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Bruxelles reste incapable de casser le monopole de la Sacem

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 16 Novembre 2007 à 10h10 - posté dans Musique Numérique

C'était il y a plus de deux ans. Nous rapportions en juillet 2005 l'intention de la Commission européenne de proposer une licence paneuropéenne pour fluidifier l'arrivée de nouveaux services musicaux en Europe, qui respectent les impératifs de concurrence européens. Il y avait alors déjà urgence à ce que la Sacem et ses équivalents nationaux abandonnent leur monopole local pour permettre aux services de musique en ligne comme iTunes de signer avec une seule d'entre elles dans n'importe quel pays pour l'ensemble du territoire européen (l'enquête préliminaire de Bruxelles remonte même à mai 2004). Actuellement, il faut signer pays par pays avec chacune des sociétés d'auteurs, ce qui est très long, très coûteux, et pose des problèmes d'harmonisation des tarifs du service auprès des consommateurs des différents états membres. De plus, il faut signer obligatoirement avec la société de gestion du pays où est installé le service. En clair, l'état actuel du droit protège le monopole national des sociétés de gestion collective et freine considérablement le développement de services compétitifs en Europe (ce qui explique en grande partie le retard important qu'est en train de prendre l'Europe sur le développement de la musique numérique), au détriment des règles de la libre concurrence au sein des Etats membres.

Il y avait déjà urgence en 2005, mais on ne va jamais assez lentement dès qu'il s'agit de bousculer les lobbys et leur train-train. Effrayées par la perpsective de devoir se faire concurrence pour attirer les plate-formes avec des tarifs plus bas que ceux du voisin, les différentes Sacem européennes se sont entendues pour rejeter en bloc la proposition et faire pression sur le commissaire européen en charge du dossier Charlie McCreevy. Elles ont passé quelques accords bilatéraux pour tenter de régler le problème entre elles, sans la force coexercitive des règlements européens.

Deux ans plus tard, rien n'a véritablement bougé. Secoué par la Commission des affaires juridiques du Parlement européen qui demande une proposition formelle de directive cadre ou de règlement le plus vite possible, McCreevy a demandé encore plus de temps pour se décider. "Les réponses analysées jusqu'à présent [aux questions de la Commission] montrent que la plupart des acteurs ne voient pas le besoin d'une directive cadre et préfèrent des solutions basées sur le marché à une intervention de régulation", a répondu le commissaire européen. "Alors que le marché en ligne est toujours en mouvement, légiférer en faveur d'un modèle particulier de licence serait prématuré".

McCreevy propose plutôt de mettre en place des "lignes de conduite" pour les différents acteurs, qui s'appliqueraient à l'ensemble des activités des sociétés de gestion collective et non plus seulement aux activités liées à la musique en ligne. Une proposition qui soulève la colère du Parlement puisqu'il serait alors contourné , les lignes de conduite n'ayant pas besoin de recevoir son feu vert, contrairement aux directives.

Sans surprise, les sociétés de gestion collective se sont réjouies de cette nouvelle.

Publié par Guillaume Champeau, le 16 Novembre 2007 à 10h10
 
 
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Commentaires à propos de «Bruxelles reste incapable de casser le monopole de la Sacem»
 
Merci de nous avoir enfin expliqué clairement les problèmes que posent la gestion des droits d'auteurs en Europe et les problématiques de circulation des oeuvres et de concurrence, au bénéfice des auteurs ou au bénéfice des usagers des catalogues, au détriment des auteurs ou au détriment des usagers des catalogues.
Cela fait quelques années que je suivais ce dossier et enfin, grâce à vous, j'ai tout compris : c'est la faute aux lobbys et à leur train-train.
Limpide !
'Remix', le 01/01/1970 - 01:00
Merci de nous avoir enfin expliqué clairement les problèmes que posent la gestion des droits d'auteurs en Europe et les problématiques de circulation des oeuvres et de concurrence, au bénéfice des auteurs ou au bénéfice des usagers des catalogues, au détriment des auteurs ou au détriment des usagers des catalogues.
Cela fait quelques années que je suivais ce dossier et enfin, grâce à vous, j'ai tout compris : c'est la faute aux lobbys et à leur train-train.
Limpide !

Si seulement ça n'était que ça, ce serait simple. Malheureusement ça n'est qu'un des premiers obstacles, mais il est probablement le plus grand grain de sable dans le rouage. Oui, il y a des explications à la position de la Sacem, qui lorsqu'elles les exposent ne semblent pas idiotes (si on fait du dumping de droits dans les différents états membres, les prix des licences vont chuter et donc les auteurs moins toucher). Sauf que c'est à force de s'arc-bouter sur ces craintes et ces positions de principes que la France et l'Allemagne notamment sont à la traîne sur le numérique. Je rappelle que c'est 8% du CA en France, contre près de 30 % déjà aux USA, où, coïncidence, il se trouve y avoir une concurrence entre sociétés de gestion.
'Remix', le 01/01/1970 - 01:00
Merci de nous avoir enfin expliqué clairement les problèmes que posent la gestion des droits d'auteurs en Europe et les problématiques de circulation des oeuvres et de concurrence, au bénéfice des auteurs ou au bénéfice des usagers des catalogues, au détriment des auteurs ou au détriment des usagers des catalogues.
Cela fait quelques années que je suivais ce dossier et enfin, grâce à vous, j'ai tout compris : c'est la faute aux lobbys et à leur train-train. Limpide !

Y a il un seul secteur ou la libre concurrence au niveau européen a été imposée ou ce genre de problèmes ne c'est pas posé? (intérêt du consommateur/employé/actionnaire) ?
Faut arreter de nous faire croire que le monde de la musique est si particulier que ca, c'est une industrie comme une autre, mais qui dispose d'une force de communication et de pression impressionnante, c'est tout, qui lui a permis d'obtenir au fil des ans des avantages injustifiés qu'il serait bon de réformer. Ce qui est concevable avec FT, GDF et la sncf est concevable avec la sacem et johnny. Mieux même, car les seuls obstacles a l'harmonisation sont administratifs, il n'y a pas d'obstacles techniques :rolleyes:
 
Lol!
Le libéralisme c'est pour les autres, mais dès qu'on touche a un monopole afin de créer la concurence, là ça va plus du tout.
Y'a pas que la SACEM qui réagit comme ça cela dit.
ça fait plaisir de voir que l'AIMSA arrive à fair ce que Bruxelles ne peut pas
On est plus puissants ! :D

Avec nous plus de monopole SACEM, plus de SACEM du tout même !
Les morpions de la SACEM ont encore trop de poils de couilles pour s'accrocher.
Il faut attendre que plus d'artistes les quitte.

Dès lors, moins d'argent, moins de pouvoir, dissolution, destruction.
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