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C'est arrivé avant, cela arrivera encore.

En 2005, Battlestar Galactica arrivait en France. Parce que son ambiance spatiale enivrante et l'immense talent des acteurs nous font vivre une histoire futuriste guidée par l'espoir, il est plus que temps de redécouvrir cette série culte.

 

Trente-trois secondes

Avant que je ne me lance dans Battlestar Galactica pour la première fois, il y a un peu plus d’un an, beaucoup de gens avaient tenté de m’en dissuader ; je ne compte pas le nombre de personnes qui m’avaient prévenue que, si ses deux premières saisons étaient excellentes, ses deux dernières étaient un gâchis et son series finale ridicule et frustrant. Mais mon besoin de me forger ma propre opinion l’a emporté, aidé par le vide consécutif à la fin d’un énième marathon Gilmore Girls, et j’ai lancé la première partie de Battlestar Galactica : miniseries, le téléfilm qui introduit la série.

Moins d’un mois plus tard, j’en achevais le series finale bouleversée, et c’est sans aucune exagération que je peux affirmer que Battlestar Galactica et sa conclusion m’ont, à leur façon, sauvé la vie. Pourtant je comprenais aisément (sans les considérer comme tels) les défauts que nombre de fans y trouvaient  : une relative absence d’explications rationnelles et scientifiques au profit d’une conclusion qui laisse une grande place à la spiritualité, décision que beaucoup ont perçu comme du prosélytisme.

Certains ont cru voir une volonté du showrunner Ron D. Moore de glorifier la chrétienté dans la série même si cette religion est absente de tout l’univers. Des mots comme « anges » utilisés par certains personnes ont, c’est vrai, pu entretenir l’ambiguïté. Mais la fin aux tonalités mystiques n’était pour moi, ni plus ni moins, qu’une conclusion parfaite à ce qu’avait été la série dès le début.

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Battlestar Galactica est évidemment un brillant show militaire et politique, traitant de la guerre entre les Cylons et leurs créateurs et de la survie de l’espèce humaine, doublé d’une narration hautement philosophique qui pousse à la réflexion, que ce soit sur ce qui définit l’humanité telle qu’on la conçoit, sur le libre arbitre ou encore sur les dangers que peuvent engendrer une diabolisation systématique de ses adversaires. Mais tout au long des quatre saisons que compte la série, la constante reste son exploration de la foi – sous toutes les formes qu’elle peut adopter – et de son impact sur notre existence.

Et la foi ne nous apportera fatalement jamais toutes les réponses que nous désirerions avoir, car elle repose par définition sur notre capacité à croire en quelque chose sans réclamer de preuves, à accorder notre confiance sans justification. Un état de fait qui peut être décevant, voire irritant de prime abord, surtout si l’on est obsédé par les explications logiques, mais qui lorsqu’on l’examine en laissant un moment de côté son esprit cartésien a beaucoup plus à nous offrir qu’une résolution qui se serait contentée de nous donner des explications fermement ancrées dans ce qu’on nomme « réalité ». Alors si vous avez été rebutés par l’aspect religieux de la série à l’époque et qu’il vous a dérangé, je vous en conjure, donnez-lui une nouvelle chance : vous ne le regretterez pas. Parole d’agnostique.

Et puisque c’est la question à laquelle vous êtes venus chercher une réponse, osons la reposer : pourquoi 2015 est-elle si propice à se replonger dans ce space opera post-apocalyptique ?


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There’s Too Much Confusion
– I Can’t Get No Relief

La première raison est on ne peut plus égoïste. Rassurez-vous, si c’est l’altruisme qui guide vos choix télévisuels, votre tour viendra.

On ne choquera probablement personne en affirmant que 2015 a été une année plutôt difficile émotionnellement, à l’échelle globale. Les attentats qui ont frappé la France début janvier ne faisaient qu’annoncer la couleur d’une année qui allait aligner les injustices et les tragédies.

On a l’embarras du choix.

  • La guerre en Syrie, et les virulents réfractaires à l’accueil des réfugiés qui s’empressent de faire part aux médias de leur haine en l’habillant, pour les plus pudiques d’entre eux, d’un pseudo pragmatisme.
  • Les morts par balles accidentelles et fusillades aux États-Unis – que ce soit celle de Charleston, de Lafayette, ou ces autres dont on a déjà oublié les noms parce qu’elles sont si fréquentes que notre cerveau ne peut plus retenir les détails, mais juste l’horreur ressentie encore et encore devant l’absurdité de ces vies perdues.
  • On peut y ajouter les toujours trop nombreuses femmes assassinées, décédées sous les coups de leurs conjoints ; violées ; harcelées dans la rue, au travail et sur le net ; ou, pour les plus « chanceuses », seulement victimes de disparités salariales et de toutes ces violences psychologiques – des injonctions parfois subtiles mais non moins présentes – qu’entraîne la vie dans une société patriarcale.
  • Ou encore, grâce aux réseaux sociaux et à la viralité de telles informations, une prise de conscience douloureuse des violences subies par les « minorités » qu’on avait, par le passé, rendues invisibles. Dernièrement, pas un mois n’a semblé passer sans qu’on apprenne le meurtre d’une femme ou d’un homme transexuel.le, ou le suicide d’adolescent.e.s transgenres.

Un rappel à la réalité primordial, une mise en avant nécessaire de souffrances que personne ne devrait pouvoir ignorer, mais néanmoins une accumulation d’informations dures à assimiler sans ciller.

Alors quand on ajoute à ces quelques éléments déjà alarmants toutes les mauvaises nouvelles qu’on peut recevoir chaque jour, il est facile de se sentir abattu. De se retourner sur l’année écoulée et de se demander s’il ne serait pas plus simple d’annihiler l’ensemble de l’espèce humaine et de laisser la terre à des gérants plus compétents et moins autodestructeurs que nous, comme ces chats qui sont capables d’utiliser des toilettes ou ces loutres qui se tiennent par la patte en flottant.

Et c’est précisément pour cela que vous devriez revoir Battlestar Galactica.


