La réunion organisée par la Maison-Blanche avec les géants du web pour discuter antiterrorisme a été l'occasion pour Tim Cook, le directeur d'Apple, d'appeler le gouvernement à s'opposer aux portes dérobées (backdoors).

Sur la question du chiffrement, Apple reste inébranlable. Même la réunion organisée par la Maison-Blanche avec plusieurs géants de la Silicon Valley n’est pas parvenue à infléchir la position exprimée depuis plusieurs mois par le directeur général de la société américaine, Tim Cook : pas question d’installer la moindre porte dérobée (ou « backdoor ») qui nuirait à la sécurité des communications électroniques.

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C’est ce que rapporte le site d’information The Intercept, spécialisé dans les activités des services de renseignement, en citant deux sources qui ont été informées de la réunion. En substance, le patron de la firme de Cupertino a affiché son hostilité à la perspective de voir émerger des portes dérobées pour contourner le chiffrement.

Il a plutôt suggéré à Washington de s’exprimer très clairement contre un tel affaiblissement d’une technologie qui est au cœur de la sécurité sur Internet, alors que Loretta Lynch, la procureure générale des États-Unis lui a rétorqué qu’il faut trouver un « équilibre » entre la vie privée et la sécurité nationale.

Apple ne veut pas de backdoor. La Maison-Blanche souhaite un équilibre.

Autrement dit, la réunion organisée à la Maison-Blanche a permis d’échanger les points de vue de chacun, mais les positions n’ont pas pu être rapprochées. En tout cas celles entre l’administration de Barack Obama et Tim Cook. En effet, The Intercept ne dit rien sur les prises de parole des autres intervenants.

La rencontre, organisée vendredi 8 janvier, a rassemblé des représentants de CloudFlare, Dropbox, Facebook, Google, LinkedIn, Microsoft et Twitter. Outre la question épineuse du chiffrement, plusieurs autres problèmes concernant l’antiterrorisme ont été abordés lors de ce sommet avec les géants du net et des moyens de communication.

Tim Cook.
Tim Cook.

Parmi les entreprises qui comptent sur ce sujet, Apple fait partie de celles qui affichent la plus grande hostilité à l’égard d’un affaiblissement du chiffrement. À la fin septembre, Tim Cook manifestait son opposition à l’introduction de backdoors au profit d’un quelconque gouvernement.

Via l’Information Technology Industry Council, dont elle est membre, la firme de Cupertino a rappelé peu après les attentats du 13 novembre que la création de vulnérabilités pour le compte des « gentils » peut aussi profiter aux « méchants ». Et pour cause : une faille n’est pas en mesure de distinguer qui l’exploite pour accéder à des données. « Affaiblir la sécurité dans le but de faire progresser la sécurité n’a tout simplement pas de sens ».

Affaiblir la sécurité dans le but de faire progresser la sécurité n’a tout simplement pas de sens.

Bien que critiqué et critiquable sur bien d’autres aspects, Apple exprime depuis plusieurs mois son souci de protéger correctement la vie privée de ses clients. Ces efforts ont été relevés par l’Electronic Frontier Foundation, qu’on ne peut pas franchement suspecter de complaisance à l’égard de l’entreprise à la pomme.

En France, la question du chiffrement est aussi très débattue.

François Molins, le procureur de la République de Paris, se montre critique à ce sujet, tandis que la députée de l’Essonne Nathalie Kosciusko-Morizet a déposé un amendement pour réclamer des backdoors. L’ANSSI estime aussi qu’il faut pouvoir déchiffrer à un moment ou un autre. De son côté, Axelle Lemaire a affiché son attachement au chiffrement au nom de la vie privée.

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