Dans une longue lettre ouverte, Mark Zuckerberg affirme vouloir rendre Facebook plus personnalisable pour renforcer le sentiment d'intégration de ses utilisateurs. Le patron du réseau social au 1,8 milliard d'utilisateurs annonce notamment la possibilité de définir soi-même le degré de nudité et de violence toléré dans les photos.

« Sommes-nous en train de construire le monde que voulons tous ? » Dans sa lettre ouverte publiée jeudi 16 février sur Facebook, Mark Zuckerberg détaille longuement sa vision pour le futur du réseau social au 1,8 milliard d’utilisateurs mensuels, vivement critiqué ces derniers mois pour son rôle dans l’expansion de la désinformation. Cet avenir se fonde selon lui sur des initiatives destinées à réintégrer, sur le réseau social et dans le monde extérieur, ceux qui se sentent laissés pour compte par la mondialisation.

Zuckerberg explique ainsi : « L’objectif de Facebook est de nous rapprocher et créer une communauté mondiale. […] Chaque année, le monde devient de plus en plus connecté, ce qui est perçu comme une tendance positive. Et pourtant, tout autour de la planète, on trouve des personnes abandonnées par la mondialisation et des mouvements en faveur de moins de connectivité mondiale. […] Dans des moments comme celui-ci, la chose la plus importante que nous pouvons faire chez Facebook c’est de développer l’infrastructure sociale pour permettre à la population de créer une communauté nationale qui fonctionne pour tout le monde. »

Zuckerberg

Nudité et violence : à chacun son degré de tolérance

Zuckerberg a profité de cet exercice de communication pour annoncer quelques changements concrets prévus sur le réseau social. Le plus important reste la possibilité de paramétrer soi-même le degré de nudité et de violence de contenu jugé acceptable sur les contenus de son fil d’actualité. Cette fonctionnalité est particulièrement attendue au vu de la tendance bien connue de Facebook à censurer des contenus jugés choquants à cause d’un semblant de nudité.

En septembre, le réseau social avait fait polémique en supprimant de la page d’un célèbre quotidien norvégien le célèbre cliché de la petite fille au Napalm, cette photo de 1972 qui symbolise l’horreur de la guerre du Vietnam. Face aux réactions outrées du public, l’équipe dirigeante de Facebook avait fini par admettre son erreur.

À l’avenir, Mark Zuckerberg entend donc « permettre à chacun(e) de personnaliser ce contenu. Où mettez-vous la limite en matière de nudité ? Et sur le contenu choquant et la grossièreté ? Vos choix deviendront vos paramètres personnels. »

Facebook prévoit aussi d’interroger régulièrement ses membres sur ces sujets afin que les utilisateurs qui n’ont pas personnalisé leurs réglages bénéficient par défaut des paramètres dominants dans leur zone géographique, sur le modèle d’un référendum. Tout en gardant la possibilité de les modifier si l’envie les prend plus tard.

Plus d’implication au niveau local

Facebook promet également d’améliorer l’intelligence artificielle en charge de déceler automatiquement les contenus contrevenant à ses règles d’utilisation, qui repère déjà 30 % des éléments signalés. À terme, celle-ci doit être capable de faire la différence entre un article d’actualité évoquant une attaque terroriste et une publication de propagande terroriste.

Pour inciter les citoyens à renouer contact au sein même de leur communauté, Facebook leur suggèrera en priorité des groupes liés à une activité locale (un club de sport, du bénévolat…). Une initiative louable mais qui requiert, comme souvent, un accès toujours plus poussé aux données personnelles de l’utilisateur.

Mark Zuckerberg se garde bien de fixer une date de lancement pour ces nouvelles fonctionnalités mais, à en juger par la teneur de son discours, il faut s’attendre à un déploiement sur le long terme. Et garder à l’esprit que ces changements sont par définition fluctuants puisqu’ils restent soumis à l’adoption ou au rejet des utilisateurs, premiers juges de leur efficacité.

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