« Je suis venue à bord du Galactica pour raconter une histoire. Pour être tout à fait honnête, je pensais déjà savoir ce que cette histoire était avant d’avoir mis le pied ici : comment ces militaires arrogants laissent leurs egos affecter leur travail, celui de préserver les vies de la population civile. Mais j’ai découvert que la vérité était bien plus complexe que ça. Ces gens ne sont pas des Cylons. Ils ne sont pas des robots suivant aveuglément des ordres et cirant leurs bottes. Ce sont des personnes. Profondément imparfaites, mais également profondément humaines, et peut être que cela revient à dire la même chose.

Ce qui m’a le plus impressionnée est qu’en dépit de tout ça : les difficultés, le stress, le danger omniprésent d’être tué, en dépit de tout ça ils n’abandonnent jamais. Ils ne s’allongent jamais sur la route pour laisser le camion les écraser. Ils se réveillent au petit matin, enfilent leurs uniformes et font leur travail. Chaque jour. Pas de salaire, pas de repos, pas le moindre espoir d’un jour pouvoir laisser quelqu’un d’autre porter le poids qu’ils ont sur leurs épaules ou faire leur travail. Il n’y a pas de troupes de secours qui arrivent, pas de flotte Coloniale entraînant de nouvelles recrues chaque jour. Les gens sur Galactica sont tout ce qu’il nous reste. Ils sont la fine ligne de défense qui nous sépare des Cylons.

Lieutenant Gaeta m’a fait part d’une statistique remarquable : aucun membre de l’équipage du Galactica n’a demandé à démissionner. Pas un seul. Pensez à ça. Si vous portiez l’uniforme, ne voudriez-vous pas démisionner ? Vous retirer et dire « Assez ! Laissez quelqu’un d’autre protéger la flotte » ? Je sais que je le voudrais. Mais le fait est que je ne porte pas d’uniforme. La plupart d’entre nous n’en portent pas, et la plupart de nous n’en porteront jamais. »

Battlestar Galactica, saison 2, épisode 8.

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Journalisme galactique

Ce discours, tenu par une journaliste réalisant un reportage sur les membres de l’équipage du Galactica, pose les bases d’un thème qui refera souvent surface au fil des épisodes : la résilience de ces individus face à l’adversité, et leur capacité à continuer à mener un combat qui paraît pourtant dénué de sens. Au cours des quatre saisons que compte la série, chacun de ses personnages est mis à l’épreuve, encore et encore. Inlassablement, on les voit se relever ; abîmés, certes, mais se tenant bien droits.

Pire, puisque les épreuves qu’on les voit traverser ne sont pas suffisantes, une prédiction répétée fréquemment par plusieurs personnages nous annonce que ce cycle de destruction est voué à se répéter : « All of this has happened before and it will happen again. » (S01E08)

Et c’est en dépit de tout cela que la flotte continue à se battre, à la recherche d’une nouvelle planète habitable qu’ils ne trouveront peut-être jamais.

De eux à nous,
il n’y a qu’un pas.

Certes, nous ne portons pour la plupart pas d’uniforme, mais nous avons tous des obstacles à traverser et des ennemis à combattre — et j’étais justement aux prises avec l’un des miens quand j’ai découvert Battlestar Galactica. Bipolaire, diagnostiquée depuis 5 ans à l’époque, et malheureusement peu réceptive aux traitements qu’on avait pu essayer, j’étais familière des périodes de dépression, en en traversant justement une énième tandis que j’enchaînais les épisodes de la série.

Alors que je regardais ces robots et ces humains se détruire, j’étais incapable de faire taire la voix qui me demandait pourquoi je m’obstinais — pas à regarder la série, qui elle me captivait, mais bel et bien à vivre. Si je savais que mon état passerait, que je finirais par aller mieux, je savais aussi que la dépression reviendrait, et que le cycle se répéterait encore et encore, jusqu’à ce que ma mort vienne éventuellement y mettre un terme.

Les « It happened before, and it will happen again. » du show sonnaient à mes oreilles comme une plaisanterie cruelle. Une menace déjà mise à exécution qu’on ne voulait pas me laisser oublier. Et si les personnages de la série se réfugiaient, eux, derrière des religions et des prophéties pour justifier leur obstination, je n’avais aucun de ces opiums auxquels me raccrocher. Juste cette question :


pourquoi ?

 

Et puis quelque chose de merveilleux s’est produit. La fin de Battlestar Galactica, dont je m’attendais à ce qu’elle soit aussi sombre que le reste du show et qu’elle m’achève, m’a au contraire redonné espoir. Non pas avec la promesse vaine d’un bonheur éternel pour ses personnages. Tout simplement en me rappelant que, brève ou longue, toute période où on peut lâcher ses armes et se reposer mérite le combat qui l’a précédée — et que, aussi infime soit-elle, la possibilité que les choses tournent différemment cette fois-là existe, à condition qu’on n’ait pas quitté la partie.

L’espoir fait l’humanité, bien plus parfois que tout autre caractère qu’on pourrait lui attribuer.

2015 a été semée de morts inutiles, de conflits absurdes, de souffrances et d’épreuves et 2016 ne s’annonce pas sous de meilleurs auspices. Mais, comme l’équipage du Galactica s’est battu, nous avons le choix de nous battre pour, peut-être, aider à faire que l’année à venir soit un peu moins sombre.

Et si nos efforts s’avèrent vains cette fois-ci, il y aura toujours 2017.

« — Tout ça s’est déjà produit par le passé. Mais la question demeure : cela doit-il nécessairement se reproduire ?

— Cette fois je parie que non.

— Tu sais, je ne t’ai jamais connue jouant à l’optimiste. Pourquoi un tel revirement ?

— Les mathématiques, la loi des moyennes. Laisse un système complexe se répéter suffisamment longtemps, et finalement quelque chose de surprenant pourrait se produire. Cela fait également partie du plan de Dieu.

