Le parlementaire démocrate Mike Quigley veut un Covfefe act. La proposition de loi du représentant doit changer les règles appliquées aux tweets présidentiels. Ce dernier veut en effet faire des tweets de Trump des documents préservés et archivés par l'administration.

S’il y a encore quelques jours le covfefe était un nom chimérique, il désigne aujourd’hui une proposition de loi démocrate. En effet, le représentant Mike Quigley, du 5e district de l’Illinois, souhaite introduire les tweets du POTUS dans le cadre du Presidential Record Act, et pour nommer son véhicule parlementaire, le démocrate a décidé de l’appeler le Covfefe Act. Une appellation aussi claire qu’efficace.

Covfefe Act et Mar-a-Lago Act

Pour le représentant de l’Illinois, Covfefe veut bien sûr signifier Communications Over Various Feeds Electronically For Engagement (COVFEFE). Au-delà de la blague, il y a également dans la démarche de ce démocrate une volonté de faire des tweets de Trump des documents officiels et archivés par l’institution, à la manière des autres déclarations du chef d’État.

Le Capitole, Washington DC
CC.USA Gov

Les enregistrements et archives présidentiels, réglementés par le Presidential Records Act, sont préservés et consultables des années après la fin d’un mandat, ce qui devrait empêcher, si la loi s’applique aux réseaux sociaux, Donald Trump de supprimer le moindre tweet, même s’il contient une coquille comme Covfefe.

Quigley explique : « L’utilisation fréquente, sans filtre, d’un compte Twitter personnel par le Président Trump comme moyen de communication officiel est sans précédent. Si le Président se tourne vers les réseaux sociaux pour réaliser des déclarations publiques soudaines, nous devons nous assurer que ses déclarations seront documentées et préservées pour le futur. Les tweets ont un impact et le Président doit être rendu responsable pour chaque publication.  » Pour le représentant, le Covfefe Act viendrait donc s’ajouter au cadre institutionnel des archives présidentielles, le tout dans un but politique.

Trump responsable de ses tweets

Rendre Trump responsable de ses tweets, en plus de l’empêcher de les supprimer, permettrait à ses opposants actuels et à venir de les lui reprocher dans un cadre légal. En janvier dernier, déjà, la question avait été posée à Miriam Kleiman par l’AP. La porte-parole des archives nationales avait alors précisé que les publications sur les réseaux sociaux seraient ajoutées aux enregistrements présidentiels, mais la déclaration des archives ne fait pas loi. D’où l’intérêt pour les démocrates de revendiquer un changement législatif solide.

Le représentant Quigley n’en est pas à sa première proposition de loi dotée d’un nom éloquent : le démocrate a déjà déposé un MAR-A-LAGO Act, du nom de la résidence secondaire de Donald Trump. Ici il s’agissait du Making Access Records Available To Lead American Governement Openness Act qui tentait de forcer l’administration Trump à tenir un registre des visiteurs dans la célèbre villa du président.

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