Après avoir perdu son immunité parlementaire, Marine Le Pen est désormais mise en examen. Elle est poursuivie pour avoir publié fin 2015 des tweets contenant des images dévoilant les exactions de Daech. Or, la loi réprime la « diffusion d’images violentes ».

Marine Le Pen va devoir s’expliquer devant la justice. La présidente du Front national vient en effet d’être mise en examen jeudi 1er mars pour avoir publié sur son compte Twitter, le 16 décembre 2015, plusieurs photos exposant la cruauté de l’organisation État islamique. Ces clichés avaient été mis en ligne par la patronne du FN à la suite d’une interview qui l’avait hautement agacée.

Invité par RMC et BFM TV, Gilles Kepel, un politologue et sociologue spécialiste de l’islam et du monde arabe contemporain, avait, au cours de sa démonstration au micro de l’animateur Jean-Jacques Bourdin, établi un parallèle entre le Front national et Daech. Marine Le Pen était alors montée au créneau, tout comme ses partisans, pour dénoncer ces propos.

Pour médiatique qu’elle a été, la tactique de Marine Le Pen s’est toutefois retournée contre elle. S’il ne fait absolument aucun doute que Daech a commis et commet des atrocités en Irak et en Syrie, ainsi que dans d’autres endroits dans le monde, et s’il est indispensable de les documenter et de les dénoncer, les contenus visuels ne peuvent pas être publiés tels quels, du fait de ce qu’ils véhiculent.

Marine Le Pen a donc été mise en examen pour « diffusion d’images violentes » , selon le parquet de Nanterre. Ce dernier avait dès le 16 décembre 2015 lancé une enquête en ce sens, après un signalement effectué par Bernard Cazeneuve, alors ministre de l’Intérieur. Le contexte était alors particulier : plusieurs attentats ou tentatives d’attentats s’étaient produits en France, notamment un mois avant.

Bernard Cazeneuve avait signalé ces tweets.
CC Toms Norde

Perte de l’immunité parlementaire

Marine Le Pen, également députée du Pas-de-Calais, était il y a encore quelques mois tranquille, puisque son statut de parlementaire lui donnait une immunité judiciaire. Mais au début du mois de novembre 2017, le bureau de l’Assemblée nationale, la plus haute autorité collégiale de la chambre basse du parlement français, a décidé de ne plus maintenir cette protection juridique de la députée d’extrême-droite.

Il est à noter que Gilbert Collard, député proche de Marine Le Pen, est dans la même que sa patronne, pour avoir lui aussi diffusé des clichés d’une rare violence.

L’inculpation de Marine Le Pen pourrait l’amener à devoir purger une peine de trois ans de prison et payer une amende de 75 000 euros d’amende. De toute évidence, les poursuites se font sur le fondement de l’article 227-24 du Code pénal. Bien entendu, il s’agit-là des plafonds prévus par la loi et la justice pourrait se montrer nettement moins sévère. En outre, Marine Le Pen aura la possibilité de faire appel.

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