— Tu sais que Ça n’aime pas ce nom. »

 

Battlestar Galactica, saison 4 épisode 20

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There Must Be Some Kind Of Way Out Of Here

Si vous êtes quelqu’un de naturellement positif et que l’argument ci-dessus n’a du coup pas éveillé en vous le besoin de revoir Battlestar Galactica – ou qu’il ne suffit pas à justifier les dizaines d’heures que vous devrez passer devant l’écran ce faisant, pas de panique : vous n’avez peut-être pas considéré le pouvoir que cette série peut avoir sur autrui.

Car, non contente d’avoir testé nos nerfs, 2015 semble aussi être une année qui cherche à tester notre capacité à faire preuve de bienveillance envers ceux qui en ont besoin ; à ne pas rejeter ceux qui sont différents sur la seule base de l’incompréhension qu’ils font naître en nous – une incompréhension qu’il ne faut en aucun cas autoriser à se muer en peur ou en haine ; et, enfin, à laisser de côté les différences qui nous séparent pour chercher ce qui nous unit tous, quel que soit notre couleur de peau, notre orientation sexuelle, notre genre, le pays d’où l’on vient ou la religion vers laquelle on se tourne. Des petites choses qui sont évidentes pour certains (ces gens, toujours trop peu nombreux, qu’on peut qualifier, à choix, de tolérants, d’ouverts d’esprit, ou plus simplement d’humains décents) mais qui restent malheureusement difficiles à entendre pour beaucoup.

Une solution au problème qu’est le racisme existe et tient en seulement 73 épisodes et quelques téléfilms.

Alors, cette année, au lieu de passer vos fêtes de Noël à vous plaindre sur Twitter de votre oncle, grand-mère, sœur, cousin, tante et de ses remarques racistes ou sectaires, vous pouvez prendre ce membre de votre famille par la main, vous installer avec lui devant une télévision, et laisser Battlestar Galactica lui enseigner les bases de la tolérance. Effectivement, depuis près de dix ans, une solution au problème qu’est le racisme existe et tient en seulement 73 épisodes et quelques téléfilms.

À coup sûr, cette personne se reconnaîtra avec joie dans les humains, et exprimera sans retenue son aversion pour les Cylons ; elle hochera sûrement la tête devant les discours ignorants et odieux proférés par les habitants des 12 Colonies à l’égard de ces êtres différents, dont la réalité des émotions est si facile à nier parce qu’ils ne partagent pas leurs origines. Elle dressera peut-être même des parallèles entre la destruction de Caprica et l’état actuel de sa Mère Patrie, lui prédisant un avenir aussi sombre si on laisse « nos Toasters à nous » nous envahir (mais elle a le droit, elle-même possédant un de ces appareils dans sa cuisine). Ce sera difficile à supporter, mais prenez votre mal en patience. Acquiescez silencieusement, en vous contentant de ne pas la laisser arrêter d’enchaîner les épisodes jusqu’à la saison 2.

Battlestar Galactica

Si la vue de ces « nobles humains » – qui avaient gagné son affection pour une simple raison d’identification immédiate à quelque chose de semblable à elle – organisant des missions kamikazes  ne suffit pas à ébranler ses convictions sur ceux qu’elle considérait par défaut comme «  les gentils », tenez bon. Les préjugés sont durs à déloger. Restez fort, et attendez que le Galactica croise la route du Pegasus.

Au cas où revoir cet arc narratif vous sortirait de l’esprit des fêtes, n’hésitez pas à la laisser seule devant la télévision. Mais ce serait dommage d’avoir enduré sa compagnie si longtemps et de ne pas assister au moment où, peu importe sa mauvaise foi, elle ne pourra plus trouver d’excuses à ses chers humains. Quand elle observera tous ces Hommes en uniforme se réjouir d’avoir une nouvelle prisonnière Cylon à violer à la chaîne, après avoir infligé ce traitement et bien d’autres tortures à celle déjà en leur captivité.

— Tout ce que nous savons c’est que nous sommes des Cylons. Mais dans chaque autre aspect, nous sommes toujours les mêmes personnes.
— Vous êtes de foutues machines !
— Je ne sais pas. Mais ce que je sais, c’est que nous ne sommes pas mauvais. Nous ne sommes pas inhumains. Et nous sommes tout aussi terrifiés et confus que vous l’êtes.

Battlestar Galactica, saison 4 épisode 5

À cet instant, si elle n’a pas compris d’elle-même, offrez lui un peu de votre temps. Expliquez lui que les actes barbares et ignobles ne sont pas l’apanage d’une seule catégorie de personnes. Que, Cylons ou humains, tous sont logés à la même enseigne face à l’infamie. Que tout ce dont un homme a besoin pour se transformer en monstre, c’est de la conviction aberrante que l’individu qui lui fait face est si différent de lui qu’il ne mérite pas d’être considéré comme son égal. Si après tout cela, elle ne comprend toujours pas l’absurdité de la haine qu’elle nourrit pour ceux qui ne sont pas comme elle, baissez les bras.

Et spoilez-lui les Final Five. Elle l’a mérité.


— Si c’était vrai, et c’est un gros si, comment je peux savoir que cette force a notre meilleur intérêt en tête ? Comment tu sais que Dieu est de ton côté ?
— Je ne le sais pas. Dieu n’est pas du côté de qui que ce soit. Dieu est une force de la nature au delà du bien et du mal. Le bien, le mal, nous les avons créés. Vous voulez briser le cercle ? Le cercle de naissance ? Mort ? Renaissance ? Destruction ? Fuite ? Mort ? Eh bien, c’est entre nos mains, et nos mains seulement.

Mais cela demande que l’on vive dans l’espoir, et non dans la peur.

Battlestar Galactica, saison 4 épisode 20

Athena

Design : Romain Gerardin
Intégration web : Ivan Daum

Commentaires

Pourquoi il faut regarder Battlestar Galactica

  • Voir la discussion complète
  • Ca serait un peu comme demandé Transformers sans les scènes d'action :smiley:

    • @/dev/tty
      Je pense eu contraire que la SF permet de se rapprocher de notre nature d'être humain.
      Les différentes races aliens ne sont jamais que les mille reflets de l'humanité, de tout ce qui fait sa complexité, bon comme mauvais.

