Alors que le baladeur MP3 de Microsoft s'apprête à rentrer dans les rayons des grandes surfaces américaines, les journaux publient leurs premières impressions sur le Zune. Dans le New York Times, David Pogue se montre pour le moins dubitatif... voire très critique.

Tous semblent d’accord sur un bon point. Pour une première, le baladeur de Microsoft est une réussite technique. Le Zune semble agréable à l’utilisation, avec notamment des menus très bien pensés aux animations simples et discrètes. Il revête à peu près les mêmes caractéristiques que l’iPod de 30 Go, avec un écran plus grand qui justifie un poids et une taille plus importants. « Il n’approche pas le look ou la fraîcheur de l’iPod, mais il est certainement plus pratique« , note David Pogue dans le New York Times. « A mes oreilles, il sonne aussi bien que l’iPod, remarque Walter Mossberg pour le Wall Street Journal. Mais tous les deux sont d’accords sur le reste : le Zune est beaucoup trop restrictif.

Le baladeur offre une fonction Wi-Fi de partage de fichiers de Zune à Zune. Mais l’obsession pour les DRM vient tuer la nouveauté dans l’oeuf. « Le système de protection est aussi stricte qu’une institutrice du 19 ème siècle« , juge David Pogue. Comme nous le notions mi-septembre, une chanson envoyée à un autre Zune est automatiquement prise en charge par un DRM qui empêche plus de trois lectures et au delà de trois jours. Il est impossible de renvoyer une même chanson à un même baladeur, et la personne qui reçoit la chanson ne peut pas la partager à son tour avec un tiers. Le partage des photos est libre, mais le partage des vidéos est tout simplement bloqué. Tout cela nous fait croire que le Zune est incompatible avec les licences Creative Commons qui interdisent explicitement les DRM.

Au bout de 3 jours ou de 3 lectures, « on vous laisse avec uniquement un bout de texte qui s’affiche sur votre PC pour que – comme c’est pratique ! – vous puissiez acheter la chanson sur la boutique de Microsoft« , ajoute Pogue. « Microsoft dit que le partage sans fil est une nouvelle façon de découvrir de la musique. Mais vous ne pouvez pas ignorer la sensation que tout cela n’est qu’une grosse publicité pour la boutique de musique de Microsoft« .

Microsoft incompatible avec Microsoft

L’éditorialiste n’hésite pas à dire que ces restrictions sont « cinglées » lorsqu’elles s’appliquent même à ses propres chansons. Ca vous fait passer pour un idiot, achève le New York Times en pensant au groupe de rock amateur qui ira dehors faire connaître ses chansons sur tous les Zune du quartier et qui se retrouvera au bout de 3 jours avec que des gens qui ne pourront pas partager les chansons à leur tour, qui ne pourront plus les écouter, et qui ne pourront évidemment pas les trouver sur le Zune Marketplace.

Le journal critique également fortement le choix qu’a fait Microsoft de ne même pas rendre le Zune compatible avec sa propre norme PlaysForSure qu’il a voulu imposer chez les constructeurs de baladeurs et auprès des plate-formes de musique en ligne. « La récompense à ceux qui ont cru dans la version originale ? Un gros ‘Dommage, blanc-bec !‘ » s’énerve David Pogue, à raison. Ironiquement, il n’est même pas possible d’utiliser Windows Media Player pour charger le Zune avec des chansons et des vidéos. Il faut utiliser un logiciel Windows « similaire mais moins puissant« .

Le New York Times est l’un des journaux les plus lus aux Etats-Unis, derrière… le Wall Street Journal. « Ce premier Zune a trop de compromis et de fonctionnalités manquantes pour être un aussi bon choix que l’iPod pour la plupart des utilisateurs« , écrit ce dernier.

Face aux critiques désastreuses de la presse, méritées par l’usage abusif de DRM, Microsoft ne peut plus compter que sur une grande campagne marketing pour imposer son baladeur. Il sera distribué dans 30.000 magasins, soit trois plus que l’iPod, et Microsoft a déjà prévu de mitrailler les émissions TV les plus populaires de spots de publicité.

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