Peut-on donner des cours de guitare sur Internet sans les faire payer ? Non, répond la RIAA qui a fait supprimer plus de 100 cours sur YouTube. A moins d'utiliser uniquement comme exemples des morceaux de musique qui ne sont pas aux catalogues des majors.

Il suffit de faire une recherche sur DailyMotion pour voir que les cours de guitare prospèrent sur les sites de partage de vidéos en ligne. Logique tant les avantages ne manquent pas. Ceux qui donnent les cours peuvent partager leur savoir-faire très simplement et se faire connaître à l’aide d’un simple micro et d’une webcam, tandis que ceux qui les regardent peuvent répéter les séquences et les explications sans jamais abuser de la patience du prof ou de ses oreilles. A l’heure de Wikipedia, du Peer-to-Peer, de l’open-source et des Creative Commons, la co-éducation non marchande par Internet semble devenir parfaitement naturelle.

Mais ça n’est pas du goût de tout le monde. La maison de disques ABKCO, qui possède les droits d’édition des Rolling Stones, s’est plainte de l’utilisation du titre « Brown Sugar » dans l’un des cours de David Taub, l’un des prof guitaristes les plus populaires sur le YouTube. YouTube a alors supprimé le compte de Taub et une centaine de cours qu’il avait uploadé.

Droit d’auteur et droit à l’éducation musicale

David Taub« Cette histoire de droit d’auteur est nébuleuse. J’apprends aux gens à jouer de la guitare en utilisant la chanson comme support« , explique David Taub qui ne voyait pas en quoi cela pouvait gêner une maison de disques. Quel professeur de guitare dans le monde ne prend pas comme exemple les chansons les plus populaires pour apprendre les accords à leurs élèves ? Pourquoi est-ce qu’il faudrait faire différemment sur Internet ? Il faut avouer que le commun des mortels n’y comprend pas grand chose et que la rigueur juridique se prête mal à l’évolution des moeurs.

« Des milliers de gens qui donnent des cours en ligne font comme ça », rappelle Taub. Mais de tous, David Taub était l’un des plus plus populaires. Ses vidéos avaient été vues par plus de 3 millions de visiteurs en huit mois, et lui servaient à faire la promotion de son site de cours payants, NextLevelGuitar.com. C’est sans doute cela qui a attiré l’attention et les tensions, d’autant que de plus en plus d’artistes et de maisons de diques commencent à insérer eux-mêmes leurs propres cours de guitare dans des bonus censés aider à la vente des albums. C’est par exemple le cas sur le DVD « Le Tour de – M –« , avec un cours de Mathieu Chedid.

Pour Taub et son associé, pas question de lutter contre les maisons de disques. « Nous voulons aider les gens à apprendre à jouer de la guitare, nous ne voulons pas nous assoir dans un tribunal« , dit-il simplement, en s’estimant déjà heureux de pouvoir vivre de son métier. David Taub a déjà commencé à faire de nouveaux cours en utilisant des riffs proches de certaines chansons mais sans les nommer.

Mais est-ce vraiment la direction que doit prendre la transmission de l’éducation musicale, sous la pression du droit d’auteur ? Il nous semblait que le droit d’auteur devait servir l’art, et non l’asservir.

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