Resident Evil est une saga qui a déjà eu mille vies, et presque autant de jeux vidéo. En plus de 30 ans, elle a connu différentes itérations, s’est parfois perdue et a toujours su revenir, d’une manière ou d’une autre. Les remakes récents — Resident Evil 2 et Resident Evil 4 en tête — ont maintenu le paquet à flot, pendant que les derniers opus — Resident Evil 7: Biohazard et Resident Evil Village — ont été le théâtre d’expérimentations plus ou moins valables. Du moins, pour les fans.
En 2026, Capcom entend marier à nouveau le meilleur de tous les mondes qu’il a arpentés. Il y a en effet d’immenses ambitions derrière Resident Evil Requiem, neuvième opus canonique qui se débarrasse — enfin — du chapitre Ethan Winters pour remettre ses vieilles gloires sur le devant de la scène. Mais le studio japonais n’oublie pas d’injecter du sang neuf non plus : le dandy BG Leon est associé à Grace Ashcroft, nouvelle venue à la personnalité attachante et en réalité liée à un vieux spin-off. En somme, Resident Evil Requiem marie le vieux avec le neuf, le neuf avec le vieux. Et cela donne le meilleur représentant de la licence depuis… Resident Evil 4. Où il y avait déjà Leon, sans sa Porsche, ni sa montre Hamilton.
Points forts
- Visuellement et techniquement ébouriffant
- Grace + Leon = un duo qui fonctionne
- Un vrai RE comme on aime
Points faibles
- Une séquence est particulièrement pénible
- Quelques ennemis là sans réelle explication
- Les réfractaires n’aimeront pas plus
Resident Evil Requiem érige le gore au rang d’art
Disponibilité
Resident Evil Requiem est disponible à partir du 27 février 2026 sur PS5, Xbox Series S, Xbox Series X, Switch 2 et PC.
Quand on joue à Resident Evil Requiem, notamment avec Leon, on ne peut s’empêcher de se demander si Capcom n’a pas un peu trop appuyé sur le levier du gore. Les développeurs se sont en tout cas amusés comme des petits fous à imaginer un spectacle sanguinolent hyper jouissif, pour peu qu’on ait l’estomac bien accroché. Parer une tronçonneuse avec une hache de combat pour ensuite la récupérer et découper tout ce qui bouge aux alentours comme dans Dead Rising ? Giga cool. Viser une jambe et y loger des balles jusqu’à ce qu’elle explose et fasse tomber le zombie, qui repeindra alors les murs avec son sang ? Giga cool bis. On peut penser que c’est du lard, comme dans les films Terrifier, mais on préfère y voir de l’art.
On a à peine le temps de dire ouf dans Resident Evil Requiem
Force est de constater que la réalisation de Resident Evil Requiem est de haute voltige. Débarrassé des vieillissantes PS4 et Xbox One et du rendu parfois trop plastique des débuts, Capcom exploite à merveille son moteur maison baptisé RE Engine, et nos yeux en profitent de bout en bout. Alors oui, il faut aimer voir des crânes se déchiqueter à chaque balle qui vient retirer quelques morceaux de chair et d’os, ou encore les yeux qui pendent. L’évolution technologique profite à l’horreur : en se montrant plus précise et réaliste, elle n’en devient que plus répugnante. Les mares de sang, un tantinet ridicules, du tout premier Resident Evil sont devenues des boucheries.

Graphiquement prodigieux et généreux, quand bien même certains décors sont moins bien lotis que d’autres, Resident Evil Requiem finit d’assommer par son aisance technique qui assure un confort indéniable. Fluide, il se révèle irréprochable de bout en bout. Et si vous avez une PS5 Pro, vous pourrez jouer dans des conditions encore plus idéales, avec framerate élevé, ray tracing activé (les reflets restent peu définis, hélas) et des éclairages forcément saisissants car garants d’une immersion totale dans un univers de peur. Resident Evil Requiem est quand même un sacré maître-étalon et, bien sûr, le sound design est irréprochable, avec une localisation des bruitages susceptibles de glacer le sang.