      L'utilisation de personnages non-humains permet une prise de recul qui serait impossible autrement.

      La partie spectacle et space opera reste importante mais n'est selon moi pas le principal.

      Pour ma part j'ai bien aimé BSG, notamment le dernier épisode.
      Je recommande vivement Babylon 5, qui reste encore aujourd'hui pour moi loin devant les autres.
      On peut par contre oublier Crusade qui ne présente aucun intérêt.

      Il en faut pour tous les goûts bien sûr, les thèmes abordés par Babylon 5 me touchent dans doute bien plus que ceux de Stargate, StarTrek, Farscape et les autres.

      • Je ne lis pas, ou ne regarde pas de la SF pour faire de la sociologie du réel mais pour explorer d'autres réels, d'autres possibles, voire impossibles, contradictoires, impensables. L'article de Numerama m'a fait me demander "quel est le dernier truc de SF qui m'a botté?". Certainement pas Interstellar qui était une bouse psychologique sur fond de vaisseau spatial, alors que Inception du même Christopher Nolan était un bijou de réalités imbriquées.

        Mais j'ai préféré re-visionner eXistenZ, plus sobre, moins hollywoodien, dont la fin (en salle la première fois) m'a laissé pantois. Parce qu'elle a réussi à me projeter dans le film à la toute dernière seconde, me laissant suspendu entre deux réalités comme le sont ses personnages qui l'ignorent. Jeux de miroirs et mise en abîme. Je veux des trucs qui pètent la tête, qui laissent le réel loin derrière, exsangue, laminé. Et j'ai tout lu de Van Vogt à K. Dick.

        Seule une idée forte sortie du délire d'un auteur (relis Ubik) peut faire un bon scénar. Pas un comité qui tambouille un truc sur des bases sociétales avec des bouts de politiquement correct. J'ai relu l'article suite au commentaire de Dude76 (j'admets ne pas être rentré dedans la première fois) et j'ai été effaré. Pitié, nous avons assez de prêchi-prêcha comme ça.

        Droits de l'homme, racisme, égalitarisme tournent en boucle sur nos écrans jusqu'à l'hystérie. Avons-nous oublié que nous sommes partis à la conquête de l'infiniment grand et de l'infiniment petit? Que nous cherchons à percer les secrets de l'univers? Que nous créons des univers? Cette société ne fait plus rêver et s'auto-consomme. C'est du cannibalisme. Je comprends que les nouvelles générations soient larguées. L'ingéniérie sociale fabrique des fous.

        Regardons loin au lieu de regarder nos pompes. Le reste suivra.

      • "Je veux des trucs qui pètent la tête, qui laissent le réel loin derrière, exsangue, laminé. "

        Hypérion

    • En effet. J'attends de la fiction qu'elle me projette dans des mondes, des logiques, des paradigmes autres, pour ne pas dire aliens. Pas de me ramener les questions sociétales de la décennie courante. Ni une séance de ré-éducation, comme cela a été évoqué dans l'article.

      • Ne lis surtout pas Zadig de Voltaire. C'est une fiction dont le but est la critique de la société française de l'époque, ce qui était interdit. Bref, c'est un procédé qui n'est pas nouveau.

  • Je confirme, BSG c'est comme la vie, on n'en sorte pas indemne.

    Déjà il y a le stress de perdre des personnages de premier plan tout au long de la série, à la Game Of Thrones.

    Et puis ces personnages, on ne sait pas complètement qui ils sont. Eux non plus d'ailleurs. Même les plus sympathiques on parfois des comportements détestables, tout comme les cylons sont capables d'une humanité inattendue.

    Ce n'est pas comme Star Trek ou tout est bien ordonné et on peut revoir un épisode au hasard de temps en temps.

    C'est un tout, une immense fresque, à part peut-être la deuxième saison ou la prod avait imposé des épisodes standalone pour essayer de juguler la perte d'audience.

    Les camps de concentration et la résistance.
    La "vie de couple" de Starbuck et Leoben, une scène d'anthologie.
    Le Galactica en chute libre dans l'athmosphère de New Caprica.

    Le Cylon Leoben qui désoriente tout le monde en mêlant subtilement mensonges et vérités.

    Des embrouilles politico-militaires intéressantes même si parfois le trait est gros.

    J'arrête ici les spoilers mais il me paraît inconcevable de passer à coté de cette série qui n'est pas que SF.

    Le seul petit bémol que je pourrais y mettre c'est le comportement des coloniaux, visiblement calqué sur le mode de vie Américain. De ce coté-là les scénaristes auraient pu nous surprendre un peu plus, mais peut-être est-ce volontaire.

    • Excellent article en tout cas.

      Il n'a avait rien de tel dans l'ancien Numerama.

    • C 'est ce qui rend le début de la saison 3 si derangeante , que ferions nous si nous étions à leur place : des horreurs comme eux ... Certes les Cylons ont mi le bordel , mais ce n ' était que sous jas cens avec la préquelle Caprica ( qu ' il faut revoir à froid ) et oui BSG à ces moments épique et cruel , le Galactica contre le Pegasus , l ' assaut du Galactica sur New Caprica , l ' assaut contre la Colonie qui signe la mort du vaisseau ...l ' épiphanie Numéro 6/Baltar dans l ' épisode final ...

  • @ Aïcha,

    Merci pour cet article !

    BSG est un classique de la SF dans ce que le genre peut apporter de meilleur.

    En complément de tout ce que tu énumères, permets-moi de rajouter la dualité entre créature/créateur qui, loin de toute considération religieuse sur ce coup là, pose clairement la question de ce que nous risquons d'avoir à affronter si nous ne prenons pas garde à ce que nous créons ce qui est d'autant plus pertinent alors que les IA commencent à pointer le bout de leurs nez dans notre quotidien.

    Que veut dire Etre Humain ? Quelle est notre spécificité en tant qu'espèce ? Que se passera-t-il le jour où nos créations nous dépasseront en terme d'intelligence ? Et qu'est-ce qu'apporte l'immortalité ?

