fils, assassiné en Californie.

Google Maps, entre indices et fausses pistes

Ce n’est pas la première fois que Google Maps est utilisé dans le cadre d’un cas de disparition. En 2015, une voiture noyée dans un lac avait été découverte par l’employé d’une entreprise funéraire, juste à côté de son travail. On a ensuite pu constater grâce à la vue satellite de Google Maps que la voiture était là depuis des années. Dazed raconte qu’on y a retrouvé le corps d’un homme, porté disparu 9 ans plus tôt.

Dans une longue enquête publiée en avril 2019, le New York Times racontait comment la police se sert désormais des historiques Google Maps des suspects pour vérifier ou infirmer leurs dires. Cela peut parfois mettre à mal des alibis.

La police peut se servir elle aussi de Google Maps // Source : Pxhere

Certains internautes se prennent parfois un peu trop au jeu de l’inspecteur. Il y a quelques années, une capture d’écran prise sur le service de cartes de Google a fait le tour du Web. On y voyait ce qui semblait être une scène de crime. Il s’est finalement avéré qu’il s’agissait de deux humains qui jouaient avec leur Golden Retriever sur un ponton en bois.

La police elle-même peut être induite en erreur. En 2016, les forces de l’ordre australiennes ont admis avoir fait une erreur de taille. Se basant sur les données Google Maps, elles avaient mal délimité la propriété d’un homme disparu en 2014. Elles avaient en conséquence fouillé seulement la moitié de son terrain. Son corps a finalement été retrouvé sur l’autre partie de la parcelle, deux ans plus tard. Les proches étaient restés dans l’incertitude durant tout ce temps.

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