Google France a annoncé qu'elle organiserait cet été, à partir du 4 juillet, une série de rencontres entre des jeunes et des YouTubers et experts, pour les inciter à réaliser des vidéos positives contre les discours de haine.

Google France annonce qu’il a organisé lundi après-midi une rencontre avec 40 associations, dans le cadre du Forum Net Positif, pour revenir sur les initiatives que le géant de Mountain View a pris pour mieux participer activement à la lutte contre les discours de haine, en particulier djihadistes, sur Internet. La rencontre était organisée en partenariat avec Facebook et Twitter, et prenait place quelques jours après que la Commission européenne a annoncé la signature d’un « code de conduite » avec Google, Microsoft, Facebook et Twitter, précisément sur la lutte contre les discours haineux.

« Des tables rondes en présence d’experts, animées par Laurent Bazin, ont d’abord permis de faire un état des lieux sur la perception des discours de haine, d’échanger sur l’émergence des contre-discours en France, mais également de partager les bonnes pratiques et les retours d’expérience de l’association Parle-moi d’Islam, de la chercheuse Erin Saltman, ou encore à travers l’exemple du YouTubeur belge Abdel en vrai », raconte Google France.

Leur proposer des créer des vidéos positives sur leur quotidien, leur quartier, leur histoire

Mais surtout, la filiale française de Google en a profité pour dévoiler des initiatives concrètes visant, non pas seulement à empêcher la diffusion de discours d’apologie du terrorisme, mais à favoriser des contre-discours. Ainsi il a décidé notamment de :

  • Donner à des associations pendant 6 mois l’accès à son studio YouTube Space, qui permettent de bénéficier d’un matériel vidéo de qualité et des conseils des experts de YouTube, pour « créer des contenus vidéos positifs » ;
  • Accorder des « bourses publicitaires » AdGrants qui permettent aux associations de faire de la publicité gratuite en Google Adwods, sans que Google n’ait à modifier ses algorithmes pour mettre en avant les sites de contre-propagande dans les pages de résultats où ils seraient en difficulté ;
  • Une tournée de 100 jours, intitulée « Toi-même tu filmes », qui démarrera le 4 juillet prochain et permettra à des Youtubers et experts de partir « à la rencontre de jeunes dans 25 villes, pour les aider à déconstruire les discours de haine sur Internet et leur proposer de créer des vidéos positives sur leur quotidien, leur quartier, leur histoire ». Le programme précis n’a pas encore été dévoilé, et l’on ignore encore l’identité des Youtubers concernés.
  • Un concours entre tous les films produits, permettant de gagner des formations au YouTube Space de Paris, des équipements vidéos, voire un séjour au Youtube Space de Los Angeles.

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Google a dévoilé à cette occasion qu’elle travaillait sur cette tournée depuis plusieurs mois, en partenariat avec Génération Numérique, le Mobile Film Festival, et Sophie Mazet, enseignante et auteure d’un Manuel d’autodéfense intellectuelle chez Robert Laffont.

Le mois dernier, les associations françaises SOS Racisme, l’UEJF et SOS Homophobie ont saisi la justice pour demander notamment à YouTube de communiquer davantage sur ses méthodes de censure des contenus haineux sur internet. Elles avaient réalisé auparavant une campagne de testing qui montrait que les géants du Web étaient encore très passifs devant la propagation des messages d’apologie du terrorisme, racistes, xénophobes, homophobes ou encore antisémites.

Selon un sondage réalisé en mai 2016 pour Google France par l’institut CSA, 85 % des internautes Français ont déjà été témoins de propos haineux, à la fois hors ligne (78 %) ou sur Internet (70 %), et près de la moitié (45 %) estimeraient que les acteurs privés seraient les mieux à même d’apporter des informations utiles contre ces discours.

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