    Toutes ces questions nous devrions nous les poser, nous, ainsi que tous ceux qui conçoivent des systèmes avec lesquels nous allons devoir interagir et vivre.

    Et si l'intelligence mène à la conscience de sois, quels seront les choix de notre technologie ? Les mêmes que ceux des Cylons ?

    Incontestablement, cette série n'est pas à voir mais à regarder avec une attention toute particulière !

    • Clairement !
      J'ajouterai, que le parallèle humain-cylon montre aussi l'opposition parfois naturelle que nous avons avec nos enfants, nos plus parfaites créations, face à leur volonté d'entrer en rébellion ou en résistance contre nous, leur envie de nous dépasser, puis, avec le temps, leur faculté à nous comprendre. :smile:

  • Je crois que personne n'a pu expliquer ce que j'ai ressenti en voyant Battlestar Galactica aussi bien que ce qui est écrit dans cet article. Dans le vrai...et tellement actuel.

    Il ne faut pas oublier que Mr Edward James Olmos, Mme Mary McDonnell et les créateurs de la série ont mené une conférence à l'Onu pour y aborder les thèmes des droits de l'homme, le terrorisme, les enfants et les conflits armés, et la réconciliation et le dialogue dans le contexte de la civilisation et de la foi. C'est pas rien Oo !

    Bravo en tout cas pour cet article ! .

  • Si c'est la dame en rouge qui sauve l'humanité, je suis partant. On s'inscrit où ?

    Et sinon, non je n'ai pas lu l'article. la pop culture (sic) qui s'étale sur 10 pages avec des images pour aveugle malvoyant qui coupent l'article et du fond noir et du fond gris, ça me donne pas envie d'aller au delà du chapô. Surtout pour lire quelqu'un nous expliquer pourquoi il est fan d'une série télé et que ça a changé sa vie et que maintenant elle ne voit plus du tout la guerre en Syrie de la même manière.

    Le summum étant quand l'auteur t'explique que la chrétienté est absente de la série pile poil sous une parodie de la Cène ! Soit il y a de l'humour et je n'ai pas compris soit l'auteur manque de quelques références vinciennes (le peintre, pas l'entrepreneur de travaux public)

    P... elles vont être belles les copies de philo au bac dans quelques années : les citations de Descartes remplacées par des citations de The Walking Dead ou de Star Trek...

    • "Et sinon, non je n'ai pas lu l'article [....] Surtout pour lire quelqu'un nous expliquer pourquoi il est fan d'une série télé et que ça a changé sa vie et que maintenant elle ne voit plus du tout la guerre en Syrie de la même manière."

      Ah bah faut savoir, tu l'as lu ou pas ? Si non, tu peux gentiment prendre le temps de t'informer avant d'être désagréable, non ?

      "Le summum étant quand l'auteur t'explique que la chrétienté est absente de la série pile poil sous une parodie de la Cène ! Soit il y a de l'humour et je n'ai pas compris soit l'auteur manque de quelques références vinciennes (le peintre, pas l'entrepreneur de travaux public)"

      Tu confonds "série" et "image promotionnelle de la série". Sache que la Cène a également été parodiée dans des images promos par : Lost, That 70's Show, The Sopranos, House, The Tudors, Oz, Shameless, The Simpsons, South Park, et j'en passe. C'est une pratique courante que de réutiliser des images iconiques pour les photo promotionnelles, et elle n'ont en général que très peu de rapport avec le contenu réel de la série (ou alors j'ai loupé la propagande chrétienne dans les Simpsons et South Park)

      "P... elles vont être belles les copies de philo au bac dans quelques années : les citations de Descartes remplacées par des citations de The Walking Dead ou de Star Trek..."

      Ce que je trouve d'une tristesse absolue, c'est que tu sembles si réfractaire à l'idée que la pop culture puisse être un lieu de réflexion philosophique. Si pour toi tout est dans le passé et on doit arrêter de s'interroger sur le monde qui nous entoure pour plutôt se contenter de recracher encore et encore du Descartes, je me demande ce que tu fous sur le net.

    • "Si c'est la dame en rouge qui sauve l'humanité"

      Ca dépend, vous parlez de quelle version du Cylon modèle 6 ?

    • Zut ! Je n'avais pas vu que l'article continuait après l'encadré noir que j'ai pris pour un autre article. Ces tics graphiques tuent littéralement un texte.

      Le contenu me fait me demander si je suis sur Numerama ou sur Le Petit Catéchisme Illustré.

      Je voudrais dire à tous les gens qui nous font du catéchisme, et ils me semblent se multiplier follement de nos jours : ça va, on a ce qu'il faut avec les curés. Il n'est pas utile d'asperger toute la société d'Amour et Compassion. Vous n'êtes pas Jésus-Christ.

      Faisons plutôt fonctionner notre raison, qui semble fort peu sollicitée par les temps qui courent.

  • Tu as un problème de vocabulaire : un dessin animé qui montre les travers de la société, ce n’est pas de la philosophie avec sa définition classique de thèse, antithèse et synthèse. Ce n’est même pas de la sociologie car il n’y a pas de recherche des causes, ni des conséquences. On n’a pas non plus des observations de type ethnologique. On n’est même pas non plus dans le journalisme d’investigation, c'est dire.

    On est dans l’équivalent caricatural du journal télévisé : un flic blanc agresse un jeune noir. Ouh ouh ouh ! Pas bien ! C’est traité en 2mn au JT de TF1 et en à peine plus longtemps dans South Park.

    Donc je te laisse avec ton illusion de philosophie. Si ça suffit à ton bonheur, finalement on se dit que l'apprentissage de la lecture et de la réflexion critique n'est plus vraiment nécessaire.

    Je ne vais pas recommencer le même laïus que ci-dessus : regarder un dessin animé même satirique n'est pas de l'instruction. Mais puisque tu y crois, finalement c'est que ça te satisfait.

