Les USA ont prévenu : ils sont prêts à moins coopérer avec les services secrets des pays acceptant la participation de Huawei à la construction du réseau 5G. Cela concerne aussi Londres.

L’alliance dans le renseignement entre le Royaume-Uni et les États-Unis pourrait-elle souffrir de la décision de Londres de laisser Huawei participer à l’édification du réseau 5G outre-Manche ? C’est le message qu’a fait passer lundi 30 avril un responsable américain, dont le pays est en conflit ouvert avec l’équipementier chinois à cause de ses liens supposés avec Pékin.

Robert Strayer, qui officie comme sous-secrétaire adjoint au sein du département d’État américain, a déclaré, selon des propos rapportés par le Guardian, que Washington pourrait être contraint de « réévaluer sa capacité à partager des informations et à s’interconnecter » si Londres ou un autre pays occidental faisait appel à un fournisseur non fiable. Comprendre : s’il autorisait Huawei à participer au chantier de la 5G.

Une telle mise en garde n’est pas nouvelle : elle avait été déjà formulée à l’endroit de Berlin, en mars.

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Des techniciens de Huawei à a manoeuvre. // Source : Huawei

Fuite dans la presse

En matière de renseignement, le Royaume-Uni est sans aucun doute le pays dont les liens sont les plus étroits avec l’oncle Sam. Les deux pays collaborent dans le cadre de leur relation spéciale, forgée au fil de l’histoire, mais aussi dans le cadre d’accords secrets, à l’image du traité UKUSA, qui implique d’autres pays anglophones très proches (Canada, Australie et Nouvelle-Zélande).

La décision d’autoriser Huawei à participer au réseau 5G du Royaume-Uni devait être officialiser ultérieurement, mais l’information a fuité dans la presse. Cette sortie avant l’heure a donné lieu à une mini-crise outre-Manche, avec une enquête les ministres, les conseillers et les fonctionnaires qui ont à une réunion du conseil de sécurité nationale. Des désaccords auraient eu lieu au sein de l’exécutif.

Selon les éléments qui ont fuité, le feu vert de Londres est toutefois assorti de plusieurs restrictions : Huawei n’aurait pas le droit de déployer son matériel partout. Il n’aurait pas accès au cœur du réseau ni à n’importe quelle infrastructure essentielle. Sa contribution est censée être encadrée et limitée. De quoi apaiser l’agitation croissante du grand frère américain sur le dossier de la 5G ?

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