Un presque deux-en-un
On ne vous dira rien sur le scénario de Resident Evil Requiem qui, ô joie, renoue avec les origines et ne part pas vers des pistes troubles comme ses deux prédécesseurs (qui ne semblent pas exister, d’ailleurs, dans ce qui est raconté ici). Toute l’intrigue, articulée autour de la quête d’une substance mystérieuse baptisée Elpis, repose en grande partie sur le charisme du casting, Leon en tête, mais aussi sur une bonne dose de fan service (et de nostalgie). Resident Evil Requiem devient alors un épisode somme qui concentre tout ce que les joueurs aiment dans Resident Evil : une tension nourrie en permanence, beaucoup d’action, des environnements labyrinthiques (mais pas trop), des monstres effrayants et difficiles à tuer, de la gestion fine de l’inventaire, des herbes vertes, des énigmes risibles…
Sans surprise, Resident Evil Requiem associe — presque — deux gameplay en un, s’appuyant sur deux personnages qui n’ont pas du tout les mêmes capacités, ni ne sont au même stade de leur vie. D’un côté, on a donc l’action pure et dure, incarnée et assumée par un Leon vieillissant mais au sommet de son art (même s’il est touché par un mal). De l’autre, nous avons Grace, agent du FBI qui offre une montée en puissance notable, après des premières minutes davantage basées sur l’infiltration et la survie. Capcom joue habilement sur les différences entre les deux pour insuffler des différences notables quand on passe de l’un à l’autre au gré du scénario (et non pas à l’envi).

Cette expérience bicéphale accouche d’un rythme effréné et plaisant, avec une belle variété dans les différentes situations offertes par les rebondissements. On a à peine le temps de dire ouf dans Resident Evil Requiem. On pourra simplement déplorer une séquence, heureusement courte, et quelques ennemis, là sans trop d’explication crédible, pour venir ternir un tableau très, très bien agencé. Capcom maîtrise vraiment son sujet après tout ce temps et l’héritage, addition de réussites, d’errements et d’expérimentations, fait un bien fou à Resident Evil Requiem. Il n’y a certainement aucune révolution substantielle, simplement l’impression de vivre un aboutissement total. À ce sujet, les phases d’action n’ont jamais été aussi plaisantes, avec un arsenal ad hoc (le pistolet Requiem, bon sang), une opposition à la hauteur et un défi bien équilibré.

Resident Evil Requiem va jusqu’à vous laisser le choix de la vue. Par défaut, celle à la troisième personne (TPS) est affublée à Leon, quand celle à la première (FPS), aïeule de Resident Evil 7: Biohazard et Resident Evil Village, est attachée à Grace. Vous êtes libre de modifier ce paramètre comme bon vous semble, selon vos préférences et/ou les moments. On a préféré jouer en TPS de A à Z, avec les deux personnages, et on imagine que les puristes en feront de même, que ce soit pour retrouver ses sensations d’antan ou pour le confort (on voit mieux, surtout quand il faut être discret). En mettant les deux options, Capcom s’assure simplement de créer une continuité avec les épisodes 7 et 8, pour ceux et celles qui auraient accroché les wagons que très récemment. L’idée n’est pas de les perdre.
En tout cas, Resident Evil Requiem ne cherche jamais à se trahir, dans ses fondations, pour plaire à un nouveau public. Capcom sait que les aficionados sont là et, surtout, qu’ils sont attachés à une structure qui ne laisse aucune place à l’improvisation. En cela, Resident Evil Requiem ne plaira pas aux réfractaires historiques, pas plus qu’il ne réconciliera les peureux avec le genre du survival-horror, dont la saga nippone est un représentant dans l’esprit, un peu moins dans l’essence. Resident Evil Requiem est un (vrai) Resident Evil qui transcende, et le fait merveilleusement bien.
Le verdict

Resident Evil 9 Requiem
Voir la ficheOn a aimé
- Visuellement et techniquement ébouriffant
- Grace + Leon = un duo qui fonctionne
- Un vrai RE comme on aime
On a moins aimé
- Une séquence est particulièrement pénible
- Quelques ennemis là sans réelle explication
- Les réfractaires n’aimeront pas plus
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