La police américaine a procédé fin août à l'arrestation d'un homme suspecté d'être un autre « Edward Snowden ». Contractuel pour la NSA, l'intéressé a été retrouvé avec des documents très sensibles chez lui.

Le mystérieux « second Edward Snowden » que les médias évoquent depuis deux ans a-t-il finalement été arrêté par le FBI ? À en croire les informations du New York Times, la police fédérale américaine a interpellé en secret un employé de 51 ans travaillant pour le compte de Booz Allen Hamilton, une entreprise fournissant des services aux agences fédérales, à commencer par la très secrète NSA.

L’intéressé est suspecté d’avoir « dérobé du code informatique hautement classifié et développé par l’agence pour pirater les systèmes de pays rivaux comme la Russie, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord ». L’article, signé par quatre journalistes, souligne que des portions de ce qu’a pris le contractuel est obsolète. Il est ajouté que la nature de ces  documents est différente des fichiers copiés par Snowden.

Le département de la justice indique que « les enquêteurs ont trouvé des documents en papier des informations numérisées sur différents appareils et supports amovibles . Un important pourcentage des éléments trouvés dans sa résidence et dans son véhicule portait des marques indiquant qu’ils étaient la propriété du gouvernement américain et contenaient des documents classés confidentiels ».

Il apparaît que l’employé mis en accusation n’a pas piraté la NSA pour récupérer des informations sensibles mais a simplement profité de son statut et des autorisations qui lui étaient données pour obtenir ce qui l’intéressait. C’est une situation assez proche de celle d’Edward Snowden, qui d’ailleurs a aussi travaillé pour Booz Allen Hamilton un certain nombre d’années avant de devenir lanceur d’alerte.

CC Mike Mozart
CC Mike Mozart

Pour l’heure, on ne sait pas si l’intéressé —  Harold T. Martin III — a un quelconque rapport avec le mystérieux groupe baptisé Shadow Broker, qui est à l’origine de la fuite de logiciels espions qui auraient été conçus par la NSA, ou s’il a eu un rôle quelconque dans la série de fuites concernant les interceptions de la NSA visant le Japon, l’Allemagne, la France et d’autres pays et révélées par WikiLeaks.

Cela n’est pas sans importance. Comme le font remarquer certains observateurs, si Harold T. Martin III n’est pas Shadow Broker, cela veut dire que la NSA s’est fait avoir deux fois peu après l’éclatement de l’affaire Snowden et cela pendant au moins six mois. Pour Glenn Greenwald, journaliste à The Intercept qui a travaillé avec Snowden pour révéler les secrets de la NSA, il y a de quoi rire dans toute cette histoire.

Outre Edward Snowden, il y aurait au moins deux autres lanceurs d’alerte. En 2014, Glenn Greenwald a confirmé qu’il a été en contact (l’est-il toujours ?) avec un autre informateur dans les services de renseignement. Deux ans après, dans l’affaire Shadow Broker, des indices laissent à penser que celui qui en est à l’origine est aussi un employé travaillant dans le milieu.

Or, pour l’instant rien n’indique que l’informateur de Glenn Greenwald est aussi celui qui est derrière l’affaire Shadow Broker. Et pour l’instant, on ne sais pas non plus si Harold T. Martin III a un quelconque rapport avec l’un ou l’autre cas.

À lire sur Numerama : Un autre «  Edward Snowden  » derrière la nouvelle fuite de la NSA  ?

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