Un journaliste du Washington Post a élaboré une extension pour Google Chrome qui ajoute un encart de « fact checking » sous les tweets de Donald Trump.

En cette période de campagne électorale pour la présidence de la République, il n’est parfois pas facile de démêler le vrai du faux dans ce que les candidats déclarent. Les promesses fusent d’un camp à l’autre, les bilans sont tirés, forcément satisfaisants pour l’équipe sortante, systématiquement catastrophiques pour l’opposition, si bien que pour l’électeur, il n’est pas simple de savoir sur quel pied danser.

Face à cette situation, on a assisté à l’arrivée de la vérification par les faits (ou « fact checking »). Divers médias pratiquent cet exercice, comme Libération avec Désintox et Le Monde avec Les Décodeurs. L’idée est simple : il s’agit de vérifier si les propos assénés par le personnel politique sont justes et de déterminer les sources qui sont utilisées par lui pour asséner un point de vue.

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CC Kaboom

Même des sites comme Facebook et Google, qui n’ont pourtant rien de sociétés de presse, sont en train de se mettre au « fact checking », notamment parce que la prolifération des fausses actualités sur les réseaux sociaux lors des trois derniers mois de la campagne pour l’élection présidentielle américaine est suspectée d’avoir eu un rôle-clé lors du scrutin qui a permis la victoire de Donald Trump.

Cette tendance au « fact checking » franchit aujourd’hui un cap supplémentaire avec l’initiative très intéressante conduite par un journaliste du Washington Post, qui a mis au point une extension pour le navigateur web Google Chrome. Celle-ci affiche sous chaque tweet de Donald Trump un encart pointant vers un article du journal américain qui vérifie les allégations du président-élu.

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Évidemment, il n’y a pas d’encart à chaque fois que Donald Trump publie quelque-chose. Certains de ses tweets n’appellent à aucun commentaire particulier, soit parce qu’ils sont factuellement justes — oui, c’est possible, même venant de Trump ! –, soit parce qu’ils n’ont pas besoin d’être vérifiés. Ce travail demande par contre un suivi minutieux et réactif des journalistes de la rédaction pour coller au plus près de ses sorties.

La portée citoyenne de l’extension reste toutefois limitée à ceux qui auront d’emblée une démarche critique vis-à-vis des allégations du président-élu. Or le problème, c’est que ceux qui accordent aveuglément du crédit à tout ce que raconte Donald Trump ne jugeront pas nécessaire d’utiliser une telle extension. En effet, pourquoi l’utiliseraient-ils puisque ils estiment que leur champion dit la vérité ?

C’est là toute la limite du projet des journalistes du Washington Post. Il va passer à côté des convaincus ; or c’est peut-être eux qui ont le plus besoin de « fact checking » pour ne pas gober tout ce qui est lancé à l’emporte-pièce sur les réseaux sociaux. Malgré ses limites, la démarche revêt un vraie dimension de salubrité intellectuelle. À quand une démarche du même genre en France ?

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