Le moteur de recherche français Qwant a annoncé le lancement de Qwant Causes, un service qui permet de verser l'argent généré par la publicité en ligne aux associations de son choix.

C’est l’autre grande actualité de Qwant de ce mois de mai 2019. Outre l’annonce d’une coopération approfondie avec Microsoft pour améliorer le fonctionnement de son moteur de recherche, l’entreprise française a lancé Qwant Causes. Il s’agit d’un service à travers lequel un internaute peut transférer à l’association de son choix la valeur des clics qu’il fait sur des publicités en ligne.

Dans les grandes lignes, le fonctionnement est le suivant : lorsqu’un internaute suit un lien publicitaire via Qwant Causes, il génère des points qui ont de la valeur. À la fin du mois, il a alors la possibilité de reverser la valeur de ces points à l’association de son choix (ou s’il ne sait pas quel organisme choisir, les sommes seront reversées automatiquement à la cause du mois, qui est désignée par le moteur de recherche).

Qwant Causes panneau latéral
Le panneau latéral pour gérer ses dons.

Quid de la défiscalisation ?

Dans son principe, Qwant Causes est similaire à Ecosia (qui reverse une part de ses gains pour planter des arbres) ou à Lilo (qui fait de même pour des projets sociaux et environnementaux). Mais puisque l’on parle de dons à des associations, une question légitime se pose : quid de la défiscalisation ? Est-ce qu’elle est possible, que ce soit pour les internautes ou pour Qwant ?

Sollicité à ce sujet, un porte-parole vient doucher les éventuels espoirs de ceux et celles qui auraient voulu utiliser leur système à leur profit : « Les particuliers ne sont pas éligibles à une quelconque déduction d’impôt », explique l’entreprise. Pour une raison simple : « ces dons ne sont pas directement issus des finances de l’internaute ». Ce dernier ne fait in fine que réorienter de la valeur.

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Pas de défiscalisation en vue avec ce système. // Source : Sylv

Il ne s’agit pas non plus pour Qwant d’utiliser ce nouveau service comme d’un moyen habile et discret de défiscalisation. « L’objectif n’est pas de faire de l’argent sur le dos des associations », rappelle à Numerama le moteur de recherche français. Pas question, donc, de profiter d’un tel avantage fiscal, maintenant ou à l’avenir, à supposer que cela soit possible. « Ce n’est nullement prévu », insiste la société. L’image de marque en ressortirait, il est vrai, quelque peu froissée.

Les règles fiscales françaises prévoient aujourd’hui deux réductions possibles selon la structure qui bénéficie du don. La réduction est de 66 % pour les oeuvres d’intérêt général ou d’utilité publique. Elle atteint 75 % pour les organismes d’aides aux personnes en difficulté. Il existe toutefois des plafonds dans les deux cas, basés entre autres sur les revenus imposables du donateur.

Un millier d’associations référencées

Qwant Causes recense aujourd’hui plus d’un millier d’associations. Dans le cas où l’une d’elles ne serait pas référencée, le moteur de recherche propose un formulaire pour qu’elle puisse être ajoutée ultérieurement. Attention : Qwant n’accepte pas tout et n’importe quoi. Il faut que l’organisme soit une association reconnue d’utilité publique, une association d’intérêt général, une fondation ou un fonds de dotation.

Concernant le transfert des fonds, celui-ci n’est pas opéré directement par Qwant, mais par un partenaire, HelloAsso, qui est déjà implanté au sein de 75 000 associations sur le territoire. Il est à noter d’ailleurs que sur la question de la confidentialité des dons, Qwant reste sur une logique d’absence de collecte de données, pour ne pas pouvoir remonter vers un donateur et savoir combien et a qui il a donné.

Quant à la sélection mensuelle de la cause et de l’association mises en avant, ce sont les équipes de Qwant Causes et la communauté qui s’en chargeront. Les critères de sélection ne sont pas précisés, mais l’actualité ne sera pas nécessairement l’un d’eux, nous précise-t-on. En mai, la cause sélectionnée est le féminisme (sur des sujets comme la parité, la violence, l’exclusion sociale) et l’association est CARE France.

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