C'est par Twitter que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme, mandaté par l'ONU pour veiller sur le respect des libertés fondamentales, s'est attaqué aux décisions toujours en vigueur dans plusieurs communes françaises, d'interdire aux femmes le port du burkini.

Il n’existe pas (ou pas encore) de communiqué officiel sur son site officiel, ou de communication sur sa page Facebook. Mardi, c’est sur Twitter que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU (HCDH) a décidé de réagir à l’interdiction du port du burkini décrété en France dans 26 communes, et pour le moment annulé par le Conseil d’État dans la seule commune de Villeneuve-Loubet.

Alors que les annulations des arrêtés de quatre autres communes sont attendus cette semaine (à moins d’une rébellion des juges administratifs), le HCDH a fait savoir sur Twitter qu’il se félicitait de la décision du Conseil d’État, tout en appelant les maires à abroger d’eux-mêmes les arrêtés toujours en vigueur sur leur territoire.

«  Nous appelons toutes les autorités locales ayant adopté des interdictions similaires et qui ne l’auraient pas encore fait à les annuler immédiatement, plutôt que de mettre à profit la portée géographique limitée de cette décision [du Conseil d’État] afin de maintenir leurs interdictions hautement discriminatoires jusqu’à la fin de la période des vacances », écrit Rubert Colville, le porte-parole du HDCH.

L’égalité de genres ne peut être obtenue en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter.

Le Haut-Commissariat dispose d’un mandat confié par l’Assemblée générale des Nations Unies, pour veiller en son nom au respect des traités internationaux sur les droits de l’homme à travers le monde. « Nous offrons un leadership, travaillons objectivement, éduquons et prenons des mesures pour rendre les individus autonomes et aider les Etats à défendre les droits de l’homme », résume son site internet.

Dans d’autres tweets, le HCDR rappelle que « les limites à la liberté de toute personne de manifester sa religion ne sont autorisées que dans des circonstances très limitées », et que « l’égalité des genres ne peut être obtenue en réglementant les vêtements que les femmes décident de porter ».

Les musulmanes n’ont pas à se faire discrètes

Dans un tweet pour le moment diffusé exclusivement en anglais, l’organe onusien explique par ailleurs que «  les individus qui portent des burkinis ne peuvent pas être blâmées pour la violence et les réactions hostiles des autres », ce qui est une manière de répondre à ceux qui y voient des « provocations » ou qui appellent à ce que les femmes voilées se cachent pour éviter toutes violences.

«  La meilleure façon d’apaiser les tensions c’est que soit proscrit tout signe extérieur d’appartenance à une religion », avait par exemple déclaré Nicolas Sarkozy au journal de 20 heures de TF1. Jean-Pierre Chevènement, le futur président de la Fondation des œuvres pour l’islam de France, avait pour sa part demandé aux musulmans de faire discrets.

L’arrêté attaqué au Conseil d’État faisait lui-même prétexte de ce que les burkinis pourraient entraîner des réactions violentes dans le contexte de psychose actuelle, pour justifier de l’interdire au nom de l’ordre public.

Dans son message, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme estime que « toute inquiétude pour l’ordre public devrait être traitée en visant ceux qui incitent à la haine ou réagissent violemment, pas en ciblant des femmes qui ne font que vouloir marcher sur la plage ou aller se baigner en portant des vêtements dans lesquels elles se sentent confortables ».

 

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