La Cnil annonce s'être rapprochée de l'association Signal Spam pour mieux agir contre les courriers indésirables. L'organisation en profite pour annoncer un changement de tactique et pour indiquer l'existence d'un outil permettant de signaler le spam très facilement.

Votre boîte aux lettres reçoit un peu trop de courriers indésirables à votre goût ? Vous avez beau prendre garde à ne pas laisser traîner votre adresse électronique n’importe où, vous avez chaque jour du spam qui se mêle à votre correspondance ? Les filtres des grandes messageries, comme Gmail, ne vous donnent pas entière satisfaction ? Alors peut-être est-il temps d’envisager une autre approche.

Vous avez la possibilité de vous inscrire sur le site de l’association Signal Spam et de télécharger une extension pour navigateur (elle est disponible pour Firefox, Chrome et Safari) ou un module pour votre logiciel de messagerie (Thunderbird, Outlook, Mail OSX Sierra, Mail OSX El Capitan). Une fois cela fait, vous pourrez signaler des spams en un seul clic.

Une vidéo de mise en route est fournie par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil). Dans les grandes lignes, une fois que vous avez téléchargé le module et l’avez configuré, il vous suffit d’ouvrir le spam que vous avez reçu dans votre boite aux lettres et de cliquer sur l’icône de signalement. Le logiciel récupérera alors le contenu du courrier indésirable.

Ensuite, « le contenu de ces mails seront transmis au service de l’association Signal Spam pour analyse. votre signalement permet d’identifier les criminels, d’informer les autorités, d’être automatiquement désinscrit auprès des routeurs membres, d’imposer des pratiques commerciale plus respectueuses  des internautes et bien sûr d’améliorer la protection de votre ordinateur », pointe la Cnil.

Spam. Allégorie.

Si nous vous parlons de cet outil, c’est parce que l’association Signal Spam et la Cnil ont annoncé ce jeudi 6 juillet un renforcement de leur coopération. En particulier, l’autorité administrative va désormais réaliser un traitement collectif des plaintes plutôt que de s’en tenir à une instruction individuelle « qui a montré ses limites ». Cette nouvelle approche doit permettre de « lutter plus activement contre le spam ».

Concrètement, « la centralisation plus systématique des signalements auprès de la plateforme Signal Spam permettra à la Cnil de disposer d’une vision globale du phénomène, et donc de conduire des investigations et une politique répressive plus efficaces », développe l’organisme. Et c’est avec cette masse de signalements qu’il peut ensuite « mener des actions de contrôles et des actions répressives ciblées ».

Boîte lettre mail
CC Fabian Reus

La participation à Signal Spam contribue à « identifier les principaux organismes à l’origine de ces spams et à agir en priorité sur les signalements les plus fréquents », rappelle la Cnil. Signal Spam mobilise aussi des hébergeurs web, les forces de l’ordre, les opérateurs, les annonceurs, les routeurs relayant ces messages et les services fournissant des outils anti-spam.

Côté législatif, l’arrivée en 2018 du règlement européen sur la protection des données va mettre encore plus de pression sur les spammeurs, puisqu’il faudra prouver qu’ils ont bien recueilli le consentement des personnes. En outre, la responsabilité des sous-traitants pourra aussi être engagée en cas de manquement. Enfin, les amendes pourront atteindre, dans le cas d’une société, 4 % du chiffre d’affaires.

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