L'information est passée quasiment inaperçue en France, mais commence à faire du bruit outre-Atlantique. Fin 2006, Google a acheté des parts du chinois Xunlei Network Technology. Entre autres services, Xunlei dispose de l'un des services de P2P les plus utilisés en Chine...

Google a bien l’intention de s’imposer sur le marché chinois où il ne possède encore que 16 % du marché des moteurs de recherche, contre 57 % pour le leader Baidu.com. Pour y arriver, il conclue différents accords, notamment avec China Mobile et avec Xunlei Network Technology. A la fin de l’année dernière, Google a ainsi finalisé un accord qui, selon des sources proches du dossier, permettent au géant américain de prendre 4 % de parts de Xunlei pour une somme de 5 millions de dollars (une goutte d’eau pour Google qui a investi 1,65 milliards pour acheter YouTube).

Xunlei.com fournit différents services sur Internet, mais tire surtout sa force du téléchargement de fichiers de toute nature : vidéo, musique, logiciels… Le tout à travers un outil de téléchargement maison baptisé Thunderbolt. L’application est comparée à un GetRight ou FlashGet, car elle permet de télécharger plus rapidement un fichier à partir de sources multiples et de reprendre un téléchargement interrompu. Mais selon Slyck Thunderbolt est en fait un outil de P2P dont l’architecture est très similaire à un BitTorrent. Les fichiers téléchargés sont immédiatement mis en partage avec les autres utilisateurs, pour faciliter leur distribution rapide et à moindre frais. Le logiciel intègre en plus une messagerie instantannée, un service de streaming vidéo à la YouTube, un système de notation des contenus et des fonctionnalités de lecteur multimédia, qui en font un outil tout en un pour l’internaute chinois.

Xunlei revendique 100 millions d’utilisateurs de Thunderbolt. L’accord a permis notamment à Google de devenir le moteur de recherche officiel sur le portail, et d’avoir sa Google Toolbar proposée lors de l’installation du logiciel.

Cependant, Thunderbolt semble faire polémique en Chine en exploitant sans autorisation les miroirs fournis par d’autres sites via des serveurs HTTP ou FTP. « Récemment, les sites de téléchargement qui hébergent en fait les fichiers ont proposé des mesures à l’encontre de Xunlei. Une solution particulièrement simple est de recompresser un fichier, ce qui amène à un changement de hash sur le fichier (la signature numérique unique, ndlr) », explique ainsi un chercheur de l’Université Qinghua.

Lorsqu’il communique une source d’utilisateurs auprès de qui télécharger le fichier demandé (à la manière d’un tracker BitTorrent), Thunderbolt communique également la liste des adresses HTTP ou FTP où le fichier est disponible. Or les sites qui hébergent ces fichiers en payant la bande passante ne reçoivent pas de contre-partie financière, telle qu’un clic sur une publicité ou une visite sur la page de téléchargement.

Une nouvelle source d’ennuis judiciaires pour Google ?

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