Les autorités russes ont toujours l'intention de se débarrasser de Windows. À la place, les administrations doivent passer sur Linux.

Depuis plusieurs années, la Russie cherche à échapper à l’influence des États-Unis dans les domaines du numérique et de la technologie. Pour des questions de souveraineté et de fierté nationale, le plus grand pays du monde et rival stratégique des USA s’efforce de développer ses propres capacités afin de ne plus dépendre de solutions étrangères, en particulier américaines.

Russie
CC Mariano Mantel

Cet objectif de « désaméricanisation » se traduit par plusieurs projets qui touchent les secteurs suivants : moteur de recherche pour ne plus dépendre de Google, processeurs pour échapper à Intel et AMD, plateforme mobile pour se passer d’Android, et bien sûr système d’exploitation pour en finir avec Windows. Mais entre la volonté politique et la mise en pratique, il faut s’armer de patience.

Cinq ans après la décision de Vladimir Poutine de basculer les infrastructures étatiques de Windows à Linux, la transition n’est visiblement pas encore tout à fait opérée. Mais à en croire le nouveau responsable de la politique numérique et technique du Kremlin, German Klimenko, c’est un but qui est toujours suivi par le gouvernement russe. C’est en tout cas ce qu’il a confié à Bloomberg.

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Objectif Linux pour la Russie.

Et à l’entendre, pas moins de 22 000 collectivités territoriales sont d’ores et déjà prêtes à passer immédiatement de Windows à Linux. Il s’agit d’une bascule « inévitable », mais qui ne concerne que les ordinateurs gouvernementaux. Le grand public n’est pas tenu de suivre les mêmes directives que es administrations de l’État.

Reste une interrogation : la politique suivie par la Russie ne va-t-elle pas conduire les firmes américaines à faire pression, en mettant dans la balance un éventuel départ du pays ? Si ce scénario demeure incertain, German Klimenko ne semble pas s’en alarmer outre-mesure. Prenant le cas de Google, il estime que « ça ne sera pas fatal s’il quitte la Russie — Yandex et Mail.ru ont des technologies similaires ».

L’OS souverain intéresse en France

La question de la souveraineté dans le domaine numérique et technologique ne se pose pas qu’en Russie. En France, les députés ont voté en commission le mois dernier la création d’un commissariat à la souveraineté numérique qui aurait la responsabilité de créer un système d’exploitation français. Orange avait exprimé son intérêt sur le sujet il y a quelques années, mais communique très peu dessus.

Si le sujet a provoqué de nombreuses railleries, la question d’un OS souverain mérite d’être étudiée. Outre le prix, qui pourrait dépasser allègrement la barre du milliard d’euros, il reste à savoir de quelle souveraineté on parle : celle de l’État français ? Ou celle des Français sur l’OS qui est sur leur PC ? Ça n’a pas tout à fait les mêmes incidences, car une version pourrait être plus vérolée que l’autre.

Des travaux existent sur le sujet. L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information planche par exemple depuis dix ans sur CLIP, un OS « multiniveau » ultra-sécurisé. Toutefois, l’ANSSI n’est pas partie d’une feuille blanche : le projet a d’abord été basé sur le système d’exploitation FreeBSD, avant de basculer sur Linux.

La barre rouge en haut de l'écran montre qu'on est dans le niveau haut.
L’interface de CLIP.

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