Un photographe a demandé à des adolescentes de retoucher des photos d'elles pour les publier sur un réseau social. Il montre en quoi les selfies modifiés peuvent poser problème.

«  Selfie Harm », c’est le nom de l’un des derniers projets de John Rankin Waddell, alias Rankin. Le photographe a voulu montrer au travers d’une série d’images en quoi la retouche systématique de selfies peut poser problème.

Il détaille son travail dans une publication Instagram datée du 30 janvier, repérée par Engadget. « J’ai photographié des adolescentes et je leur ai donné l’image pour qu’elles puissent la retoucher ou mettre des filtres », explique-t-il. Les ados, âgées de 14 à 18 ans, devaient faire comme si elles allaient publier la photo sur leurs réseaux sociaux.

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For my latest series, Selfie Harm 🤳 I photographed teenagers & handed them the image to then edit & filter until they felt the image was ‘social media ready’. People are mimicking their idols, making their eyes bigger, their nose smaller and their skin brighter, and all for social media likes. It’s just another reason why we are living in a world of FOMO, sadness, increased anxiety, and Snapchat dysmorphia. It’s time to acknowledge the damaging effects that social media has on people’s self-image. Thanks to : the incredible individuals that took part in the @Visual.Diet project ; Jennifer, Felix, Alessandra, Maisie, Isaac, Seb, Beneditcte, Shereen, Mahalia, Eve, Siena, Tomas, Emma & Georgia. Also, @mimigray_ at @mcsaatchilondon, @marinetanguyart, @gemfletcher, @technicallyron & @justintindall on making this project come to life 🙌 PLEASE NOTE 📝 The majority of subjects preferred their original image.

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Likes et dysmorphophobie

Le « avant / après » est édifiant. Les adolescentes font en sorte que leurs yeux soient plus grands, leur nez plus petit, leur bouche plus pulpeuse et foncée, leur peau lisse et brillante. Les cernes et petits boutons sont gommés. Selon Rankin, elles tenteraient ainsi de ressembler à leurs idoles, « pour [obtenir] des likes ».

Le sujet dépasse évidemment la question du nombre de « j’aime » sur les photos de ces adolescentes. Comme le note le photographe, cette tendance à beaucoup retoucher doit aussi être liée à un sentiment d’anxiété produit ou accentué par les réseaux sociaux, et à ce qu’on nomme la dysmorphophobie – le fait de voir ce qu’on juge être chez nous un défaut bien plus gros qu’il ne l’est. « Il est temps de reconnaître les effets négatifs que les réseaux sociaux peuvent avoir sur l’image de soi », juge l’artiste.

La « dysmorphophobie Snapchat » est un phénomène étudié par le corps médical. L’utilisation de filtres ou d’applications de retouches comme la populaire Facetune peut s’apparenter à une sorte de chirurgie esthétique virtuelle (voire pousser à une vraie chirurgie). Les personnes qui en sont atteintes le subissent souvent sans s’en rendre compte. Rankin écrit que paradoxalement, les adolescentes préféraient toutes la photo non retouchée d’elles, à celle retouchée.

Le logo Instagram. // Source : Instagram

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