    • Ça peut quand même être l'occasion de s’exercer a reconnaître l'éthique/morale/religion développée dans ce type de programme.
      Malheureusement cette aspect est très rarement travaillé et vu que l'on s’appuie toujours sur les mêmes mythes depuis l'invention de l'écriture, ce n'est pas un grand défi intellectuel...

      BSG ne fait pas exclusivement référence aux christianisme, la série pioche un peu partout.

      @ze_katt
      Tous les aspects que tu relèves ne m'ont pas empêché d'apprécier cette série comme un très bon divertissement. Mais c'est une perception purement personnelle.

    • Encore une fois, tu dis beaucoup de conneries. J'ai simplement dit que c'était de la satire pour souligner que c'était devenu plus que du simple pipi caca, et qu'encore une fois tu critiquais en méconnaissance de cause. Mais si tu veux t'obstiner à créer des hommes de pailles parce que tu n'es pas capable d'argumenter autrement qu'avec des sophismes, amuse toi bien.

      Je ne faisais plus allusion à South Park là, mais à ta simple réticence apparente à te renseigner sur ce que tu critiques. C'est dommage, peut-être que ça te permettrait d'avancer de réels arguments.

  • Il faut un temps où on se faisait railler parce qu'on connaissait pas les grands classiques. Maintenant il faudrait regarder l’intégrale de South Park pour avoir le droit de donner son opinion. A quand Petit Ours Brun érigé comme maitre à penser?

    • C'est la pop culture.

    • Laisse tomber : Candy Crush élevé au rang de guide spirituel...

  • Bientôt dans tous les foyers.

    Modèle de tolérance, ce pantin vit en toute sérénité dans une ville multi-culturelle dans laquelle il s'efforce de vivre en paix avec ces concitoyens malgré leurs différences. Le jour ou toue le monde assumera de porter un bonnet bleu a grelot, la guerre disparaitra de la terre. C'est le nain Topinambour qui l'a promis. Il vit dans un champignon, il peut pas avoir tort.

  • En SF épuré des scènes psycho, y a Stargate. Bourrée de défauts mais épique.

    • Stargate SG1 c'est la version moderne de Cosmos 1999 !
      Les ressorts narratif n'ont quasiment pas évolué en 20 ans :smiley:

    • "Stargate. Bourrée de défauts mais épique."

      En effet.

  • Il existe une version sans les scènes psychologiques ?

  • Recherche "lecture rapide".

    Non. Je réagis comme j'ai envie. Si je veux être gentil, je le suis. Sinon, non. Mais en général, quand j'ai envie de dire quelque chose, j'ai assez peu tendance à m'autocensurer.

    Tu ne crois pas qu'il faut dire ce que l'on pense ?

    Oh merci merci merci... Mon Dieu, dire que j'allais vivre sans savoir ça.
    Et encore, tu as oublié les pubs des années 70 des jeans Levis.

    Ce qui prouve que les créateurs de série, ils ont des supers idées vachement originales. T'as pas une idée de promo. Ouais, on pourrait faire la Cène. Ouahou, trop top, c'est une super de vache idée. T'as raison, on déchire grave en lieu de réflexion philosophique

    Ce sont aussi des "lieux de réflexion philosophique" (sic) ?
    Et dire que je n'y vois que des grosses déconnades de mecs qui ont trouvé un filon et qui l'exploitent à fond.
    Non, parce que sérieux : South Park et les Simpson, une fois que tu as vu une vingtaine d'épisodes, ça tourne un peu en rond, non ?
    Y a guère que les gamins de 12 ans que ça fait marrer au-delà de 20 épisodes parce qu'ils entendent des gros mots et de l'humour pipi caca...
    Oups, pardon. Tu n'as plus 12 ans. Désolé...

    Eh oui, les séries télévisées avec des épisodes de 50 mn sont des hauts lieux de la réflexion philosophique.
    Remarque, mon môme, en cours de musique, le prof leur apprenait des chansons de Calogero. Et leur prof de français leur causait littérature avec Roald Dahl. On est bien dans la même veine

    • "Oh merci merci merci... Mon Dieu, dire que j'allais vivre sans savoir ça.
      Et encore, tu as oublié les pubs des années 70 des jeans Levis.
      Ce qui prouve que les créateurs de série, ils ont des supers idées vachement originales. T'as pas une idée de promo. Ouais, on pourrait faire la Cène. Ouahou, trop top, c'est une super de vache idée. T'as raison, on déchire grave en lieu de réflexion philosophique"

      Il a l'air amusant, ton monde où c'est les scénaristes de séries qui s'occupent des campagnes publicitaires.

      "Non, parce que sérieux : South Park et les Simpson, une fois que tu as vu une vingtaine d'épisodes, ça tourne un peu en rond, non ?
      Y a guère que les gamins de 12 ans que ça fait marrer au-delà de 20 épisodes parce qu'ils entendent des gros mots et de l'humour pipi caca...
      Oups, pardon. Tu n'as plus 12 ans. Désolé..."

      Intéressant que tu parles de ça, parce que si tu avais effectivement dépassé les 20 épisodes de South Park, tu saurais que depuis 6 ou 7 ans la série est devenue bien plus une satire de la société américaine et de ses travers, rebondissant régulièrement sur l'actualité, qu'un DA se reposant uniquement sur des blagues pipi / caca, qui effectivement tournaient en rond. Mais j'imagine que tu étais trop occupé à relire Descartes pour pouvoir t'informer sur un sujet avant de t'en moquer. (Tu vois, c'est comme ça qu'on fait un ad hominem un brin recherché, pas juste en se moquant de l'âge de ton interlocuteur)

      "Eh oui, les séries télévisées avec des épisodes de 50 mn sont des hauts lieux de la réflexion philosophique."
      Encore une fois, si tu étais informé sur les sujets auxquels tu choisis de t'attaquer, peut-être que tu te rendrais compte de l'absurdité de ton mépris. C'est dommage, de passer comme ça à côté de l'occasion de s'instruire.

