Après avoir négocié durement quelques accords de rémunération avec de grands studios et ayant droits, YouTube commence à payer les créateurs indépendants qui y diffusent leurs vidéos. Le programme de partage des revenus publicitaires est néamoins réservé à une toute petite partie des créateurs les plus populaires de YouTube...

Ils l’avaient annoncé en janvier dernier, c’est maintenant fait. Les utilisateurs de YouTube qui uploadent des vidéos de leur création vont enfin pouvoir gagner autre chose que des statuettes. Tout du moins, pour une infime partie d’entre eux. La filiale de Google a en effet annoncé qu’elle allait commencer à faire entrer les créateurs indépendants dans leur programme de partage de revenus, jusque là destiné à ses partenaires commerciaux comme Warner Music, Universal, la NBA ou la BCC.

Il s’agira seulement au mieux d’une quarantaine de créateurs, les plus populaires sur YouTube : LisaNova, renetto, HappySlip, smosh, and valsartdiary, … « Parce qu’ils ont bâti et entretenu une audience importante et continue à travers la création de vidéos captivantes, leurs contenus sont devenus attractifs pour les publicitaires« , explique YouTube. Chaque créateur appelé à participer au programme pourra choisir les vidéos à côté desquelles seront présentées des publicités, qui ne seront donc pas incrustées au coeur des vidéos. Ils recevront alors une partie des revenus générés, dont la part et le montant attendu n’ont pas été dévoilés par Google.

En réservant ainsi le programme de partage de revenus aux créateurs qui ont fait leur preuve et qui ont su fédérer une communauté autour d’eux, YouTube répond à deux préoccupations. La première, exigée par les annonceurs, est de n’associer l’image de leur marque qu’à des vidéos de qualité reconnue. Il y a chez les annonceurs la crainte légitime de jeter leur campagne dans l’air sans savoir si elle sera présentée à côté d’une vidéo de happy slapping ou d’une mini-série de comédie. Pour YouTube, c’est aussi le moyen de pousser la qualité des vidéos soumises vers le haut, en agitant la carotte, et d’inciter les créateus à faire aussi un travail de promotion de leurs vidéos. Seuls les utilisateurs qui construisent un audimat autour d’eux avec des vidéos de qualité pourront prétendre à la rémunération.

Des concurrents comme Revver, Metacaffe ou LiveVideo ouvrent beaucoup plus largement les vannes de la rémunération, sans exigence préalable de qualité. Ils ont ainsi attiré des créateurs qui ont fait les heures de gloire de YouTube, comme Lonelygirl15, mais prennent par la même le risque d’avoir moins de crédibilité auprès des annonceurs. Il faudra voir, sur le long terme, quelle formule a le plus de succès.

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