Au Royaume-Uni, des informaticiens ont développé un algorithme capable de repérer les faux profils sur Internet. Ils espèrent l'améliorer suffisamment pour permettre leur signalement sur des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. En attendant, le système fait ses premiers pas sur le site porno PornHub, qui ne manque pas de faux utilisateurs.

Les faux profils ont-ils trouvé leur pire ennemi ? Des informaticiens de l’université d’Édimbourg, de l’université Queen Mary de Londres et du King’s College de Londres, ont créé un système capable de repérer les faux profils d’utilisateurs sur Internet, généralement prisés par les escrocs — mais pas seulement, comme le confirment leurs résultats.

L’outil se concentre sur les deux caractéristiques essentielles d’un profil : l’âge et le sexe. L’idée est de parvenir à identifier ces faux comptes pour améliorer la vie — et la sécurité — sur les réseaux sociaux, alors que Facebook a supprimé 30 000 faux comptes récemment en France, et tente aussi de les repérer plus facilement.

Pour s’entraîner, leur système s’est attaqué à une base de données idéale en la matière : plus de 5 000 profils vérifiés sur la plateforme de vidéos pornographiques PornHub. Ce type de site contient en effet de nombreux faux profils — pour escroquer les internautes ou simplement multiplier son nombre de vues –, ce qui permet à l’algorithme d’apprendre plus efficacement. Walid Magdy, de l’université d’Édimbourg, s’en félicite : « Les sites porno sont remplis d’utilisateurs qui prétendent être quelqu’un d’autre. Ils constituent donc un terrain d’essai parfait pour les techniques de repérage des escrocs. »

40 % d’utilisateurs mentent sur leur âge

À partir de ces différentes données anonymisées — la façon d’écrire des commentaires, les interactions avec d’autres utilisateurs ou vidéos… –, le système s’est peaufiné pour parvenir à évaluer avec 90 % de réussite l’âge et le sexe des utilisateurs aux profils non vérifiés… et ainsi repérer les discordances. Résultat : près de 40 % des utilisateurs de PornHub mentent sur leur âge, quand un quart fait de même en prétendant être une femme ou un homme.

Yehia Elkhatib, en charge de l’analyse des données récoltées, met en avant une autre découverte : « Les femmes, bien qu’en minorité parmi les utilisateurs du site, ont plus tendance, en proportion, à mentir sur leur sexe. L’étude s’est aussi penchée sur leurs motifs. Sans résultats supplémentaires, il est difficile d’être catégorique mais nous pensons qu’elles se font passer pour des hommes afin d’éviter un intérêt trop accru [des autres utilisateurs] sur ces sites. »

Reste à savoir si le système pourra fonctionner aussi efficacement sur d’autres réseaux sociaux moins spécialisés, comme Facebook et Twitter. Walid Magdy compte là-dessus : « Nous espérons que notre [travail] permettra l’émergence d’outils utiles pour signaler les faux comptes et assurer la sécurité sur tout type de réseaux sociaux. »

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