      • Il fait pas exagérer non plus.
        Cet article est assez niais.
        On atteint le summum avec

        Quand au parallèle avec l'actualité 2015 j'ai trouvé ça de très mauvais goût.
        Pauvres petit français que nous sommes, d'un coup bousculés dans nos certitudes (a croire qu'avant 2015 c'était bien mieux) heureusement que l'on peut se réconforter en regardant une fiction bien au chaud sur son canapé !

        Mais il faut reconnaître que cet article a quand même fait mouche vu le nombre de commentaires positif.

        Par contre ce genre de mis en page est très désagréable a lire. Les changements de couleur de fond rende la lecture difficile et en règle général cela permet de distinguer le texte des citations. Ici tout est mélangé.

      • Quand j'ai vu le premier épisode de la série j’ai été bluffée par les scènes de combat, le rythme de la série et l'utilisation de l'opposition musique silence, puis ca m'a soulé très vite avec ses références pseudo religieuses à toutes les sauces, de la présidente se camée jusqu'aux yeux qui se prend pour Moise au scientifique qui se prend pour Jésus et la fin qui laisse à croire que le destin de l'humanité c'est d'attendre un miracle de dieux grecs en leur livrant des bébés. Surtout quand on comprend que le Galactica c'est les USA et la flotte le reste du monde.
        Le souvenir que je garde de cette série c'est foutage de gueule des spectateurs avec des évènements sans queue ni tête qui sont abandonnés sans explications. c'est dommage parce qu'il y avait plein de choses à dire sur comment vit une micro société isolée, composée de gens traumatisée, orphelins et en péril permanent autre que prenez de la drogue et cherchez la lumière.

      • Félicitations, tu fais partie de ces gens incapables de déceler une hyperbole humoristique. Congrats !

      • Je n'ai malheureusement pas plus d'humour qu'un vulcain :sleepy:

        Plus sérieusement sans prendre cette hyperbole au mot, c'est bien l'idée que cette série peut rendre quelqu'un intolérant ou raciste plus tolérants envers l'autre, ou au moins amener à une prise de conscience.

        En règle générale, lorsque qu'une fiction va a l'encontre de nos convictions, le réflexe est de la rejeter "c'est nul, absurde, incohérent, stupide, fantaisiste etc", ou bien de ne tout simplement pas y voir le même message. Quelqu'un de raciste n'aura pas la même interprétation de la série.

        La prise de conscience de son propre comportement intolérant, même en accompagnant ce visionnage d'une bonne argumentation est très peu probable.

        Au final chacun y voit ce qu'il est prêt a y voir.

  • En 2005, Battlestar Galactica arrivait en France.

    Ah, j'ai du rater quelque chose, parce que pour moi, Battlestar Galactica, c'est un film que je suis allé voir au cinéma avec les copains et les copines à la fin des années 70. On avait 15 ans et la place de cinéma coûtait 10 Francs ce qui était déjà trop cher à l'époque.

    • En effet ça n'a pas grand chose à voir.

      Toutefois la série sortie en 2003-2005 reprend quelques points:
      - Les noms de certains personnage.
      - La forme des vaisseaux
      - La fuite éperdue au travers l'espace face aux Cylons.

      Le long-métrage initial (appelé "mini-série") parle d'une première guerre contre les Cylons qui aurait été gagnée par les humains 40 ans auparavant, et dont de Galactica et ses jumeaux seraient des reliques.

      La nouvelle série est à moitié une suite, et à moitié un univers parallèle, ce qui tend à vérifier le mantra de la série: "Tout ceci est déjà arrivé, tout ceci arrivera encore".

  • Tu mets le doigt sur un point intéressant de la série qui n'a pas été beaucoup traité, plus les cylon sont en contact avec les humains, plus ils se diversifient.

    • Je ne l'avais pas vu sous cet angle, mais en effet.

      On peut dire aussi que les Cylons 3, 6 et 8 sont individuellement très différents les uns des autres même quand il s'agit de plusieurs de copies du même modèle.

      Le comportement des autres (les modèles mâles, est-ce un hasard ?) est assez prédictible, surtout le n°1 qui déteste profondément les humains.

  • "une relative absence d’explications rationnelles et scientifiques au profit d’une conclusion qui laisse une grande place à la spiritualité"

    Si vous n'aimez pas les histoires pré-mâchées.
    si vous aimez les séries qui vous laisse en état de manque après le dernier épisode.

    Regardez ça:

    Mais je vous préviens que vous ne pourrez pas poser votre cerveau.

    On vous montre l'histoire mais on ne vous explique rien, à vous de comprendre l'univers mystique de cette série au travers des dialogues entre les personnages qui ne sont pas là pour vous l'expliquer.

  • Moïse, Jésus, dieux grecs ...
    Tiens je croyais qu'il n'y avait pas de référence à la religion et que l'image qui sert à illustrer l'article est complètement décorrélée de la série ? :smile:

  • très bon texte , bon qui il est vrai fait nouveau convertit , mais mieux vaut tard que jamais , il est quand même oublié que l ' on ne parle de la génération d ' acteurs qui percé via cette série

  • Excellente lecture, merci !

  • Alors comment dire ... Cet article est tout simplement grandiose, il met en lumière des éléments de la série auxquelles je n'avais pas forcément fait attention (étant pourtant fan absolu de cette série) surtout sur la question du racisme et de la tolérance. Merci de faire l'apologie de cette sublime série qui mérite bien plus d'attention qui ne lui en a été donné !
    Au passage, la meilleure partie de BSG : les acteurs ; tous splendides et excellent (même les seconds rôles).

  • J'applaudis la prouesse critique, il est rare d'avoir des textes intelligents sur les œuvres considérées mineures que sont les séries.
    J'ai moi aussi vu toutes les saisons, et la fin devint pour moi un vrai supplice d'ennui et de prosélytisme, au point que je faisais autre chose en les regardant.

    J'ai été attiré par la nostalgie de la série précédente, mais été repoussé par le scénario abracadabrantesque (oui il n'y a pas d'autre mot). Quand au prosélytisme, la première image de l'article qui reprend exactement la mise en scène de la cène (répétition voulue) montre que c'est la direction qu'a voulu le show-runner.

