Le géant industriel français Safran aurait vendu au FBI une solution biométrique qui contient du code russe. L'entreprise est aujourd'hui dans le collimateur de la justice pour avoir caché cette information.

Le géant Français Safran fournit au FBI, ainsi qu’à différentes agences américaines, une solution d’analyse des empreintes biométriques. Mais selon deux anciens employés de l’entreprise française, ce logiciel contiendrait du code réalisé par une société proche du Kremlin.

Pour BuzzFeed News, cette révélation pose la difficulté pour les administrations américaines de respecter leur vœu de se séparer de tout code possiblement utilisable par les Russes à l’encontre des intérêts américains.

Un algorithme aux origines cachées

C’est cette même logique qui provoquait le bannissement, à l’automne, des logiciels Kaspersky par les fonctionnaires américains. Une décision argumentée par des suspicions que réfute l’entreprise russe comme de nombreuses autorités étrangères, notamment européennes.

Toutefois, les solutions Kaspersky ne seraient pas le seul code russe utilisé par les autorités américaines. Ainsi, lorsque Safran propose au FBI un programme d’analyse biométrique, le Français aurait recours à un code acheté à Papillon Systems, une entreprise russe. Cette dernière travaille main dans la main avec le FSB, les services secrets du Kremlin.

Un lanceur d’alerte, Philippe Desbois, ancien directeur des opérations russes pour Safran, a expliqué à BuzzFeed qu’il anticipait la découverte du FBI. En interne, Safran aurait déjà évoqué la probabilité que les Américains s’aperçoivent de l’ajout de code russe au logiciel acheté en 2011. « Nous aurons un gros problème si le FBI réalise l’origine de notre algorithme  » aurait confié un employé de Safran à la source de BuzzFeed.

Un des employés à l’origine de la fuite s’est protégé juridiquement pour dénoncer publiquement Safran. Il accuse le Français d’avoir frauduleusement obtenu 1 milliard de dollars des services américains en leur vendant un produit dont l’origine était fausse. En justice, Safran n’a pas nié qu’une partie de son code était russe, mais se défausse aujourd’hui sur un sous-traitant. Quant au FBI, il préfère s’abstenir de tout commentaire.

Néanmoins, le Français risque de ne pas refaire affaire avec les forces de l’ordre américaines sans une clarification préalable, au vu du climat actuel. Pour rappel, des suspicions de proximité entre Kaspersky et le Kremlin ont suffi à Washington pour bannir soudainement l’éditeur.

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