Ca pourrait être une idée pour le ministère de la Culture en soutien de la loi Olivennes sur la riposte graduée. Assaillie par le nombre de plaintes reçues par ses services, l’Université de Sciences et Technologie du Missouri a mis en place une solution originale pour décourager de façon éducative les étudiants qui souhaiteraient télécharger des œuvres piratées sur les réseaux P2P. Pour avoir le droit de télécharger ou d’uploader des fichiers sur des réseaux peer-to-peer, les étudiants du campus doivent d’abord répondre parfaitement à un questionnaire en intranet sur le droit d’auteur et la contrefaçon.

En répondant au test sans aucune erreur pour prouver sa parfaite connaissance des règles du droit d’auteur, l’étudiant débloque l’utilisation des réseaux P2P sur son ordinateur pour une durée de six heures. Suffisant pour télécharger un film sur BitTorrent. Il doit ensuite repasser le test à chaque fois qu’il souhaite bénéficier d’une nouvelle session, et il ne peut passer le test que huit fois maximum dans le mois. Le reste du temps, les routeurs du campus s’assurent de ne pas laisser passer les protocoles P2P vers les adresses IP qui ne bénéficient pas du précieux sésame.

Pour s’assurer de l’efficacité éducative de la mesure, l’Université génère les tests en ligne de façon aléatoire. Le choix, l’ordre des questions et l’ordre des réponses ne sont jamais les mêmes, pour obliger les étudiants à être attentifs lorsqu’ils répondent. A force, ils savent parfaitement quels sont les types d’œuvres protégées par le droit d’auteur et ce qu’ils n’ont, en théorie, pas le droit de faire. Les obstinés sont ensuite punis. 14 jours d’interdiction d’accès au réseau à la première infraction au droit d’auteur, 28 jours la deuxième fois avec en plus des travaux d’intérêt général, et ainsi de suite.

Et apparemment, ça marche. Alors que le campus a reçu l’an dernier plus de 200 plaintes de la RIAA qui défend les intérêts des maisons de disques, et malgré une intensification des poursuites contre les Universités, pour le moment l’Université du Missouri n’a reçu que huit plaintes.

L’histoire ne dit pas cependant si les étudiants respectent davantage le droit d’auteur, ou s’ils ont simplement arrêté d’utiliser les réseaux P2P traditionnels au profit de moyens plus sûrs, comme les newsgroups ou les réseaux sécurisés que les routeurs ont bien du mal à filtrer.

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