Jobs, Lovelace, Turing et Freyssinet : voilà le quatuor de figures de l'ingénierie, de l'informatique et de la technologie qui encadreront la Halle Freyssinet, futur incubateur de startups parisien propulsé par Xavier Niel.

Au téléphone, Jérôme Coumet, maire du XIIIe arrondissement de Paris, ne cache pas son étonnement : « Nous savions que cette décision ferait parler… mais pas qu’il y aurait une polémique !  ». Ce matin, sa mairie a en effet dévoilé que l’une des rues autour de la Halle Freyssinet, incubateur de startups de Xavier Niel, porterait le nom de Steve Jobs, fondateur d’Apple.

Les réactions des élus écologistes et communistes n’ont pas tardé : ils auraient préféré rendre hommage à une autre personnalité de l’informatique, Ada Lovelace, que l’Histoire reconnaît comme l’une des premières programmeuse et non à une société qui, malgré son apport à la technologie, a encore des choses à clarifier avec les impôts français.

Monsieur Coumet estime que ce n’est pas à Apple que la rue rend hommage, mais à Steve Jobs, en tant que personnalité contemporaine. Il explique : «  Nous souhaitions une figure plus contemporaine. Steve Jobs a contribué à changer notre quotidien, à donner un sens à l’informatique personnelle, au smartphone etc. Aucune personnalité n’est parfaite, nous le savons bien, mais son héritage est conséquent ». Le conseil municipal du XIIIe arrondissement a ainsi souhaiter encadrer symboliquement l’espace qui accueillera de jeunes entrepreneurs d’une rue qui porte le nom d’une personne dont ils pourraient vouloir s’inspirer.

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Un objectif louable, d’autant qu’il ne sera clairement pas le seul à avoir l’une des nouvelles rues proche de la Halle. D’abord, on trouve bien évidemment l’ingénieur du lieu, Eugène Freyssinet, qui est aussi un entrepreneur dont la société existe encore : Freyssinet, possédée aujourd’hui par le groupe Vinci est une entreprise de construction et de rénovation de bâtiment.

Mais Ada Lovelace, la candidate soutenue par les élus communistes et écologistes n’est pas en reste : elle aussi sera symboliquement présente autour de la Halle. Jérôme Coumet estime que cette décision est double : la mairie reconnaît en elle une grande scientifique « mais aussi une grande féministe ». La valeur symbolique est donc d’autant plus forte.

La quatrième rue à laquelle il a fallu trouver un nom autour de la Halle rendra hommage à Alan Turing, mathématicien et cryptologue britannique dont les travaux, notamment sur l’intelligence artificielle, résonnent encore aujourd’hui. Le test qui porte son nom est censé être celui qu’une machine doit passer pour qu’un humain ne la considère plus comme une machine, mais comme l’un de ses semblables.

Lovelace, Turing, Jobs et Freyssinet

Ce sont donc ces quatre personnes qui, symboliquement, porteront par leur patronyme les rues autour de la Halle Freyssinet. Reste au conseil d’arrondissement et à la Mairie de Paris à approuver ces choix : le processus est volontairement long car les noms de rues sont pensés pour ne pas avoir à être changés fréquemment. « Comme les autres que nous avons choisis, je pense que Steve Jobs est un nom que l’histoire retiendra  », conclut Jérôme Coumet.

La Halle Freyssinet et sa Station F doivent ouvrir début 2017.

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