  • Un bon divertissement pas : "Un rappel à la réalité primordial,
    une mise en avant nécessaire de souffrances que personne ne devrait
    pouvoir ignorer, mais néanmoins une accumulation d’informations dures à assimiler sans ciller."

  • Tu n'as pas lu l'article ?
    Parce-que ça va sauver l'humanité :joy:

  • Pourquoi il faut regarder Battlestar Galactica ?

    Pour la dame en rouge qui se prend pour Jésus ?

  • "Certains ont cru voir une volonté du showrunner Ron D. Moore de glorifier la chrétienté dans la série même si cette religion est absente de tout l’univers."
    Pourtant, quand certains disent que ça ressemble plus à l'exode et aux 12 tribus juives, là ça ne choque personne. Le deux poids deux mesures en toutes circonstances...

    • Ce qui est étonnant , non ? vu que les humains sont polythéistes ...

  • Grand fan de SF j'ai tenté BSG. Au début de la 3e saison j'ai lâché tellement j'en avais marre...

    Lourd, pathétique, personnages insupportables et mal joués (la palme pour Starbuck, d'une niaiserie encore pire que la soeur de Dexter dans la série du même nom, fallait le faire), lenteurs interminables, psychologie WTF qui n'apporte rien sinon un ennui mortel ...

    En un mot, déception.

  • Bon, j'ai tout de même envie de réagir sur certains points ou, du moins, sur ... le ressenti que j'ai sur une certaine forme ou méthodologie.

    Je ne sais pas, peut-être que je le comprends de travers, mais tu es peu ou prou en train de faire exactement ce que tu décris dans le 1er quote dans ce 2nd quote.
    Tu diabolises ceux qui n'ont pas le même avis que celui que tu exprimes.

    Et je trouve que dans les médias (merdias...), sur tous les sujets récents (mariage gay, immigrés, réfugiés, islam, Syrie, Liban, ...), on ne nous informe pas, on ne nous donne pas une analyse, on ne nourrit pas notre réflexion, mais on nous [strike]demande d'avaler[/strike] matraque ad nauseum ce qu'on doit penser, sans autre alternative, avec comme propos sous-jacent "si vous n'êtes pas d'accord c'est mal / vous êtes intolérant" (ou autre qualification/condamnation), bref, on nous "interdit" de penser, faut juste recracher le discours bien-pensant et politiquement-correct (miniver approved).
    Et ça, qu'on tente de me manipuler doucereusement, même avec un joli emballage plein de bons sentiments, ça me gène.
    Il y a 1 ou 2 autres passages où j'ai eu ce même ressenti.

    On se fout que je sois d'accord ou en désaccord, là n'est pas le "problème", mais juste cette façon de tenter une inception.
    (perso, par ex, je n'ai pas entendu parlé de réfractaire violents au réfugiés, mais m'étant un poil reculé des infos, j'ai peut-être raté des trucs)

    De manière générale d'ailleurs, dès qu'on m'affirme une vérité générale (souvent manichéenne d'ailleurs), je m'en méfie comme de la peste.

    C'est amusant, j'ai sorti ce propos presque à l'identique en fin de semaine dernière, lorsque j'ai appris (par pur accident, je ne suis ni sur facebook ni sur tweeter) qu'il y avait un heu... challenge (bien con - oui, je juge aussi parfois :smile: ) où des mecs prennnent des photos de magnifiques (enfin, c'est le but) coins de nature en (ex)posant ... leur scrotum sur la photo ... quand on m'a donné l'appelation de ce truc, il a fallu que je cherche sur le net pour savoir de quoi il s'agissait.
    J'ai appris par la même occasion qu'il y avait aussi "prendre en photo un bouteille de coca entre des seins".

    Sinon, je tiens quand même à te remercier pour ce superbe article, magnifiquement illustré de surcroît, et franchement intéressant.
    Bon, moi, BSG, j'avais commencé à regarder, et j'avais lâché à la 3ème saison (plus assez SF pour moi), mais tu m'as bien donné envie de (re)voir toute la série, jusqu'au bout cette fois-ci.
    Et tu as abordé des points auxquels je n'avais pas pensé, donc au moins cet objectif est atteint :smile:
    Et vive la vieille série BSG ! (1978-1980) *\o/*

  • Pourquoi il faut regarder Portlandia saison 2 épisode 2.

  • Je n'irai pas par quatre chemins, cette série, de par la profondeur de sa reflexion, le courage des questions qu'elle soulève comme tout simplement l'humanité mérite t'elle de vivre, le jeu des acteurs, est le meilleur show jamais produit et en fin de compte la sensation marquante aprés BSG est l'absence d'une série qui soit aussi riche.
    Mon autre grande surprise est d'avoir vu des gens réfractaires à la SF devenir "accro" à cette oeuvre.

    On est très loin de tout ce que la SF à pu produire jusqu'ici et qui peut se résumer à une interview de Edward James Olmos affirmant que si d'aventure les scénaristes avaient envie d'introduire une des nombreuses créatures étranges qui peuplent les oeuvres de SF, il feindrait d'avoir une crise cardiaque face aux caméras pour pouvoir justifier sa sortie de la série. A voir, et revoir encore.

  • Excellent article, surtout en le lisant sur un grand écran, c'est magnifique en plus d'être intéressant.

    Et à tous les fans, je suggère fortement de regarder le second épisode de la seconde saison de la série Portlandia. Vous m'en direz des nouvelles.

  • y'a plus la possibilité d'éditer ? j'avais 2/3 fautes à corriger dans mon message...
    édit : si, en "discussion complète".

  • Rien que lire le titre de la série, des frissons me parcourt le corps. Aucune autre série ni film ne me fait le même effet. Rien de plus à dire.
    Enfin si : j'espère un jour pouvoir faire découvrir la série à mes enfants.

  • Voir la discussion complète

En cours (16 min) : Pourquoi il faut regarder Battlestar Galactica