Aux États-Unis, des tatoueurs réclament des droits aux éditeurs de jeux vidéo qui reproduisent les dessins des champions de sport dans leurs simulations. C'est le cas de plusieurs artistes qui portent plainte contre l'éditeur de NBA 2K.

Les éditeurs de jeux vidéo devaient déjà acquérir des licences pour avoir le droit d’utiliser les vrais noms des joueurs ou des équipes dans leurs simulations sportives. Le progrès technologique aidant, ils ont aussi dû acquérir des droits pour reproduire leur apparence physique, soumise à un droit à l’image. Et désormais, ils doivent aussi s’inquiéter d’avoir les droits lorsqu’ils reproduisent les tatouages sur les bras des joueurs.

L’éditeur 2K Games, Take-Two Interactive et Visual Concepts sont ainsi poursuivis en justice aux États-Unis pour avoir reproduit sans autorisation certains des tatouages de joueurs stars de basketball, dans le jeu NBA 2K. Le plaignant est une société basée dans le Delaware, Solid Oak Sketches, dont la seule activité commerciale est de gérer les droits de reproduction de plusieurs créateurs de tatouages. Elle estime que la reproduction en pixels d’une œuvre imprimée sur la peau d’un client n’est légale que si elle a été autorisée par le créateur du dessin, et donc si elle a donné lieu à un paiement.

819 500 dollars réclamés

kobe

En l’espèce, Solid Oak Sketches se plaint de la reproduction non autorisée de tatouages qui figurent sur la peau de LeBron James, Kobe Bryant, Kenyon Martin, DeAndre Jordan, ou encore Eric Bledsoe. « Certains de ces tatouages, en particulier ceux de LeBron James et de Kobe Bryant, ont été particulièrement mis en avant dans les photos de couverture et les publicités de ces jeux  », expliquent les avocats de la société. Tous les dessins en cause ont fait l’objet d’un dépôt.

Dans une lettre produite en justice, Solid Oak Sketches demandait 819 500 dollars de réparation pour l’exploitation des tatouages dans plusieurs volets de NBA 2K, et proposait 1,114 million de dollars pour une licence qui couvrirait toutes les prochaines éditions du jeu.

En droit, Solid Oak Sketches a toutes les chances de l’emporter, sur le plan des principes. Seule la somme exigée devrait véritablement faire débat. Les tatouages sont en effet reconnus de longue date comme des œuvres protégées par le droit d’auteur, et leur reproduction doit donc être autorisée. Peu importe, étrangement, qu’elle soit une partie indissociable de l’humain qui la rend visible.

En 2011, le tatoueur de Mike Tyson avait ainsi pu porter plainte contre les producteurs de Very Bad Trip 2, pour la reproduction à l’écran du tatouage de l’ancien boxeur américain. L’affaire s’était ensuite réglée à l’amiable.

En 2012, THQ avait dû payer 22 500 dollars pour utiliser un tatouage dans le jeu de combat UFC Undisputed 3. Et en 2013, un artiste a porté plainte contre EA Sports pour l’utilisation d’un tatouage dans le jeu NFL Street, sorti plus de dix ans plus tôt.

Solid Oak Sketches v Take-Two by Michael Futter

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