Nous en avons sélectionné 14. 14 films qui à nos yeux représentent la production cinématographique de l'année 2016 lorsqu'il s'agit de science-fiction ou de fantastique à tendance futuriste. Entre les aliens, les mutants, les bizarreries et les grands mystères, que retient-on de cette année ?

Ni le réchauffement climatique, ni la désinformation, ni même la menace terroriste n’a empêché les amateurs de science-fiction de se ruer dans les salles obscures pour s’offrir une coupure entre magie et mystère. Les chiffres le montrent : l’année 2016 a vu les salles se remplir comme rarement et les Français ont plébiscité un retour au cinéma malgré les crises annoncées. Nous avons modestement contribué à ce dynamisme, et cette année, nous nous sommes échappés à bord de l’USS Entreprise, avons appris des langues extraterrestres et avons dérobé les plans de l’Étoile Noir. Ce n’était pas rien.

Alors bien sûr, nous avons nos préférences mais on peut malgré tout souligner que l’année était plutôt bonne. Ni exceptionnel, ni médiocre, le cinéma de sci-fi en 2016 était à la recherche d’une sorte de canon, d’efficacité renouvelée. Il a exploré bien sûr de nouvelles perspectives, mais l’influence de la nostalgie rétro-futuriste a lourdement pesé sur beaucoup de productions. Et d’une certaine manière, le futur se vit désormais au présent, voire au passé.

Voici les choix de la rédaction.

Les meilleurs

Midnight Special

C’est pour la rédaction le meilleur film de science-fiction de cette année. Et pourtant, en sortant de la salle pour sa critique, Julien prévenait : il ne faut pas s’attendre à voir Nichols enfiler le costume de faiseur de rêve à la Abrams. Ici tout n’est que suggestions, émotions, bricolages et souvent fulgurances. Après Mud, le réalisateur américain pousse finalement les portes du film de genre, mais c’est pour en esquisser seulement quelques traits, comme un parfum de SF des 70’s qui flotte dans l’atmosphère insaisissable de Midnight Special. Un père, un fils, une filiation loin de Star Wars, plus brute, plus cinématographique, qui porte un film inexplicable et inexpliqué où l’intrigue joue le jeu de détonateur à émotions. Passionnant et beau.

10 Cloverfield Lane

J.J. Abrams voulait Damien Chazelle pour 10 Cloverfield Lane, mais ce dernier a reçu des financements longtemps attendus pour son film Whiplash. Le petit génie se tourne alors vers sa propre production et laisse à Bad Robot le soin de trouver un autre réalisateur pour ce huis-clos. Abrams choisira finalement Dan Trachtenberg, un protégé qui traînait littéralement sur les plateaux du Réveil de la Force.

Finalement, 10 Cloverfield Lane sortira la même année que Midnight Special et il faut bien avouer que les deux partagent cette idée que le film de genre est un motif d’écriture puissant. Ici, une femme est retenue dans un huis-clos spectral et violent, par un homme qui lui promet qu’à l’extérieur, il n’y a plus que l’apocalypse et la mort qui l’attend. Si Midnight Special est un sombre et gracieux vaisseau spatial, 10 Cloverfield Lane serait lui plutôt une fusée maudite et s’extirpant de la gravité par une brutalité rafraîchissante. Deux OVNI en somme.

Rogue One

Sommes-nous tout à fait objectif lorsque nous allons voir Rogue One, un film qu’on attend depuis des dizaines de mois ? Non. Est-ce un blockbuster qui n’a rien à offrir de tel que Midnight Special  ? Oui. Est-ce un des meilleurs films de l’année ? Oui, malgré tout. Car Rogue One est un Star Wars nouveau, brillant, réfléchi et éminemment politique. Loin du space opera où seuls les élus de la galaxie font tomber des empires, ici, chaque voix compte, chaque mort compte, chaque acte change la donne.

On sent l’influence du cinéma historique sur le film de Gareth Edwards, un genre qui doit respecter les terribles règles de la tragédie du sens de l’Histoire.  Et en développant Rogue One, le réalisateur oublie son rôle de créateur de fantasme et fait rentrer Star Wars dans quelque chose de plus grand, de plus tangible, de plus moderne et finalement, de plus réaliste.

Les bons

Civil War

Civil War a tout pour plaire. Un rythme soutenu, des nouveaux personnages plutôt géniaux — on parle évidemment de Spider-Man et de Black Panther — une trame peu inventive mais diablement efficace et surtout des ambitions mesurées. En somme, tout ce que n’ont pas les films de super-héros sortis cette année dans les autres studios — suivez notre regard (et scrollez jusqu’aux prochaines rubriques).

La photo est impeccable, les héros bien utilisés et les bonnes questions sont posées. Alors oui, nous avons déjà oublié la moitié du film à la sortie du cinéma, et nous ne nous tourmentons pas des heures durant pour comprendre les subtilités des dialogues. Mais c’est un Marvel avec toutes les forces du studio et peu de faiblesse. Un sans-faute qui s’apprécie.

