Des députés ont fait adopter un amendement, qui entend fixer une nouvelle règle aux influenceurs et influenceuses tentés par l’aventure OnlyFans, Mym et compagnie : il leur faut éviter toute promotion si celle-ci risque d’être vue par des mineurs.

Gare aux influenceurs et influenceuses qui se risqueront à l’avenir à promouvoir des plateformes hébergeant surtout du contenu pornographique, comme OnlyFans et Mym. Dans le cadre de l’examen du projet de loi sur la sécurisation et la régulation de l’espace numérique (dite loi SREN), les députés ont validé une nouvelle règle à suivre.

L’amendement, adopté ce jeudi 5 octobre 2023 à l’Assemblée nationale, entend mettre le holà sur une tendance observée dans le milieu de l’influence. Selon le député à l’origine de la proposition, Stéphane Vojetta, « l’essor de [ces] plateformes a conduit de nombreux influenceurs à élargir leur activité », en allant vers des contenus plus ou moins érotiques, voire pornographiques.

Le parlementaire, qui était l’un des deux rapporteurs de la loi sur la lutte contre les arnaques et les dérives des influenceurs sur les réseaux sociaux (dite loi sur les influenceurs), ne vise pas une interdiction totale de ce type de publicité. Il s’agit d’agir pour que cette réclame ne touche que les adultes, qui ont l’âge requis pour voir ces contenus.

Onlyfans  // Source : Charles Deluvio / Unsplash
La mesure cible les influenceurs et les influenceuses. // Source : Charles Deluvio / Unsplash

Le raisonnement est le suivant : des influenceurs et des influenceuses ont dans leur communauté des mineurs, à la proportion variable. Or, l’émergence de réseaux sociaux avec abonnement, qui servent à vendre des contenus X, attire une partie de ces stars du net. Dès lors, il y a un risque de porosité qui conduira des enfants à être confrontés à des contenus de personnalités qu’ils suivent, mais qui ne sont pas de leur âge.

Il s’agit donc « d’éviter que ces publics vulnérables accèdent à des contenus qui leur sont interdits », lit-on dans l’exposé des motifs. Les influenceurs devront s’abstenir de promouvoir leur espace OnlyFans, Mym ou autre sur les réseaux sociaux, si ceux-ci n’offrent pas de solution technique, pour préserver les mineurs de la lecture de certains messages.

En clair, si un outil de filtrage permet de ne viser que sa communauté ayant plus de dix-huit ans, cette promotion reste possible, à condition que les messages vers ces plateformes soient inaccessibles aux enfants. Dans le cas contraire, si aucun outil ne peut être activé, alors il est interdit de faire cette promotion, directement ou bien indirectement.

750 euros d’amende en cas d’infraction

On devine qu’une publication explicite sur Twitter, Facebook ou Instagram tombe sous le coup de cette règle, à laquelle est associée une amende de 750 euros en cas d’infraction. C’est moins évident pour les liens dans les biographies et les bannières personnalisés. Le flou s’épaissit davantage pour des pages plus génériques qui servent à indiquer où retrouver la star partout sur le web — on pense à un service tel Linktree, qui agrège tous les liens de son choix.

Reste enfin la question de la portée de la mesure : les influenceurs et influenceuses provenant de l’Hexagone entrent dans le champ d’application de cette loi. Mais pour ce qui est de toutes les autres célébrités étrangères qui utilisent aussi les réseaux sociaux fréquentés par le grand public pour faire leur promotion vers des services pour adultes, cela apparaît comme une autre paire de manches.

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