Deuxième jour au Festival d'Annecy, dans lequel l'animation côtoie l'alcool et le marché du film.

Au deuxième jour, le rythme est plus calme et les salles moins pleines. Pourquoi ? Car les festivaliers ont bien compris que leurs petits corps enjoués ne pouvaient supporter la canicule, des heures de projections / rencontres / conférences ET la fête. Cette douce fête (où l’alcool coule souvent gratuitement à flot).

Dans mon cas, j’ai décidé de l’oublier, la fête, histoire de me concentrer sur mes articles et mon emploi du temps du lendemain. Du coup, dans la journée de mardi, j’étais fraîche et mon cerveau était totalement disponible pour profiter pleinement des séances et des rencontres.

C’est ainsi que je me suis rendue à la séance des « Courts-métrages en compétition 3 ». Encore enjouée de la pure qualité de la précédente sélection je m’assois dans mon siège en espérant voir d’aussi bonnes productions. C’est alors que commence Aenigma, un psychotrip visuel en 3D – avec lunettes – où s’enchaînent pendant prés de dix minutes des personnages multicolores qui se désintègrent tranquillement au fil du film. Les plans se succèdent, magnifiques et détaillés, mais le court-métrage s’apparente plus à une démonstration graphique pas vraiment structurée. Réalisé par Antonios Ntoussias pour la Grèce, les références mythologiques ne manquent pas mais les dix minutes se font ressentir. À voir avec les yeux bien ouverts et les neurones déconnectés.

Min Börda démarre de manière inattendue et hilarante : des sardines chantent leurs névroses a capella au sein de l’hôtel « Long stay ». Les spectateurs de la salle, hilares, ont l’œil qui brille et applaudissent même à certains moments. Le film est une critique animée de la routine et des frustrations banales qui habitent beaucoup d’entre nous. On rigole, on se reconnaît dans les paroles de cette comédie musicale barrée. On en redemande.

Google et autres superpuissances de services technologiques en prennent pour leur grade dans I want Pluto to be a Planet Again, une romance transhumaniste qui se déroule dans un futur proche. L’histoire d’un H- qui tombe amoureux d’une H+ et mettra toutes les chances de son côté pour rejoindre cette élite tant adulée. Réalisé en noir et blanc et en 2D, le film nous met face aux aspirations superficielles qui nous habitent parfois tout en nous rappelant de ne pas perdre notre âme. Beau et touchant.

L’après-midi, je prends le temps de discuter avec Rachid El Guerrab, Technical Project Lead pour Google Spotlight Stories. Il me raconte les plus gros challenges d’une production en VR, tant au niveau technique qu’artistique. Mais ça, vous le lirez plus tard dans une interview bien cool.

Le grondement du tonnerre n’effraie pas les festivaliers qui marchent tranquillement le long du lac afin de rejoindre le MIFA. De mon côté, je m’y rend grâce à la navette du festival et y rencontre au passage deux producteurs. Ça tombe bien, car aujourd’hui j’ai décidé de tout donner pour présenter mon projet de mini-série, Guerre du Golf. Déterminée et avec une touche de rouge à lèvres, je m’engouffre sous le chapiteau énorme en quête de producteurs. Si ma présentation est claire et limpide, ma lèvre inférieure commence à trembler légèrement de stress. C’est ok, je me rends sur la terrasse afin de décompresser une fumant une menthole. Au passage, un animateur de chez Mc Guff m’offre une sac avec des Minions dessus. C’est encore ok.

À la fin de l’après-midi, je suis plutôt ravie. En fait, au lieu de me faire refouler froidement, plusieurs producteurs ont pris le temps de s’intéresser à mon projet et même de me demander plus d’informations et de visuels. Faut dire, mon concept est plutôt fun et original : dans chaque épisode, une ou plusieurs personnes s’invitent sur les greens afin de perturber la partie tranquille de Greg, un golfeur quadra qui n’avait rien demandé.

Parmi les envahisseurs on retrouve des joueurs de Pokemon Go, des hippies, des fans de tuning ou encore un bébé insupportable qui hurle à s’en décrocher la mâchoire. Et bien sûr, l’histoire va dégénérer à chaque fois et les personnages en ressortent rarement vivants. Du coup, je retournerai à la chasse aux producteurs demain, puisqu’ils sont tous sympas et à l’écoute.

La soirée se déroule tranquillement, avec un peu de networking en buvant une bière fraîche à la main au légendaire Café des Arts d’Annecy. Là-bas, environ une centaine de personnes sont regroupés sur les pavés. On y retrouve beaucoup d’étudiants, des réalisateurs mais aussi quelques producteurs. Ça tombe bien. Smiley clin d’œil.

À demain.

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