Star Trek : Sans limites

J.J. Abrams — toujours lui — passe les rênes de l’adaptation de Star Trek. Un projet monstrueux d’autant que les films de la franchise sont moins rentables que les Star Wars sans pour autant être moins attendus par des fans moins nombreux mais tout aussi passionnés. Et ici, le bâton tendu par Abrams à Justin Lin est repris avec honneur et sérieux. Lin ajoute à la franchise ce qu’il faut de sa touche pour en faire un bon blockbuster, de l’inventivité à l’image, une bonne direction et un voyage spatial peu original mais qui fait mouche. On aime et c’est chouette.

Doctor Strange

Dans la série blockbuster esthète et maître en CGI, le dernier Marvel égale les prouesses de Star Trek. Incroyablement réussi d’un point de vue esthétique, ce Doctor Strange est hallucinant, doué et séduisant. Pour autant, il n’est pas sans défaut et il se heurte à certaines limites que ne connaît pas un Civil War, un rythme inégal et des choix parfois brouillons. Mais tant pis, il en reste un Marvel détonnant, singulier visuellement et exotique.

Les passables

Ghostbusters

Arrêtez de pleurer des larmes de sang, Ghostbusters n’est pas le massacre annoncé. Ce n’est pas pour autant un bon film mais c’est une prise de risque honnête, kitsch assumée et bien plus drôle qu’on ne pouvait l’espérer. Bien sûr, on ne retrouve pas l’ingéniosité propre aux premiers films, mais il faut être sincère, c’était difficile de faire du SOS Fantômes en 2016. On pardonne donc facilement un certain mauvais goût qui est compensé par une ambiance attachante et un inévitable sourire aux lèvres à la sortie du film. Ce qui est certain, c’est que ce reboot ne méritait pas l’accueil profondément sexiste et raciste qui lui a été fait, notamment par les leaders des sites d’opinion proches de l’extrême droite américaine.

Deadpool

Deadpool c’est le film que l’on attendait plus, c’est le blockbuster issu des franchises Marvel de la Fox qui mouille enfin sa chemise. Les équipes de la Fox ont manifestement regardé du côté des succès des studios Marvel pour nous écrire un portrait ambiguë, drôle et finalement mignon d’un super-héros pas comme les autres. Le film souffre de ses méchants et de son scénario bâclé, mais possède un bon souffle et une audace évidente. Bien sûr Deadpool joue trop les badass pour être honnête, mais c’est finalement ce que le public voulait : ici, la demande fait l’offre.

X-Men : Apocalypse

À l’inverse de DeadpoolApocalypse est typiquement le film qu’on ne veut plus voir sortir des studios de la Fox. Loin d’être un massacre, ce X-Men sent néanmoins le réchauffé, n’est pas bien beau et manque de bonnes idées. Les personnages ne sont pas aussi attachants qu’on voudrait nous le laisser croire et on cherche une âme dans un lisse montage qui nous rappelle les années 2000 — et pas pour le mieux. Peut mieux faire.

Premier Contact

À la rédaction, il semble difficile de trouver des soutiens de Premier Contact. Et pourtant la hype ne nous a pas laissés de marbre, et nous lisons ici et là le plus grand bien à propos du film de Denis Villeneuve. Mais nous n’avons guère succombé à ce drame mielleux et faussement intello. Dégoulinant de bons sentiments au détriment du sujet — passionnant — qui est celui de la linguistique extraterrestre, Premier Contact laisse un goût d’inachevé. Et si le film frôle parfois le très bon, il s’auto-sabote misérablement.

Les détestables

Suicide Squad

Suicide Squad a une place à part dans nos cœurs, si mauvais que l’on n’ose même plus tirer sur l’ambulance. Nous restons, le regard pointé vers nos chaussures, interdits devant un tel échec. D’autant que nous ne sommes pas étrangers aux difficultés, aux retouches et aux mauvaises décisions qui ont jalonné la vie de ce projet, de manière souvent indépendante de son réalisateur. Mais le résultat est consternant, Suicide Squad n’a aucun sens, aucune direction, il est moche et on croît à une immense farce. Dur.

Passengers

Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont riches et sont les bankables du moment : Chris Pratt et Jennifer Lawrence. Rien qu’un tel casting devrait nous effrayer, mais on laisse une chance à Morten Tyldum (principalement à cause d’Imitation Game). Quelle erreur ! Si le réalisateur est doué, il nous a concocté un indescriptible film en forme de poupée russe. Une fois le drame passé, on se retrouve face une comédie romantique doublée d’un mauvais film d’action. Tous plus mauvais les uns que les autres, ces trois films n’en font pas un bon.

Batman V Superman

Ah Snyder ! Pauvre Snyder qui tel David contre Goliath a subi les affres des méchants studios. Et il nous le promet, la main sur le cœur, la version longue sera tellement mieux. C’est un mensonge tout comme ce film est le fruit d’une overdose d’Eau Écarlate. C’est franchement moche : cette photo sépia sur-contrastée doit disparaître du cinéma. C’est sans queue ni tête et la fin est certainement le moment le plus grotesque qu’un film aussi premier degré peut servir. C’est un non catégorique.

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