Le site russe HD Club, spécialisé dans les torrents d'œuvres en HD et 3D, vient de fermer ses portes sans prévenir. Ses administrateurs évoquent le durcissement des législations en Russie mais aussi le prétendu espionnage des utilisateurs, sans en dire plus.

L’un des sites russes les plus populaires et durables en matière de téléchargement en peer to peer s’est éteint. Le service de torrent HD Club, une plateforme de téléchargement spécialisée dans le contenu vidéo HD — films, séries TV, clips et animation —, qui réunissait une communauté de 170 000 utilisateurs, vient en effet de fermer ses portes après 10 ans d’existence.

Le site, qui faisait partie du top 1000 des sites les plus consultés en Russie, proposait au téléchargement des milliers de productions — souvent dotées d’une piste audio en anglais –, dont une bonne partie était indisponible légalement. Certaines se retrouvaient notamment sur des plateformes à la renommée plus étendue, comme The Pirate Bay.

Plaintes, espionnage et législation

C’est sans aucune annonce préalable ou signe extérieur que le site est, du jour au lendemain, devenu inaccessible. La page d’accueil affiche dorénavant un message d’adieu en russe offrant des explications assez timides : « Récemment, nous avons reçu plusieurs dizaines de plaintes des ayants-droit à un rythme hebdomadaire, et notre communauté est soumise à des attaques et à de l’espionnage. »

Le message évoque également un autre contexte : «  Il existe un durcissement de la législation sur Internet, en Russie, en Ukraine et dans des pays de l’Union Européenne.  »  Le gouvernement de Vladimir Poutine a en effet récemment annoncé l’interdiction des VPN. Aucune autre précision n’est faite sur la nature de l’espionnage, mais une chose est sûre pour les gestionnaires du site : « le temps des passionnés disparaît irrémédiablement. »

La disparition du site n’est toutefois pas forcément définitive : le message affirme qu’« il existe des négociations pour la préservation du patrimoine du club. » Reste à savoir sous quelle forme cela pourrait se faire, et si tout sera vu d’un bon œil par le Roskomnadzor, l’agence russe de surveillance des télécommunications.

La chasse aux torrents pointant vers des contenus protégés par le droit d’auteur n’est pas exclusivement russe, l’Union Européenne et les États-Unis menant également le combat, comme l’ont révélé les affaires T411 et Zone Téléchargement.

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