Les CD et vinyles souffriraient moins des évolutions du secteur musical que le téléchargement légal, qui lui subit de plein fouet la montée en puissance du streaming. Les supports physiques connaissent en effet un rebond grâce au succès du vintage.

Qui a osé dire que les CD et  les vinyles n’étaient plus dans le coup ? Profitant du succès du vintage, ces formats physiques qui ont pourtant quelques dizaines de décennies de carrière derrière eux n’ont de cesse de gagner en popularité. Si bien qu’aujourd’hui, ils sont plus prisés que le téléchargement légal, dépassant ce dernier dans les ventes — chose qui n’était pas arrivée depuis 2011 !

C’est ce que pointe un rapport publié par la Recording Industry Association of America (RIAA), le lobby de l’industrie du disque aux États-Unis. Les téléchargements sous un format numérique ont chuté, en valeur, à 1,3 milliard de dollars l’an dernier. Quant aux médias physiques « classiques », eux, ont baissé à 1,5 milliard dollars.

Ces trajectoires étaient assez attendues : pourquoi en effet acheter des titres à l’unité, sous la forme de singles ou d’albums, lorsqu’il est possible d’accéder à un catalogue musical de plusieurs dizaines de millions de chansons pour une dizaine d’euros par mois ?

Sur un strict plan financier, le streaming apparaît comme plus économique — même s’il pose d’autres enjeux , comme le fait qu’on achète un droit d’accès et non pas les titres eux-mêmes

Le streaming, leader tranquille

En termes d’usage, le streaming fait d’ailleurs largement la course en tête. Pour rappel, en 2016, l’industrie musicale a réalisé pour la première fois plus de la moitié de son chiffre d’affaires avec le streaming. Une tendance confirmée l’année suivante, où cette fois-ci près des deux tiers des revenus, soit près de 5,7 milliards de dollars, provenaient de l’écoute depuis des plateformes musicales.

Des chiffres intrinsèquement liés aux inscriptions payantes aux plateformes Spotify ou Apple Music, pour ne citer qu’elles, et qui ont plus que jamais le vent en poupe, même si leur modèle économique demeure relativement fragile. On se souvient par exemple des résultats de 2015 de Spotify qui montraient que le service de musique en ligne peinait à dégager des bénéfices malgré un succès croissant depuis six ans.

Extrait du rapport de la RIAA.

CD et vinyles, futures victimes de la hype ?

Quant aux CD et aux vinyles, peuvent-ils un jour espérer égaler, voire même dépasser le streaming en popularité ?

Ce serait hasardeux de l’affirmer, même si plusieurs études tendent à montrer que les supports physiques, et tout particulièrement l’immense galette noire, doivent beaucoup de leur succès à l’intérêt que leur porte la jeune génération, désireuse d’accéder à un objet de collection que l’on dit capable de proposer un son un peu différent.

Fait amusant : selon un sondage de la BBC, seulement 52 % des acheteurs interrogés écouteraient les disques glanés, quant 7 % d’entre eux ne possèdent même pas de platine pour les faire fonctionner ! Preuve qu’il s’agit peut-être bel et bien d’un simple effet de mode qui, par essence, est condamné à trépasser. Réponse dans les années à venir.

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