Après avoir longtemps promu les avantages des connexions haut-débit, notamment pour les échanges de fichiers, les fournisseurs d'accès retournent leurs vestes, et décrient les coûts toujours plus élevés du Peer-to-Peer dans l'exploitation de leur réseau.

Le Peer-to-Peer est devenu l’épine dans le pied des fournisseurs d’accès. Après le danger pour l’industrie culturelle du marché noir des contenus soumis au droit d’auteur qui circulent sur les réseaux de partage de fichiers, le P2P est en passe de devenir également une vraie menace pour les FAI (fournisseurs d’accès à Internet).

Selon eux, le tranfert de contenus multimédia via les réseaux de partage représenterait plus de 60 % du traffic recensé, et le coût de la bande passante nécessaire à de telles quantités d’informations se chiffrerait à plusieurs millions, voire plusieurs dizaines de millions de dollars par an.

« Ce que les FAI dépensent en bande passante est l’une de leurs plus grandes sources de dépenses« , déclare Andrew Parker, un des co-fondateurs de CacheLogic. « C’est un problème potentiel et quelque chose que nous avons de gérer assez sensiblement » reconnait Pierre Danon, directeur de BT Retail, une filiale de British Telecom.

Quelques FAI ont déjà essayé de limiter l’utilisation d’un logiciel de Peer-to-Peer, en limitant la bande passante mise à disposition de ses clients, ou bien même en leur envoyant des emails les avertissant de l’illégalité du contenu qu’ils téléchargaient, tout cela sans grand succès.

L’illimité a ses limites

Quelques start-ups telles que CacheLogic et Canada’s Sandwine proposent désormais un nouveau serveur, tournant sur Linux, qui limiterait les échanges de fichiers aux clients d’un même fournisseur d’accès. La plupart des principaux FAI seraient d’ailleurs interessés, et certains testeraient déjà ce serveur. En outre, les échanges entre clients de FAI différents seraient fortement réduits par l’instauration d’une limite de bande passante par client.

Si l’utilisation du Peer-to-Peer ne met en soit pas les FAI sur la sellette, il n’en reste pas moins que ces firmes souhaitent garder le contrôle sur leurs dépenses, voire même essayer de les diminuer. C’est pourtant le partage de fichiers qui fut plus ou moins implicitement l’un des principaux arguments de vente des connexions à haut-débit.

Après avoir conquis le marché de cette manière, le temps arrive donc pour les FAI de brider les consommateurs sur ce qui les ont attiré…

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