Les États-Unis envisagent d'étendre l'interdiction des ordinateurs portables et tablettes en cabine à tous les vols, quelle que soit leur provenance. La mesure, appliquée depuis mars sur certains trajets directs, devait un temps être appliquée en Europe avant que la Commission européenne ne fasse connaître sa résistance.

L’interdiction des ordinateurs portables et tablettes en cabine sur les vols en direction et en provenance des États-Unis, actuellement appliquée à certains États depuis mars 2017 — sur les trajets en provenance de certains pays du Maghreb, du Proche et du Moyen-Orient — pourrait bientôt concerner tous les pays du monde, sans restriction. Cette mesure, qui impose de transporter les appareils en question en soute, est justifiée par les États-Unis pour empêcher les risques d’attentat à l’explosif grâce à des appareils piégés.

Dans une interview accordée à Fow News, ce dimanche 28 mai, John Kelly, responsable américain de la sécurité intérieure, a en effet reconnu qu’il envisageait d’étendre cette interdiction au maximum : « Il est possible [que nous interdisions les ordinateurs portables sur tous les vols à destination et en provenance des États-Unis]. Il existe une menace bien réelle, de nombreuses menaces contre l’aviation. Les terroristes sont vraiment obsédés par cette idée de faire exploser un avion en vol, surtout si c’est un avion américain rempli de [nos concitoyens].  »

Un temps envisagée pour les pays européens, la mesure appliquée depuis mars 2017 aux vols directs en provenance de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de la Jordanie, du Koweït, du Liban, du Maroc, de la Tunisie, de la Turquie et du Qatar n’a finalement pas été appliquée aux États membres de l’Union européenne face à la résistance de la Commission européenne. Une source interne déclarait au Monde, le 18 mai : « Les Etats-Unis n’ont formulé aucune demande et aucune décision n’a été prise ». Mais il ne pourrait de fait s’agir que d’un simple retard de l’échéance si John Kelly finit par appliquer cette nouvelle mesure, alors que plus de 3 250 vols hebdomadaires sont prévus entre l’Europe et les États-Unis cet été.

CC Gellinger

Une perte d’1,1 milliard de dollars ?

De son côté, Donald Trump a récemment provoqué la colère d’Israël en révélant à la Russie les informations transmises par les services de renseignement de ce pays allié, mettant en danger ses sources tout en bafouant par la même occasion le traditionnel secret en la matière.

Face à cette restriction, certaines compagnies ont adopté des mesures palliatives pour les  passagers qui ne peuvent se passer d’un tel appareil bien utile pour le travail ou simplement pour s’occuper pendant la durée du trajet : elles proposent à la location des tablettes et ordinateurs portables vérifiés par les services de sécurité.

L’Association du transport international aérien, qui représente plus de 200 compagnies aériennes, ne cache pas ses craintes sur l’impact économique et pratique d’une interdiction étendue. Son président, Alexandre de Juniac (ancien patron d’Air France), s’inquiète ainsi des conséquences d’une interdiction sur les vols européens : « [Cette interdiction] pourrait coûter 1,1 milliard de dollars par an aux passagers [en incluant la perte de productivité des hommes d’affaire en voyage ou encore des trajets plus longs pour contourner l’interdiction], tout en affectant l’économie et en […] créant un risque supplémentaire d’incendie des batteries au lithium-ion ».

John Kelly s’est en revanche refusé à avancer une date ou une estimation pour l’entrée en vigueur potentielle de la mesure concernant tous les pays sans restriction : « Nous continuons d’examiner les renseignements. Nous travaillons de très près avec des amis et partenaires tout autour du monde, ce qui est une très bonne nouvelle. Nous allons […] augmenter d’un niveau la sécurité aérienne pour la rendre bien plus importante qu’à l’heure actuelle. »

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